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2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 14:40


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5 février 1993

 

Première  du  film  «Cap  Tourmente» 
 


1993-CT-hCe long-métrage de fiction en couleur est réalisé par Michel Langlois et produit par Bernadette Payeur et Doris Girard. Parmi les interprètes, on retrouve Andrée LachapelleÉlise Guilbault et Roy Dupuis.


Là où le fleuve est large comme la mer, une demeure familiale est devenue auberge. C'est le fief des O'Neil: la mère, Jeanne, et ses deux enfants, Alex et Alfa. Le soudain retour de Jean-Louis, l'ami venu d'ailleurs, aura sur chacun l'effet d'un révélateur.
 

Dans ce premier long métrage, Michel Langlois donne une large place aux chansons et aux secrets qui unissent et déchirent une aubergiste en faillite, sa fille, son fils et leur ami.
 

Au cours de l'année 1993, Cap Tourmente récoltera 110.000 $ au terme de six semaines passées en salle.
 


Source:
 

 



 

«Cap Tourmente est un film plein d'aspéritiés, d'angles, de recoins où se perdre, glisser, puis ressortir; plein également d'une lancinante poésie que traversent des flux de douleur sourde auxquels se heurtent les personnages pour mieux, ultimement, s'en affranchir. Bourrasques de sentiments tiraillés entre une inhibition et leur exhibition immodérée, Cap Tourmente est tragique en ce qu'il montre l'impossible rapprochement d'êtres qui se cherchent, se désirent les uns les autres, mais non moins vivifiant par l'impétueuse énergie qu'il libère. Cette énergie est aussi celle que le réalisateur, Michel Langlois, a su puiser chez ses comédiens (et qu'en retour, ils ont su puiser en eux); une solide équipe d'acteurs dont la qualité de présence à l'écran trahit, séquence après séquence, un souverain accord. Ici, les comédiens ne jouent pas chacun pour eux, repliés sur eux-mêmes et (sur) leur propre performance comme ce que l'on voit trop souvent, mais ensemble, jusqu'à former un tout, un noyau immorcelable, toutes forces tendues vers le même point, le même film.
 

Premier long métrage pour le cinéma de celui qui nous avait donné en 1988 le magnifique Sortie 234Cap Tourmente est une réalisation intransigeante, courageuse comme on en voit peu au Québec depuis dix ans, qui crie à s'en déchirer les flancs, une passion inassouvissable où l'amour se confond avec la haine, l'attirance avec le refus, la vie avec la mort. Un film qui ne peut laisser personne indifférent...»
 


Source:
M.-GL (revue inconnue)

 
 

 


5 février 1993
 

Les  Rendez-vous  du  Cinéma  québécois
Cap  Tourmente


Par Alain Charbonneau
 


1993-CT-gLa vie n'est décidément pas taillée sur mesure. On dirait même qu'avec ses passions dévorantes, ses gestes inutiles et ses désirs à haut voltage, elle est comme un vêtement trop ample, un prêt-à-porter fait exprès pour n'aller à personne. Soit qu'on le porte en dépit du ridicule, comme dans les films d'Arcand. Soit qu'on le déchire en dépit des cris et des chuchotements, comme dans un film de Doyon. Ou comme dans le premier long métrage de Michel Langlois, Cap Tourmente, qui ouvrait hier la 11e édition des Rendez-vous du Cinéma québécois et qui sort en salle aujourd'hui même.
 

Cap Tourmente est une tragédie pas très classique, que le scénariste préféré de Léa Pool a amputée de son tragique, une tragédie où la mort se dérobe sans déserter et la vie persiste sans signer. Une tragédie, c'est-à-dire tout d'abord une unité de lieu.


L'espace d'un film, Langlois prend congé du cadre urbain, où le cinéma québécois aime camper ses intrigues depuis dix ans, pour nous transporter dans le beau pays de Charlevoix, en bordure du fleuve, sur les rives heurtées de Saint-Joseph-de-la-Rive, où s'élève la demeure de la famille O'Neil, convertie en une auberge qui affiche vacant dix mois sur douze. C'est dans cet implacable piège à fiction que vit, tant bien que mal, une famille tissée serré: la mère, une veuve la quarantaine bien entamée, la fille, une serveuse automate aux rêves brisés, et le fils, un homme-enfant qui part souvent et qui revient toujours, incapable de couper le cordon qui le lie aux deux femmes de sa vie, sa mère et sa soeur.
 

Un  drame  sans  entonnoir
 

Dans ce noeud de vipères où l'amour a dangereusement fermenté, va venir se glisser un corps à demi étranger, l'ami Jean-Louis qui revient après une absence de neuf années et qui voue à la famille une amitié à la fois ambiguë et indéfectible. La présence de ce survenant familier fera l'effet d'un catalyseur de sentiments trop longtemps refoulés, même si son rôle, dans le déchirement à venir, restera, du début à la fin, passif.
 

Rien n'est innocent dans ce film qui, tout en sonnant du timbre aigu de l'autobiographie, puise dans l'univers de Cocteau et de Pasolini, conjuguant la dynamique perverse des Enfants terribles au théorème implacable de L'ange exterminateur. Rien, ni la tignasse teinte blond de Roy Dupuis, qui rime avec celle de sa mère interprétée par Andrée Lachapelle, ni les dialogues qui sont lourds de ce qu'ils disent au moins autant que de ce qu'ils ne disent pas, ni les allers-retours incessants entre les extérieurs et les intérieurs où s'orchestre le quatuor déchiré et déchirant de ces êtres en quête d'eux-mêmes.
 

Rien n'est innocent, et pourtant Cap Tourmente n'a pas la rigueur interne d'un huis clos à ciel ouvert. C'est ce qui en fait tout l'intérêt, toute la fragilité, mais aussi toute la faiblesse. Langlois, qui navigue ici en terrain connu (rappelez-vous Comme un voleur et attendez de voir son prochain téléfilm), noue sous nos yeux un drame sans entonnoir, où le temps (plusieurs semaines) joue contre l'action au lieu de la resserrer - la fameuse unité de temps classique. Si bien que la tension souterraine, qui gronde dès les premières scènes, fatigue ses ressorts au lieu de les forcer à se rompre. L'enfoui émerge, mais il n'éclate jamais.
 

Restent une photographie limpide, et une forte direction d'acteurs, dont les interprétations sont, chose rare, d'une qualité partout égale. Sicotte marche sur des oeufs avec les pas prudents d'une ballerine, Guilbault est solaire, Lachapelle troublante, et même Dupuis, qu'on voit un peu trop à l'écran ces derniers temps, tire son épingle d'un jeu casse-gueule, qui aurait pu prêter à tous les ridicules.


Et une mini-découverte: Macha Limonchik, dans un rôle de soutien qu'elle interprète avec un naturel qui ne passera sans doute pas inaperçu.
 


Source:
Archives Le Devoir www.ledevoir.com
 



 

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Published by TeamRDE - dans Films 1991-1995 Cap Tourmente