1er juillet 2000
Défi-Vision 2000: une course spectaculaire
Par René-Pierre Beaudry
Une course bien particulière s’est déroulée le 16 juin dernier à L’Autodrome de Granby au profit de la Fondation Mira: au volant de 32 stock-cars, des non-voyants, dont plusieurs étaient secondés par des personnalités, devaient boucler 10 tours de piste!
Défi-Vision, qui en était à sa 13e tenue cette année, est une course de 32 stock-cars conduits par autant de pilotes non-voyants, chacun étant aidé par quelqu’un qui doit lui donner, ou plutôt lui crier, des directives. Le but est de boucler 10 tours de piste en évitant autant que possible les murs de bétons… et les 31 autres concurrents!
Cette année, le duo formé du pilote non-voyant Jean-Michel Bernier et du commentateur sportif de TVA Benoît Gagnon a été le meilleur des tandems impliquant des personnalités du monde artistique ou médiatique; il a terminé la course au troisième rang. La victoire, elle, est allée à l’équipe formée par Yves Tougas et Claude Picard.
Cette soirée spéciale a permis à Mira d’amasser 75.000$ - une belle réussite, puisque l’objectif visé était de 60.000$ -, lesquels permettront à des non-voyants de bénéficier gratuitement des services d’un chien guide.
L’événement, que d’aucuns décrivent sympathiquement comme «la course la plus lente du monde», a fait salle comble. Mentionnons qu’il a attiré une équipe de reportage venue d’Allemagne pour filmer les collisions parfois spectaculaires qui ont lieu durant cette épreuve.
Le comédien Roy Dupuis, une des vedettes de la télésérie Nikita, était de la partie: il en était à sa cinquième participation. Cette année, il était le copilote de Diane Bourgeois. Tous deux occupaient la 10e place au départ, mais ils ont terminés au 15e rang.
Roy Dupuis, qui est arrivé deux heures avant le début de la course, a attiré tous les regards. Il était coiffé d’un petit chapeau de paille. Il n’a pas manqué de sourire aux fans qui le photographiaient et il a accordé quantité d’autographes à ses admiratrices.
Affable, il a fortement encouragé les autres concurrents, qui tremblaient d’une nervosité fort compréhensible. Il faut dire que la plupart étaient des néophytes: 80% des 64 pilotes et copilotes en étaient à leur première course de stock-cars…
«Cela fait cinq ans que je participe à la course Défi-Vision, et j’adore ça, a confié le comédien. L’an dernier, j’avais l’impression que mon équipe était arrivée première mais, pour une raison que j’ignore, on l’a classée au 12e rang... Ce soir, notre voiture s’est fait emboutir à au moins deux reprises et nous, nous avons tassé une bagnole qui s’était mise en travers de notre route! Remporter la victoire importe peu dans ce genre d’événement. Ce qui compte, c’est que tout le monde s’amuse, tant les concurrents au volant des minounes que les spectateurs.»
En entendant les concurrents avouer avant la course leur grande agitation intérieure, Roy a souri. «C’est tout à fait normal d’être anxieux avant une épreuve de ce genre, a-t-il dit. Une telle nervosité ressemble beaucoup au trac qu’un comédien ressent avant de monter sur scène. Cependant, durant la course Défi-Vision, il n’y a pas de quoi s’inquiéter: compte tenu de la vitesse maximale à laquelle on peut rouler, les risques de blessure sont nuls. Il n’y a aucun danger. Ça cogne, ça, c’est certain, alors autant en profiter! On peut se permettre de faire des trucs qui sont interdits sur les routes!» (rires)
Chantal Francke est une autre habituée de Défi-Vision; elle en est elle aussi à sa cinquième participation. Cette année, elle était la copilote d’Illyas Aissiani. La comédienne n’a pas été déçue d’arriver 30e. Peu avant le signal du départ, elle nous a expliqué qu’elle était d’un calme olympien: «Je ne suis pas nerveuse, parce que je ne suis pas rock’n’roll durant la course. Quand le signal du départ est donné, j’attends que l’occasion de dépasser quelqu’un se présente. Je ne prends pas de risque inutile.»
Quant à Benoît Johnson, le président d’honneur de l’événement, il est parti 12e et s’est classé au 16e rang. Jean-René Dufort, lui, un des favoris de la foule, était 18e sur la grille de départ, mais il est arrivé 22e, tandis qu’Éric Salvail, qui était 15e au moment de démarrer, a fini l’épreuve en 26e position. Finalement, Josée Bournival, de TVA, est la seule concurrente à avoir conservé la même position au départ et à l’arrivée: elle a terminé bonne dernière, n’ayant pu faire qu’un demi-tour de piste avant de voir sa voiture s’écraser avec fracas contre un mur de briques!
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