Semaine du 11 au 18 février 2012
La grande passion de Roy Dupuis
Deux mois en Inde
Par Yves Boudreau
En 2013, Roy Dupuis aura 50 ans. Il fait partie de notre décor culturel depuis plus de 25 ans, et avec ses allures de grand adolescent, il continue à jouer et à travailler. Depuis le 1er février, il a repris son rôle de Gérald Boivin dans Les Rescapés, mais il se passe bien d'autres choses dans la vie de Roy.
Pour Roy Dupuis, chaque année est remplie de beaux projets professionnels. Que ce soit à la télé ou au cinéma (un peu moins au théatre depuis quelques années), il parvient toujours à laisser sa marque. En 2012, il revient sur le plateau de la série Les Rescapés pour tourner la troisième et dernière année de cette histoire qu'il affectionne particulièrement: «Les Rescapés, dit-il, est une télésérie qui a été conçue pour trois saisons. C'est à la fin que tous les morceaux du casse-tête se placent. Comme tous les thrillers, toutes les réponses sont données à la fin. J'aime les affaires un petit peu compliquées. La deuxième année, on commence à mettre les choses en place. Là, même avec les deux premiers épisodes, on sait où on s'en va.»
Un peu de politique
Sans trop dévoiler l'intrigue, on peut dire qu'en voyageant dans le temps, le personnage de Roy Dupuis passe à travers différentes décennies du Québec. Au début de la deuxième saison, il se retrouve en 1980, le 20 mai, fameux jour du référendum pour la souveraineté. Roy, qui avait 17 ans à l'époque, a aimé tourner ces scènes qui lui ont rappelé une foule de souvenirs:
«J'étais trop jeune pour voter, mais j'étais là. Je n'avais pas le visage peinturé, mais j'étais là. J'avais les cheveux longs. Les jeunes avec qui je travaille dans la série n'ont pas connu cette époque, mais ils connaissent leur histoire. En tant qu'acteurs, ils ont sans doute fait aussi quelques recherches pour se placer dans l'époque. Je me souviens très bien de cette effervescence nationale. C'est évident que cette effervescence a pris un peu le bord depuis. Disons qu'elle s'est endormie. Je n'ai aucune idée si elle va revenir. Le référendum était là parce qu'il y avait quelqu'un. Il y en a eu à ce moment, avec Lévesque en tête, et quelques-uns après. Il y a eu Bourgault, puis il y a eu une montée. Et puis, il ne faut pas oublier Maurice Richard qui nous a aidés à prendre conscience de notre identité. Ce n'était pas voulu dans son cas. C'était involontaire, mais il a soudé tout un peuple. En regardant en arrière, je me rends compte que j'ai été impliqué dans l'histoire politique du Québec à travers mes différents rôles. C'est d'ailleurs pour ça que j'aime Les Rescapés. C'est une façon intelligente et divertissante d'explorer les changements importants qui sont survenus dans la société québécoise. De 1963 à 2010, ç'a brassé sans qu'on s'en rende vraiment compte. C'est pour ça que c'est intéressant de visiter différentes époques. On verra jusqu'où ça va nous mener.»
Sa passion pour l'lnde
Maintenant que Roy Dupuis a terminé de tourner Les Rescapés, il a décidé de poursuivre le voyage qu'il avait commencé l'an dernier en Inde: «C'est mon deuxième voyage là-bas. L'an passé, je suis parti cinq semaines. C'est assez pour commencer à comprendre un peu le pays. C'est ce qui m'a donné le goût d'y aller plus longtemps. L'an dernier, je suis revenu pour tourner mes films et mes séries, et là, je continue mon voyage. Je débarque à Bombay et après ça, on verra. Je voyage sans savoir où je vais aller. Surtout que là j'ai deux mois. Je peux m'installer, commencer à regarder les guides. Je pars seul. L'an passé, j'avais visité le Rajasthan. J'ai un ami qui a souvent voyagé en Inde et qui m'a dit de commencer par le Rajasthan, puis Delhi. Je voyage avec un sac à dos. La dernière fois que j'y suis allé, j'ai eu un chauffeur pendant une semaine. Je vais sûrement le revoir, mais il ne peut pas me prendre comme client parce que je ne vais pas dans son secteur. C'est le fun parce que les chauffeurs connaissent des endroits que tu ne verrais jamais sans eux.
Cette fois, en arrivant, la seule chose que je sais est le nom de mon hôtel. Après, je vais voir. Il faut faire confiance aux gens de la place. Je n'aime pas me préparer d'ici, avec des agences d'ici. Il y a de bonnes agences là-bas. Ce qui me fait du bien dans ce pays, c'est la liberté des gens. Ici, il faut surveiller chaque geste qu'on fait. C'est normal, on a des responsabilités à prendre, on se surveille les uns les autres. Ici, on ne peut pas uriner dans une ruelle, même la nuit, sans se faire remarquer et même dénoncer. Là-bas, ils ont cette liberté. C'est troublant, mais cette mentalité me fait du bien.»
Roy aurait pu continuer à nous parler de son voyage pendant des heures tellement il est passionné par ce pays. Lui qui a la réputation d'être un homme de peu de mots est intarissable quand il parle de voyage.
