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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 17:55


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Montréal, 2 juin 2006

Montréal, 2 juin 2006

 

5 juin 2006
 

Roy  Dupuis:  quand  la  belle  gueule  parle
 

Par Chantal Guy
 



Le livre de Roméo Dallaire, J'ai serré la main du diable, deviendra un film dans lequel Roy Dupuis incarnera le général. Lors de la conférence de presse de Shake Hands with the Devil, qui sortira en 2007, La Presse est allée serrer la main de deux hommes dont les préoccupations vont bien au-delà du monde du showbiz.
 

Tous les moyens sont bons pour amadouer l'un des acteurs les plus difficiles à interviewer de la colonie artistique. Et si on allait fumer une clope dehors, monsieur Dupuis, le temps d'une jasette? «Good...»
 

Cette entrevue s'est donc déroulée au grand soleil devant le cendrier du Ritz Carlton rue Sherbrooke, où se tenait vendredi une conférence de presse dévoilant les détails de son prochain film, Shake Hands with the Devil, adapté des mémoires du général Roméo Dallaire, qu'il personnifiera au grand écran. Chemise et pantalon fripés, cheveux en bataille et lunettes fumées, Roy Dupuis a pompé deux cigarettes de suite dans ce semblant de pause entre plusieurs interviews avec les médias réunis pour l'occasion.
 

Après le bel Alexis dans Un Homme et son Péché, puis le mythique Rocket dans Maurice Richard, c'est un autre rôle d'envergure pour Roy Dupuis, qui prêtera de nouveau ses traits à un personnage marquant de notre histoire. Sauf qu'à son avis, le général Dallaire n'a "pas encore" marqué tant que ça nos esprits. «On le connaît, mais je ne suis pas certain que tout le monde connaît son histoire en détail, note-t-il. C'est une des raisons pour lesquelles il faut la raconter au cinéma. Comme le général le dit souvent, un livre, c'est ben beau, mais il y a moins de monde qui lit que de monde qui va au cinéma. Ce film fait partie de sa démarche, parce que raconter cette histoire, c'est sa raison de vivre
 

Roméo Dallaire avait 47 ans au moment des faits, Roy Dupuis en a aujourd'hui 42. On l'imagine déjà avec une moustache et les tempes un peu grisonnantes, mais tout cela appartient aux maquilleurs. Dans son travail, le comédien dit couver chaque rôle comme un oeuf, avant d'éclore. Depuis un mois, en plus de lire J'ai serré la main du diable, il étudie Roméo Dallaire.
 

«Je sais d'où il vient, où il est né, comment il a grandi, quelles étaient ses passions. Je pense que c'est l'un des rares qui agit selon sa conscience et que cette histoire l'a beaucoup changé. Être général pour lui, ce n'est pas un job, c'est une vocation, depuis qu'il est tout petit. Son père était militaire. C'est quelqu'un qui est à sa place et qui croit en l'humanité pour faire ce qu'il fait aujourd'hui, malgré l'horreur qu'il a vécue.»
 
Roy Dupuis l'avoue; comme tout le monde en 1994, il n'a pas saisi l'ampleur du génocide rwandais. Il révèle que le film, pour l'instant, débute avec le général de retour au pays et que le drame sera dévoilé par flash-back, afin de saisir toute la tragédie intérieure d'un homme confronté à l'inimaginable.
 
«Je trouve que c'est énorme, ce qu'il a fait, de rester et d'essayer de sauver le plus de gens possible. Quand tu es au courant de la situation, tu comprends qu'il obéissait aux ordres et qu'il était aussi responsable de la vie de ses hommes. Son but était de convaincre l'ONU et la communauté internationale, et c'est ce qu'il se reproche encore de ne pas avoir réussi.»
 

À  bas  le  «sois  beau  et  tais-toi»
 

Le cinéma peut aider à changer les mentalités, cela ne fait aucun doute pour le comédien. Il croit au pouvoir de l'art, comme il croit à la pertinence de l'engagement social des artistes, lui qui est le cofondateur de Fondation Rivières et le protecteur de la rivière Rupert.
 

