Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 18:16


Chers visiteurs,

Pour une consultation facile et rapide, je vous invite à naviguer par la page
PLAN  DU  SITE.

Pour recevoir les derniers articles mis en ligne, pensez aussi à vous abonner à la Newsletter.


 

2005-MR-photo22

 


19 novembre 2005
 

POUR  LA  TROISIÈME  FOIS... Roy  Dupuis
 

Par Isabelle Massé 



Le 11 mars 1996, avant que le Canadien ne dispute sa toute dernière partie dans un Forum bondé, d'anciens joueurs vedettes du Tricolore sont venus saluer la foule. Guy Lafleur... Jean Béliveau... puis Maurice Richard. L'ovation monstre qui a suivi l'arrivée du Rocket au milieu de la patinoire a profondément secoué Roy Dupuis«J'étais chez moi, devant ma télé, et je pleurais, dit l'acteur. Je ne savais pas pourquoi. La majorité des gens présents au Forum n'avait jamais vu Maurice Richard jouer. Beaucoup plus tard, j'ai compris que c'était dans l'inconscient collectif.»
 

Parce qu'il estimait qu'on n'avait pas tout cerné de la légende, Roy Dupuis a accepté de faire un tour du chapeau et de rechausser les patins du Rocket dans une troisième production. «C'est la première fois que l'histoire de Maurice est racontée par les siens...» dit doucement l'acteur, cigarette à la main, en référence aux oeuvres précédentes produites par Robert-Guy Scully (en 1997 et en 1999) et financées par les fameux fonds des commandites. «La Minute du Patrimoine fut vite faite. La télésérie aussi... comme c'est un hybride entre un documentaire et une oeuvre de fiction. Et lors du tournage de la télésérie, j'ai eu l'impression que je me battais.»
 


Qu'il se battait? Oui, au sujet de la réaction de Maurice Richard face à la suspension imposée par Clarence Campbell, en 1955, à la suite du coup de poing asséné à un arbitre et face à l'émeute qui a suivi, rue Sainte-Catherine. «On tenait à montrer un Maurice fâché d'avoir été suspendu. Mais je me mettais à sa place... La décision de Campbell découlait sûrement des articles du hockeyeur contre lui dans le journal. Donc, j'imagine que lorsque les émeutes ont commencé, quelque part, il s'est dit yes
 

Éveilleur  de  consciences
 

Dans le Maurice Richard réalisé par Charles Binamé, on insiste sur l'importance qu'ont eu les exploits de Maurice Richard sur l'éveil des Canadiens français, qui devaient faire avec une élite majoritairement anglophone. «En devenant le meilleur joueur au monde, il est devenu une source de fierté, croit Roy DupuisIl a montré aux petits Canadiens français de l'époque qu'on pouvait être quelqu'un.»
 

Et ce, bien malgré lui, en comptant des buts davantage qu'en parlant. Que Roy Dupuis ait hérité du rôle du Rocket, trois fois plutôt qu'une, n'étonne d'ailleurs pas Julie Le Breton, sa partenaire dans Maurice Richard. «Roy est né pour jouer Maurice, dit celle qui incarne Lucille, la femme du hockeyeur. Il a le même tempérament que Maurice. Il est très intérieur, pas très extroverti.»
 

Comme le célèbre numéro 9 du Canadien, Roy Dupuis ne place jamais un mot de trop. Du moins en entrevue. On imagine l'ambiance quand l'acteur est allé rencontrer la première fois le Rocket, à la veille du tournage de la télésérie... «Robert Guy Scully m'avait dit: "Ne t'en fais pas, il ne parle pas beaucoup". On n'a pas arrêté de jaser! Il est ensuite venu sur le plateau de la télésérie. On est allés au hockey ensemble...»
 

À qui s'en est-il remis sur le plateau du film de Binamé, tourné cinq ans après la mort de l'étoile (en mai 2000)? «Je suis retourné à ce que j'ai senti et vécu avec Maurice Richard. J'ai pensé à la façon dont il disait les choses. Je ne voulais pas l'imiter. Plutôt retransmettre son énergie. Autrement, la démarche artistique a été la même. Ce n'était juste pas les mêmes mots... quand il y en avait!»
 

Pas  de  doublure
 

Car non seulement le Rocket n'était pas le plus volubile des hommes, mais le film retraçant les premiers élans de sa carrière compte aussi beaucoup de scènes tournées sur la glace. Scènes que Roy Dupuis a tenu à faire lui-même. Et ce, même quand les buts relevaient de l'exploit et que le risque de se blesser était élevé. «Je suis physique. Je tiens à faire mes choses. Ça me vient du théâtre, où il n'y a pas de doublure.» «Les buts montrés dans Maurice Richard sont historiques, ajoute celui qui joue au hockey depuis l'âge de 3 ans. Les jeux étaient répétés. Tourner ces scènes, c'était comme danser... violemment!»
 

Pas de blessures à la fiche de l'acteur, donc... contrairement à celui qu'il incarne. À une époque où l'on jouait sans casque, Maurice Richard s'est retrouvé plus d'une fois sur la glace, le visage ensanglanté. Combien de fois est-il retourné à son poste de machiniste, en usine, au lendemain d'un match, le front pansé?
 

Car Maurice Richard n'aurait jamais signé un contrat dans les six chiffres de toute sa carrière, malgré les titres de meilleur compteur. On parle d'une époque où les commanditaires ne tapissaient pas encore les bandes des patinoires. Où les membres des équipes de la LNH étaient davantage des athlètes que des produits de marketing. Mais ça, c'est une autre histoire... «La question des joueurs trop payés ou non ne m'intéresse paslance Roy Dupuis. J'aime regarder le hockey de temps en temps. Surtout de ces temps-ci, où on applique les règlements et où on favorise le talent.»
 



Source:
La Presse
 




  

Partager cet article

Repost 0
Published by TeamRDE - dans Maurice Richard