Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /Nov /2009 19:18


Dans
«Les Muses orphelines» de Michel Marc Bouchard dont la mise en scène est signée André Brassard, Roy Dupuis sera Luc.


La pièce fut présentée pour la première fois le 7 septembre 1988. Elle fut jouée au Théâtre d'Aujourd'hui (Montréal) et au Centre National des Arts (Ottawa).




Dans le petit village de Saint-Ludger de Milot, au Lac-Saint-Jean, en 1965, trois sœurs et leur frère, se retrouvent pour la première fois depuis des années. Le prétexte des retrouvailles: le retour improbable de leur mère, qui les a abandonnés vingt ans plus tôt en quittant mari et enfants pour s'enfuir avec un bel Espagnol. À l'époque, l'histoire de la famille avait été «réécrite» dans le but de protéger la plus jeune des filles, Isabelle. C'est elle, considérée comme l'attardée de la famille, qui va les bousculer tous, les remettre en question, les obliger à reprendre contact avec la réalité.
 


Interprétation:

Isabelle: Dominique Quesnel

Catherine: Anne Caron

Luc: Roy Dupuis

Martine: Louise Saint-Pierre



Assistance à la mise en scène/Régie
: Roxanne Henry

Scénographie et costumes: Mérédith Caron

Éclairages: Yvon Baril

Conception sonore: Patrice St-Pierre

Supervision musicale: Pierre Moreau

Maquillages: Marielle Lavoie

Coiffures: Réjean Goderre

Accessoires: Louise Campeau



1988-09-Muses-orphelines-af.jpg
Source:
Site officiel de Michel Marc Bouchard



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Par Michèle - Publié dans : Roy au théâtre
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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /Nov /2009 17:44


Le texte du
«Chien», première oeuvre littéraire écrite en solo par le romancier et dramaturge franco-ontarien Jean Marc Dalpé [1987 - Éditions Prise de parole], a été présenté en lecture publique par le CEAD (Centre des Auteurs dramatiques) en collaboration avec le Théâtre international de Langue française à Québec et à Montréal les 3 et 6 septembre 1987.


La pièce en un acte, une coproduction du TNO (
Théâtre du Nouvel-Ontario, alors dirigé par Brigitte Haentjens) et du Théâtre français du Centre national des Arts (Ottawa), fut jouée pour la première fois à Sudbury (Ontario) le 24 février 1988.


Elle récolta un immense succès partout où elle fut présentée: dans plusieurs villes canadiennes, mais également (traduite du québécois en français par Eugène Durif en 1993) à Limoges, en France.


Traduite en anglais par Maureen LaBonté et J. M. Dalpé,
«Le Chien» fut aussi présenté à Toronto, en mai 1988, en lecture publique lors de Interact 88, par le Factory Theatre en collaboration avec le CEAD.


Le succès de la pièce sera consacré par l'attribution à
Jean Marc Dalpé du prestigieux Prix du Gouverneur général en 1988 et du Prix du Nouvel-Ontario en 1989.


Roy Dupuis
interpréta le rôle de Jay, tant à Montréal, en mars 1988, à la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier (ex Nouvelle Compagnie théâtrale), qu'au Théâtre Factory de Toronto en novembre 1988.




1988-LeChien


LE  CHIEN


Un soir de juillet, quelque part dans le bois, dans le Nord de l'Ontario. Une maison mobile et un ciel d'aurores boréales. Après sept années à courir les routes, à flamber sa jeunesse, Jay, 25 ans, le fils errant, revient chez lui. Il retrouve ses racines: le grand-père à peine décédé, un père alcoolique et violent avec qui, pour l'amour de sa mère et de sa soeur adoptive, il tente en vain de se réconcilier. Il voudrait forcer son père à lui parler, à l’aimer... Mais seul au milieu d’une famille qui ne le supporte plus, le père ressemble de plus en plus à un chien enragé, semblable à celui de la maison, enchaîné parce que devenu féroce...  

