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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 13:43


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2005/11 - Les vies internationales de «Manners of Dying»

 


Les  vies  internationales  de  «Manners  of  Dying»,
 avec  Roy  Dupuis
 

Manners of Dying, premier long métrage du cinéaste québécois Jeremy Allen, mettant en vedette Roy Dupuis, vient de récolter deux récompenses lors de la 11e édition du Festival Cinéma Tout Écran, qui se tenait à Genève, en Suisse, du 31 octobre au 6 novembre.


Le film, sélectionné en compétition internationale, a obtenu une Mention spéciale du Jury international ainsi que le Prix du Jury Jeunesse.




Tournée  des  festivals


Depuis sa sortie au Québec au printemps dernier, Manners of Dying (L'Exécution) a été présenté dans de nombreux festivals internationaux, notamment en Inde, en Chine, à Taiwan, en Australie et au Luxembourg. En janvier prochain, le film sera présenté au Festival international de Fajr, en Iran.



Source:
http://www.radio-canada.ca/arts-spectacles/cinema/2005/11/09/001-manners-prix.asp


 

 

4 novembre 2005

 

Attendre  sa  mort...  mais  comment?



Par Bernard Léchot (Swissinfo, Genève)
 



L'acteur canadien Roy Dupuis et le réalisateur Jeremy Peter Allen sont à Genève pour présenter «L'Exécution» dans le cadre de Cinéma tout écran.
 


Rencontre. Et discussion autour d'un film consacré à la peine de mort bien sûr, mais surtout aux multiples façons d'aborder une situation... extrême.



Que ferais-tu si tu savais que tu devais mourir dans quelques heures? La question est classique, et les réponses en général témoignent du désir de chacun de profiter une dernière fois de la vie. Mais profiter de la vie est difficile lorsqu'on est coincé entre les quatre murs d'une cellule, et que votre exécution, par injection, est planifiée pour minuit.



Le cinéaste canadien Jeremy Peter Allen est parti, sur un coup de cœur, d'un récit de l'écrivain Yann Martel pour réaliser «Manners of Dying», «L'exécution» en français. L'histoire d'un directeur de prison qui raconte à une mère, dans une lettre qu'il dicte, les dernières heures de son fils, Kevin Barlow (interprété par Roy Dupuis).



Mais grâce à un habile subterfuge narratif, ce n'est pas un récit que le spectateur va découvrir, mais huit. Huit comportements que Kevin Barlow a pu - aurait pu - avoir, de la soumission à la rébellion, de l'élan mystique à la dérision. Toute une gamme de réactions possibles qui, de scène en scène, se heurtent à deux constantes: la fermeté du directeur (interprété par un très humain Serge Houle), et le formalisme d'un abominable rituel administratif.
 


Kevin Barlow, un rôle en or... Il est rare pour un comédien de pouvoir donner huit approches différentes d'une même situation!

Roy Dupuis: Absolument. Et en plus, c'est une situation extrême. Et nous les acteurs, on aime bien toucher aux extrêmes, aux situations plus denses, plus intenses, plus tordues des fois. Là, j'étais comblé!



Comment se prépare-t-on à un rôle pareil?

Roy Dupuis: J'ai eu la chance de parler avec le dernier condamné à mort qu'il y a eu au Canada. Qui n'est donc pas mort! Il était en liberté conditionnelle, et on m'a permis de le rencontrer. Il m'a donné beaucoup d'informations sur le milieu carcéral, mais aussi sur ce qu'un individu tel que lui a pu ressentir... Il a quand même vécu trois journées dans sa vie où il était censé être exécuté le soir même.

Pour moi, il a été une source d'information très importante. Pour «créer une base». Le reste, c'est du travail avec le réalisateur et les indications du scénario. Et puis, réussir à s'abandonner. On dit souvent que jouer, cela demande de la concentration. Moi, j'ai plutôt l'impression que ça demande un abandon.