Depuis, son nom se retrouve plus souvent dans les pages éditoriales que dans les magazines people. Cela ne plaît pas à tout le monde qu'il prête sa célébrité à une cause et, à ce sujet, il a publié une longue réplique à ses détracteurs dans Le Devoir, où l'on pouvait lire: «Que me reproche-t-on au juste? Comme artiste, de parler, de ne pas me confiner à mon métier, pour cause d'ignorance. Ironiquement, le message adressé ainsi relève du plus connu et méprisant des clichés: sois beau, sois belle, et tais-toi. Un message qui serait risible s'il ne camouflait pas une pernicieuse injonction aux artistes: celle de l'autocensure.»
 

Beau, c'est évident. À 42 ans, il a gagné le Flash d'or du sexe-symbole masculin, et sa seule réaction a été de dire: «Encore!»  Muet, il l'est souvent en entrevue, d'interminables silences précédant parfois des réponses anémiques, un vrai cauchemar de journaliste. Sauf lorsqu'il est question d'un sujet qui le touche particulièrement. La protection des rivières en est un. L'engagement aussi. «En entrevue, je me sens beaucoup plus à l'aise de parler de quelque chose qui me tient à coeur que de parler de mes bobettes!»
 

«D'ailleurs, c'est une question que je me pose, pourquoi dans les médias et les talk-shows on porte autant d'attention à des niaiseries qui ne rapportent absolument rien comme information et comme enrichissement à la société! Je me retrouve souvent devant les médias - si je veux -, alors j'essaie au moins d'avoir de quoi à dire, de détourner l'attention vers quelque chose qui peut apporter à la communauté. Un moment donné, ça devient une responsabilité. Oui, tu peux t'en laver les mains, mais moi je ne suis pas fait de même, c'est tout.»
 

Il tient à le préciser, cette bataille n'est pas la sienne, mais celle des spécialistes qui l'ont convaincu de l'importance du développement de ressources énergétiques alternatives et écologiques. Son argumentation principale: l'économie d'énergie est plus rentable pour tous qu'une augmentation de la consommation hydroélectrique, parce qu'elle nous permettrait à la fois de payer moins pour notre consommation et de vendre les surplus qui en découlent.
 

Pour cela, il n'hésite pas à plonger dans la guerre des chiffres, de même qu'à essuyer les critiques. «Jusqu'à présent, il n'y a rien qui me convainc que ce ne sont pas seulement des raisons économiques qui guident les décisions, explique-t-il. C'est le gros problème, et c'est la même chose partout dans le monde. Les gens au pouvoir, pas juste les partis politiques, mais les multinationales par exemple, veulent tout simplement le garder et, pour ça, ils ont besoin de continuer à faire ce qu'ils ont toujours fait. Plusieurs études le démontrent clairement, l'économie d'énergie crée plus d'emplois que n'importe quel barrage. Tous les projets qu'on nous propose sont basés sur une augmentation de la demande, alors qu'on a les technologies présentement pour diminuer la consommation. Et les nouvelles technologies proviennent de petites entreprises, alors elles ont moins de poids.»
 

Sa carrière et ses occupations d'activiste retiennent Roy Dupuis au Québec. «J'aurais pu m'installer à Los Angeles, mais j'ai décidé que non, parce chez nous, c'est ici. Et rien ne m'empêche d'aller tourner un film deux mois en Afrique, comme c'est le cas maintenant.»
 

La pause cigarette est finie, ne reste plus qu'une question, loin de ses préoccupations: est-ce que les producteurs de la célèbre série 24 continuent de le courtiser? Un large sourire se dessine sur son visage: «Ça arrive... C'est juste que ça n'a jamais fitté...» Il n'en dira pas plus.
 


Source:
La Presse
  
 




 

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