La réconciliation tant espérée par Jay n'aura jamais lieu. Quand son père déclare avoir violé sa fille adoptive, il lui tire dessus, tout comme il abat le chien fou qui s'en prend à la lune.
Dans ce crime, il y a un immense désespoir: Jay a commis l'irréparable pas tant pour venger sa soeur que pour tuer le symbole de son propre déséquilibre. Un meutre qui ne lui apportera aucun soulagement; Jay ne peut annihiler l'héritage qu'il porte en lui. Il ne peut qu'accomplir sa destinée en réagissant à la violence par la violence. 


"Un texte sauvage comme un blues à cinq voix. La violence et la blessure des personnages. L'amour, la haine et l'impuissance livrés à l'état brut, tranchants comme des couteaux."

 
 
 
Photo:




Interprétation première distribution:

Jay: Roy Dupuis
Le père: Roger Blay
La soeur: Hélène Paulin
La mère: Marthe Turgeon
Le grand-père: Lionel Villeneuve


Marthe Turgeon



Interprétation deuxième distribution:

Jay: Roy Dupuis
Le père: Roger Blay
La soeur: Isabelle Vincent
La mère: Marthe Turgeon
Le grand-père: Pierre Colin







CALENDRIER  COMPLET

Représentations à Sudbury

24 au 27 février 1988 
21 octobre 1989

TOURNÉES
 
Saison 1987-1988

Automne 1987: Lecture au Québec 
Mars 1988: Québec
Avril 1988: Ontario 

Saison 1988-1989

Printemps 1989: Festival du Théâtre des Amériques, Montréal
3 au 6 octobre 1989: Festival des Francophonies, Limoges
Sommet de la Francophonie, Québec
Octobre 1989: tournée de 5 semaines en Europe 

Nombre de représentations: 49


Source:


 





«LE  CHIEN»  20  ANS  PLUS  TARD...



29 août 2007
 

«
Le  Chien»  revisité  20  ans  plus  tard
En  ouverture  du  Festival  Zones  Théâtrales
 

En 1988, un jeune homme de 18 ans assistait au
Sudbury Grand Theater à la représentation d'une pièce qui allait le bouleverser et lui donner le goût de se diriger vers le théâtre.


Pr
ès de 20 ans plus tard, ce même homme, 
Joël Beddows
, réalise un peu un rêve en signant la mise en scène de cette œuvre magistrale qu'est «Le Chien» de Jean-Marc Dalpé et qui ouvrira le Festival Zones Théâtrales, le 6 septembre prochain.
 

«
Le Chien,
c'est l'histoire du retour de Jay, qui revient chez lui, dans un village du Nord de l'Ontario, avec l'objectif de se réconcilier avec son père, raconte M. Beddows. Mais c'est un objectif un peu utopique, puisque son père est un bourreau, il a fait fuir sa mère et sa sœur. Pourtant, Jay refuse de démordre de cette idée de réconciliation. On assiste alors à ce qu'on pourrait appeler un huit clos éclaté.»
 

Le
Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO) a voulu souligner les 20 ans de la création de cette pièce que plusieurs considèrent comme un tournant important de la dramaturgie franco-ontarienne en en montant une nouvelle production. La directrice artistique du TNO, Geneviève Pineault, a confié la mise en scène de cette nouvelle version du
 «Chien» à Joël Beddows.


Et pour cette nouvelle production,
Joël Beddows s'est entouré d'une équipe de comédiens de haut calibre. Le rôle de Jay, qui avait été tenu en 1988 par Roy Dupuis, revient à Marc Bélanger, qu'on a pu voir dans la télésérie FranCoeur. Le père est joué par Sylvain Massé, la mère par Annick Léger. Aubert Pallascio et Manon St-Jules complètent la distribution.
 

 
Source (lire l'article complet sur):
http://www.expressottawa.ca/article-133984-Le-Chien-revisite-20-ans-plus-tard.html








30 août 2007

«Le  Chien»
 

La pièce-phare de la francophonie ontarienne «Le Chien», de Jean Marc Dalpé, ouvre avec véhémence la deuxième édition du Festival Zones Théâtrales.