Deux films cette année
Roy Dupuis doit revenir au mois de mai pour reprendre le travail. Il pourra enfin commencer à jouer dans le projet de Yan Lanouette-Turgeon, Roche-papier-ciseaux. Ça fait plus de cinq ans que ce projet est en marche, mais comme cela arrive souvent, le financement a tardé à venir. Le premier tour de caméra se donnera en mai: «Le premier film de Yan Lanouette-Turgeon a enfin eu son financement. Ça fait longtemps que ce projet est en marche, mais comme on doit toujours attendre l'argent, on n'a pas le choix. Dès mon retour de l'Inde, je commence à tourner. J'espère que je n'aurai pas trop maigri. L'an dernier, j'étais revenu avec 15 livres en moins. Tu fonds là-bas. Je dois faire attention, même si je connais un peu le pays, pour ne pas en revenir malade. Mais ça devrait aller.»
Roche-papier-ciseaux mettra également en vedette Fanny Mallette et le rappeur autochtone Samian. Le film raconte l'histoire d'une amitié entre un jeune autochtone et un caïd dépressif. Autour de ces deux personnages gravitent un Italien qui veut venir en aide à sa femme et un médecin qui a perdu son droit de pratique et qui se fait harceler par un groupe de Chinois. On fera aussi la rencontre d'un mafieux. C'est un film où les différentes histoires viendront s'entrechoquer.
Pas de nouvelles de Coeur de pirate
En 2011, en plus de tourner Les Rescapés, Roy Dupuis a passé quelque temps en Suisse pour tourner dans un film de Séverine Cornamusaz, Cyanure. À ce sujet, le comédien avait raconté à Allô Vedettes: «J'ai été pressenti pour tenir le rôle principal dans Cyanure, un film de Séverine Cornamusaz. J'interprète le rôle d'un homme qui est en prison et qui a un fils qu'il n'a jamais vu. Ce fils de 12 ou 13 ans attend impatiemment la sortie de prison de son père pour vivre une vie familiale normale avec ses parents. Mais mon personnage, qui a promis à ce fils qu'il n'a jamais vu de ne plus jamais vivre sans lui, éprouvera des difficultés d'adaptation en dehors des murs de sa prison. C'est un film dur, mais très humain. Il est consideré davantage comme une tragicomédie qu'une tragédie.»
Depuis son retour de Suisse, il semble très content du résultat de son tournage: «Ç'a bien été, ce fut un beau tournage. Je sais qu'il reste quelques petites scènes à terminer, mais moi, mon travail est fait.»
Quant au film qu'il doit tourner avec Béatrice Martin, mieux connue sous le nom de Coeur de pirate, il n'a eu aucune nouvelle de la production. Il faut dire que le projet commence à peine, et que le financement est toujours difficile et long à obtenir: «Je ne sais pas ce qui va se passer avec ça. Moi, je n'ai pas vraiment de nouvelles. Le projet est peut-être encore vivant. Coeur de pirate semble dire que le projet est toujours là, mais je n'ai pas eu de nouvelles. Il faut dire que j'étais en Suisse pendant deux mois et demi. Quand la nouvelle est sortie, j'étais là-bas. Puis, il y a eu le temps des Fêtes. Donc, je n'en ai pas entendu parler, mais ça semble toujours être bien là.»
Ce film, dont le titre de travail est Ada, serait tourné en Afrique et raconterait l'histoire d'une femme de 18 ans qui part à la recherche de son père paléontologue. Les producteurs, en plus de chercher du financement, tentent de trouver des coproducteurs européens, français ou belges. Si les Français acceptent, il est possible que Gérard Depardieu fasse partie de la distribution.
Célibataire depuis peu
On ne pouvait pas quitter Roy sans lui parler de son nouveau statut de célibataire. On sait que Céline Bonnier et lui vivaient ensemble depuis plusieurs années et qu'ils ont décidé de se quitter. Évidemment, cette séparation a compromis le tour du monde que Roy et Céline prévoyaient faire en voilier. Pour l'instant, ce projet est vraiment sur la glace (ce qui n'empêche pas Roy de voyager). Quand on demande au comédien de nous commenter sa séparation, lui qui est si loquace quand il parle de voyage se ferme comme une huître. On sent un malaise, car il n'aime pas parler de sa vie privée: «Oui, je vis seul à la campagne. Je n'ai même pas de pied-à-terre à Montréal. Quant à ma séparation, ça va. Ça s'est bien passé. On continue à travailler ensemble. Ça va.» On n'en saura pas plus.
Une autre année chargée
Pour Roy, l'année 2012 ressemblera sensiblement aux années précédentes. Après ses tournages au cinéma, il reprendra son rôle dans la série Les Rescapés: «Je ne connais pas encore les dates officielles, mais je sais que nous allons tourner un peu plus longtemps parce que nous voulons faire des scènes d'hiver. Je devrais donc travailler une partie de l'automne et un petit bout de l'hiver.»
Évidemment, bien des choses peuvent se passer d'ici là. On sait que Roy est souvent demandé à l'extérieur du Québec. Les gens se souviennent encore de son rôle de Michael dans La Femme Nikita qui était présentée aux États-Unis et en Europe. Il ne manquera jamais de travail et il pourra poursuivre sa quête de voyage «pour voir comment ça se passe ailleurs», comme il dit.
Source:
Article Magazine Allô Vedettes
Pour une consultation facile et rapide, je vous invite à
naviguer soit par Catégories, soit par la page PLAN DU
SITE.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires















































Derniers Commentaires