Mais là, il y avait toute une gamme d'interprétations à développer!

Jeremy Peter Allen: Il était tout de même important que le spectateur comprenne bien que c'est toujours le même personnage, les facettes différentes d'un même personnage. L'idée était de montrer qu'on a toutes ces facettes là en nous, et qu'on ne sait jamais laquelle va ressortir lorsqu'on est placé dans une situation extrême.



Swissinfo: Le film a été tourné dans une prison désaffectée...

Jeremy Peter Allen: Premièrement, ce sont de vrais barreaux, des vrais murs, solides. Quand on cogne dessus, ils ne tombent pas! Un studio n'aurait jamais donné le même résultat. Ensuite, entrer dans un lieu comme ça, qui a servi à incarcérer des gens, c'est un peu mystérieux à expliquer, mais il y a quand même quelque chose qui suinte des murs, une angoisse, une douleur, qui imprègnent l'équipe et les comédiens, et qui contribuent chez chacun à aller chercher l'énergie appropriée pour les scènes.



Qu'a ressenti, non pas le comédien, mais l'homme Roy Dupuis, en étant couché, sanglé, sur une table d'exécution?

Roy Dupuis: Je n'ai jamais essayé en tant qu'homme! Il y avait un comédien qui travaillait, tout simplement. En tant que comédien, je me suis nourri de la table quand ils m'ont attaché pour la première fois. Pour moi, c'est loin d'être négatif, c'est même positif de ressentir un malaise à ce moment-là. J'avais à chercher le plus «d'informations» possibles, et donc tout – les lieux, les objets, les gestes – devenait de l'information. Cela me faisait vivre des sensations qui servaient l'histoire. Et donc ce que ressentait Kevin.



Le fait que le condamné soit en position de crucifié suscite quoi chez vous?

Jeremy Peter Allen: La table du film est inspirée des vraies tables de salles d'exécutions aux États-Unis. Cette image de crucifixion, on n'a pas cherché à la souligner. Effectivement, si on creuse un peu, on sait que ceux qui appuient la peine de mort, c'est souvent la droite chrétienne... et que Jésus a subi une exécution. Il y a une ironie qui est évidente. Mais le film laisse le public tirer ses conclusions. Même si nous sommes opposés à la peine de mort, on n'a pas fait ce film pour développer notre point de vue. On voulait que cela reste vague, un peu complexe, au niveau moral. Que le spectateur soit forcé de se poser des questions. La table en forme de croix est un élément sur lequel le spectateur peut s'interroger.



Roy Dupuis, votre regard sur la peine de mort a-t-il évolué avec ce film?

Roy Dupuis: Je me suis rendu compte, en tournant le film, que j'avais toujours été contre la peine de mort, mais sans avoir jamais vraiment approfondi la question. Cela allait de soi d'être contre. Et à force de parler, notamment avec l'un des gardiens – joué par un vrai gardien – ça a renforcé ma position. Maintenant, je peux dire que pour moi, la peine de mort, c'est comme si la société donnait raison aux criminels. Dans le sens où la mentalité d'un criminel, c'est qu'il peut régler ses problèmes en éliminant quelqu'un. Par conséquent, si la société fait la même chose, c'est comme de dire aux citoyens: oui, vous pouvez régler vos problèmes en tuant des gens. En gros, c'est là où j'en suis arrivé.




Source:
http://www.swissinfo.org/fre/swissinfo.html?siteSect=108&sid=6212721&cKey=1131089026000 


 


2010-02-FIFDH



23 février 2010


FIFDH (Festival du Film et Forum international sur les Droits humains) / Genève (Suisse)
 

Maison des Arts du Grütli - En collaboration avec le 4ème Congrès contre la peine de mort à Genève, projection du film MANNERS OF DYING de Jeremy Peter Allen.



 

 

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Published by TeamRDE - dans Manners of Dying-L'Exécution