La figure montante du théâtre franco-ontarien, le metteur en scène
Joël Beddows, n'avait que 18 ans lorsqu'il vécut un réel «choc esthétique» devant la création du «Chien» en 1987 au Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO) de Sudbury, dans une mise en scène de Brigitte Haentjens et mettant en vedette un certain Roy Dupuis.


L'année suivante, cette première pièce solo de Jean Marc Dalpé gagnait le
Prix littéraire du Gouverneur général et était reconnue de toutes parts comme un point tournant pour le théâtre franco-ontarien. «On a vu à travers «Le Chien» la double naissance d'un dramaturge autonome et d'une metteure en scène avec une griffe forte», concède Joël Beddows, qui se voit confier par le TNO, 20 ans plus tard, la relecture de cette «tragédie familiale» qui n'a pas vieilli d'un poil.
 

«
Le  Chien»:  un  drame  sur  la  pauvreté  d'une  région  rurale  en  déclin
 

Nord de l'Ontario. Jay (Marc Bélanger) retourne sur la terre familiale après sept folles années d'errance. Accueilli par les aboiements d'un chien fou qui rage, il y confronte ce père hostile (Sylvain Massé) dont le mal de vivre a contaminé la vie de sa mère (Annick Léger), de sa soeur (Manon St-Jules), en plus de la sienne. Il veut en finir.


Se déroulant en une soirée, la pièce est entrecoupée de souvenirs du passé, des rappels de la veille, ainsi que d'échanges avec le fantôme du grand-père (Aubert Pallascio).
 

Source (lire l'article complet sur):



*

La comédienne MARTHE TURGEON est décédée le 29 août 2011 à l'âge de 66 ans.


*


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Par Michèle - Publié dans : Roy au théâtre
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Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /Nov /2009 14:43


Dans la très célèbre pièce
«Roméo et Juliette» de William Shakespeare, traduite par Jean-Louis Roux (fondateur du Théâtre du Nouveau Monde) et mise en scène par Guillermo de Andrea, le beau Roy Dupuis ne pouvait bien sûr qu'être Roméo..., tandis que sa Juliette était interprétée par Geneviève Rioux.

Sa performance fut telle qu'elle remporta d'ailleurs le
Prix Gascon-Roux 1989 (décerné par le TNM) de la Meilleure interprétation féminine.

La première représentation eut lieu le 11 avril 1989 à Montréal, au Théâtre du Nouveau Monde.

Avec aussi Antoine Durand (Mercutio) et Rémy Girard (le frère Laurent).



2004-03-RG.jpg
RÉMY GIRARD
 


ROMÉO  ET  JULIETTE



L’histoire se situe à Vérone. À la suite d’un violent affrontement entre deux familles ennemies, les Montaigu et les Capulet, le prince Escalus décrète la peine de mort pour quiconque troublera désormais la paix dans les rues de sa ville. Cependant, entraîné par des membres de sa famille qui ont le cœur à la fête, l’héritier des Montaigu, Roméo, se présente masqué à un bal chez les Capulet. Il tombe, bien malgré lui, instantanément amoureux de Juliette, la fille de son hôte. De son côté Juliette répond à la passion de Roméo, si bien qu’ils s’unissent secrètement en mariage. Leur amour contrarié ne trouvera d’issue que dans la mort.

Devant le spectacle de leurs enfants, victimes innocentes de leurs querelles, les chefs des deux familles rivales se réconcilient.


 
1989-05-Roy-GRiouxRoy Dupuis, Guillermo de Andrea et Geneviève Rioux




11 mai 1989

Roméo  et  Juliette  soupent  à  l'italienne


C'est au Piémontais que la ­troupe du TNM est allée célébrer, fort tard dans la nuit, le ­succès de sa dernière production de la saison, «Roméo et Juliette». Maître d'oeuvre de ce triomphe, le metteur en scène Guillermo de Andrea savourait tran­quillement sa joie, heureux malgré tout de quitter le Trident pour réaliser un vieux rêve: en­treprendre un stage à l'ONF afin de tâter du cinéma.


Olivier Reichenbach, entouré de Sophie Clément et de leurs ravissants enfants, Zoé et Emmanuel, à qui Rémy Girard recommandait le prosciutto, était aux anges: «Nous ­ferons 20 000 entrées!»


Plus vert que jamais à l'aube de fêter ­ses soixante-six ans, Jean-Louis ­Roux montrait à Michel Beaulieu sa traduction de «Hamlet» qu'il prépare pour la prochaine saison. «Il y a tellement de rôles, expliquait-il, que les noms ont été remplacés par des numéros, pour l'instant!»


À la table voisine, Geneviève Rioux et Roy Dupuis rayonnaient de bonheur. «Habituellement, m'a fait re­marquer le comédien, le plaisir s'émousse après dix représen­tations. Mais dans la peau de Roméo, chaque soir je me sens ému.»
 

Le souper s'est terminé sur un numéro du boute-en-train Paul Savoie qui s'amusait à jouer les garçons de table, s'enquérant, serviette pliée sur le bras: «Monsieur est satisfait?» 


Source:
Article Magazine PARIS MATCH QUÉBEC 



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Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /Nov /2009 19:18


La pièce
«Un Oiseau vivant dans la gueule», écrite en 1987 par la Québécoise Jeanne-Mance Delisle, fut mise en scène par Brigitte Haentjes pour prendre l'affiche le 21 janvier 1990 au Théatre de Quat'Sous de Montréal.


Présentée au
Festival de théâtre des Amériques de Montréal en avril 1987 (ce qui lui valut le Prix du Gouverneur général du Canada), la pièce fut par la suite traduite en anglais par Yves Saint-Pierre sous le titre «A Live Bird in Its Jaws» [Nuage Éditions - 1992] et jouée non seulement à Toronto en 1991 mais aussi en Écosse.
 



UN  OISEAU  VIVANT  DANS  LA  GUEULE



Violente et troublante, elle tourne autour de trois personnages:
Xavier (Luc Picard), l'amant d'Hélène (Paule Baillargeon), qui est également épris d'Adrien (Roy Dupuis), son frère jumeau. L'éternel triangle amoureux... 

Réunis dans une maison isolée en Abitibi, Hélène, accompagnée de Xavier, est venue terminer l’écriture d’une pièce de théâtre. Adrien rejoint son frère pour aller à la chasse. À mesure que la pièce progresse, Adrien sert de détonateur, attirant sexuellement à la fois Hélène et Xavier. La femme et les deux hommes mettent à nu une relation amoureuse ardente et dévastatrice...

Le conflit se dissout dans le sang avec la mort des deux frères qui s’entre-tuent devant leur maîtresse.
 




 
«Et la performance la plus étonnante est à mon avis celle de Roy Dupuis qui tient là un rôle révélant enfin sa pleine mesure. Le torse bombé, la voix tendue comme un arc, le regard ensorcelé, il apporte au personnage amoral d’Adrien juste ce qu’il faut de beauté maléfique.» 

(Gilles Lamontagne, journaliste de La Presse


Source: 
Extrait du livre «Dans les peaux de Roy Dupuis»
Par Danièle St-Denis [Éditions Stanké, octobre 2004] 




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Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /Nov /2009 21:03

27 avril 1993
 
Théâtre - Le  vent  souffle  du  côté  de  la  NCT
 
Par Robert Lévesque
 

À certains moments, pour des raisons qui doivent un peu au hasard et beaucoup au travail, un théâtre parmi les autres ressort de l'ensemble et semble avoir un bon vent dans les voiles. Aujourd'hui ce vent souffle du côté de la
Nouvelle Compagnie Théâtrale.
 

Brigitte Haentjens
, qui a pris la succession de Guy Nadon à la direction artistique, a réussi en une saison le difficile sauvetage de cette compagnie où tout allait à vau-l'eau après les trois échecs artistiques de la saison Nadon, suivis de la démission fracassante du comédien qui n'a passé qu'un an et demi à la barre de ce théâtre...
 

... La saison prochaine pourrait être aussi solide. Haentjens mijote une seconde équation universel-actuel en mettant à l'affiche à la fois Shakespeare et deux contemporains, Bernard-Marie Koltès (mort en 1989) et Sam Shepard...
 

..
. Après le Koltès, Haentjens met en scène la meilleure pièce de Sam Shepard, «True West».


Haentjens a l'art de créer l'événement et de composer ses affiches: pour ce Shepard elle a réussi à mettre sous contrat le comédien
Roy Dupuis, la star du cinéma québécois qui est aussi et d'abord, ne l'oublions pas, un comédien de théâtre qui a souvent travaillé avec Haentjens (pour «Le Chien» de Dalpé, «Un Oiseau vivant dans la gueule» de Delisle).


Dupuis
fera duo avec le comédien Norman Helms dans cette pièce sur deux frères dont l'un est scénariste et l'autre cambrioleur...
 
Source:
Archives Le Devoir - www.ledevoir.com







14 janvier 1994 
 
Roy  Dupuis  chez  Sam  Shepard
 
Par Robert Lévesque
 

Avec Scoop III et «True West», la rentrée télévision et la rentrée théâtre - deux mondes - se chevauchent chez Roy Dupuis, le comédien le plus connu du grand public parmi ceux qui sont sortis de l'École nationale de Théâtre dans les années 80.


U
n comédien particulier, qui a ses preuves à faire, alors qu'il est déjà piégé dans la machine médiatique simpliste et agressive qui veut faire de lui un Brando (sans son Kazan...), un sexe symbole, ou rien de moins qu'un acteur-culte!
 

L'entreprise médiatique et commerciale grotesque échappe heureusement au monde plus honnête du théâtre où, là,
Roy Dupuis, à 30 ans, est un comédien comme un autre, la Nouvelle Compagnie Théâtrale lui ayant proposé de jouer le rôle de Lee dans «True West» de Sam Shepard sans mettre en branle une opération particulière, sans soudoyer les rédactions (on me proposait une entrevue avec le comédien Norman Helms qui joue le rôle d'Austin à ses côtés!), sa gueule de star éberluée n'est pas sur l'affiche, et dans les Cahiers de la NCT aucun article n'est consacré à la «star».
 

Roy Dupuis
a peu joué au théâtre: un spectacle en plein air avec des copains de l'École nationale, une tournée d'Harold et Maude avec Viola Léger, un Roméo au TNM avec une certaine balourdise, un rôle secondaire dans un Sam Shepard au Quat'Sous (Fool for Love), puis, sous la direction de Brigitte Haentjens qui le dirige maintenant dans «True West», il a connu ses deux meilleures performances à la scène avec Le Chien de Jean-Marc Dalpé à Fred-Barry et Un Oiseau vivant dans la gueule de Jeanne-Mance Delisle au Quat'Sous.
 

C'est au théâtre plus qu'à l'écran, et en particulier sous la direction de Haentjens, que l'on a vu
Roy Dupuis doté d'une certaine «présence», d'un talent de comédien. C'est là, plus que dans ses films (Being at home with Claude et Cap Tourmente) où il joue gros et faux avec une diction molle et une présence floue, que Roy Dupuis pourra peut-être trouver sa forme, une nature, un état, et il y a fort à parier qu'il saura défendre ce personnage de Shepard, Lee, un bum qui débarque chez son frère universitaire et rangé planchant sur un projet de scénario, dans une pièce qui renouvelle l'universel combat des frères ennemis.
 

S
am Shepard est avec David Mamet l'un des deux plus intéressants dramaturges américains actuels (ils sont les successeurs des Albee, Williams, Miller, et de l'ancêtre O'neill). Il a écrit «True West» au début des années 80. John Malkovitch a défendu le rôle de Lee à Chicago. À New York, ce fut Dennis Quaid. À Paris, Richard Bohringer. À Montréal, Robert Toupin s'est cassé la gueule dans une production ratée, au Rialto il y a quelques années (sous le titre Une vraie vue).


À la NCT la semaine prochaine on assistera donc à sa véritable création au Québec...
 

... Avec une quarantaine de pièces, dont seules trois ont été produites à Montréal (
Fool for Love, A Lie of the Mind et «True West»), Sam Shepard, aussi acteur (The Right Stuff) et scénariste (le Paris,Texas de Wenders), beau et doué, a produit une oeuvre percutante qu'hélas les théâtres québécois n'ont pas vraiment fait retentir.
 
 Source:
Archives Le Devoirwww.ledevoir.com
 
 





 26 janvier 1994
 
Théâtre - Oui,  Roy  Dupuis  est  bon!  (mais  il  est  le  seul)

«True  West»  de  Sam  Shepard  n'est  pas  vraiment  là  sur  la  scène  de  la  NCT


P
ar Robert Lévesque


Eh bien oui, il est bon,
Roy Dupuis. Le problème, c'est que dans «True West», il est le seul à l'être; le seul à avoir une présence en scène, et même une certaine grâce dans le geste, dans la dégaine, qui fait oublier, lorsque c'est à lui, la pesanteur et les errements incroyables d'une mise en scène superficielle qui dessert la pièce de Shepard au point de la rendre insuffisante, apparemment simpliste.


Bri
gitte Haentjens sait bien mettre en confiance ce comédien naturel qu'est Roy Dupuis, et sous sa direction, voilà un comédien très exceptionnel, dont on saisit les intentions du personnage et dont on entend fort bien le texte (contrairement à ce qu'on dit...), mais dans cette production de la pièce de Shepard on dirait que le travail de Haentjens s'est limité à entraîner cet acteur, aux dépens de la compréhension de la pièce.


Dup
uis
entre en scène, avec un long riding-coat, sa gueule de poussière, sa bière fraîche, et dès sa première colère, son lancer de la canette, on croit au personnage, qui revient du désert. Dupuis est un vrai acteur. Mais il y a quelque chose qui ne fonctionne pas du tout dans cette mise en scène de «True West», et qui devient évident dès que l'affrontement entre les deux frères va se préciser.
 

Il s'agit, pour comprendre, et je vous l'explique, d'un affrontement sans merci entre deux frères, d'une négociation serrée et tragique. L'un, Lee, est un vagabond qui vit de vols, qui erre, qui traverse le désert du Mojave, et qui ce jour-là débarque dans la maison familiale (le père, alcoolique, est parti depuis longtemps, la mère est en voyage en Alaska) et tombe sur son frère, Austin, qui s'est installé dans le bungalow californien le temps d'écrire en paix un scénario de film, longuement négocié avec un producteur. 



Austin
est le gars qui a réussi, un gars qui fonctionne dans l'univers dépeint par Altman dans ses films sur Hollywood. Un gars qui l'a. Lee est le perdant. Le gars qui ne l'a pas. Et toute la pièce va devenir une sorte de transfiguration, une rencontre de miroirs, où Austin perdra l'assurance qu'il affichait, et Lee la détresse qu'il traînait. Lee propose des idées de film, il va intéresser le producteur qui vient voir Austin, un producteur qui va faire confiance à Lee.


Tout e
st là. Dès ce moment, Lee et Austin vont l'un l'autre se mettre en état de siège. Lee voudra être sûr que Austin va l'aider à écrire ses idées, ce dont il est incapable. Et Austin va vouloir contrôler Lee, ne pensant qu'à s'en défaire pour sauver le plus possible de son estime de soi, de sa figure de gagnant.


La
pièce se termine dans une apocalypse sans vainqueurs...
 

Source:
Archives Le Devoir www.ledevoir.com



1994-TrueWest-Ph-Royettes
Photo:



TRUE  WEST  en  bref


«True West»
est une pièce de l'américain Sam Shepard, traduite par Pierre Legris, et mise en scène par Brigitte Haentjes qui dirige ici Roy Dupuis pour la troisième fois.


La troupe se produisit à la NCT (
Nouvelle Compagnie Théatrale, salle Denise Pelletier) du 18 janvier au 17 février 1994.
 

Interprétation:

Lee: Roy Dupuis

Austin
: Norman Helms

Saul Kimmer
: Brian Dooley

La mère
: Janine Sutto




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