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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 21:14


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2006/08 - That Beautiful Somewhere / Un homme et sa passion

 

28 août 2006


Roy  Dupuis:  un  homme  et  sa  passion


Par Anabelle Nicoud
 


La star, c'est lui. Lunettes fumées, entrevues minutées et défilé de journalistes, Roy Dupuis en impose. Le ténébreux comédien présentait samedi au FFM et en première mondiale son dernier film, That Beautiful Somewhere, du réalisateur canadien Robert Budreau, dans lequel il incarne un personnage à la recherche d'une rédemption.
 

Énigmatique, ténébreux, inaccessible, rustre. Conk Adams emprunte un peu de la personnalité de celui qui lui prête sa belle gueule, Roy Dupuis. Militaire repenti, Conk Adams traîne des souvenirs de guerre entêtants et une culpabilité qui ne passe pas.
 

«C'est un personnage complexe, que les horreurs de la guerre ont détruit», résume Roy Dupuis. Devenu détective, Conk doit s'associer à Catherine, jeune archéologue passionnée par les rites tribaux, pour élucider les circonstances de la mort d'un Amérindien dont le corps vient d'être retrouvé.
 

«C'est la rencontre de deux êtres blessés», explique l'acteur, frappé par la force et l'audace désespérée contenue dans le scénario. Il ne connaissait pas le livre qui a inspiré le film, Loon, de Bill Pulmstead. Il ne l'a toujours pas lu et s'en fout un peu, d'ailleurs. «Il y avait suffisamment de matériel dans le scénario», dit-il.
 

Cela tombe bien: il carbure à la surprise. «Ce que j'aime, c'est lire un scénario surprenant. C'est comme aller voir un film. Ce n'est pas du McDonald's, tu ne sais pas ce que tu vas voir.»
 

Entre la rédemption, la guérison et l'amour qui naît entre Catherine et Conk, le film explore les rites amérindiens. «C'était vraiment un plaisir de tomber sur l'histoire d'une fusion entre l'Occident et l'univers amérindien», dit Roy Dupuis en tirant une nouvelle cigarette de son paquet de Gauloises.
 

Si la distance froide et polie de Roy Dupuis a de quoi affoler n'importe quel journaliste, la passion d'un homme sans faux-semblants force le respect. L'homme se fait volubile à propos des Amérindiens, qu'il connaît mieux depuis six ans.
 

«La plupart d'entre eux souffrent de problèmes que nous avons provoqués, mais leur culture, leur civilisation est encore vivante. C'est fascinant», dit-il. Il évoque le rapport des Amérindiens au monde et à la nature, inspirant pour lui, qui est sensible à la chose environnementale. «Je viens du Nord, de l'Abitibi. C'est quelque chose d'important pour moi», dit-il.
 

Dans les forêts ou les rivières, ce ne sont pas les problèmes qui manquent. Les forêts sont prises par Richard Desjardins, alors Roy Dupuis se penche sur le sort des rivières du Québec. «Il y a un trou à combler. C'est en se spécialisant qu'on va arriver à éclairer les gens», croit-il.
 

Il ferait bien son Erreur boréale et passerait volontiers derrière la caméra pour tourner un documentaire. Quelques séquences sont d'ailleurs en boîte. Le reste, ce n'est ni l'envie ni la conviction qui lui manquent pour l'accomplir, mais le temps.
 

Pour l'heure, Roy Dupuis se remet de l'Afrique, d'où il revient à peine. Il y incarnait un autre militaire dans la tourmente: Roméo Dallaire. Le général canadien a aidé avec «générosité» l'acteur à incarner les heures les plus sombres de son histoire et de celle du Rwanda: le génocide de 1994.
 

«En général, un acteur trouve qu'un scénario est bien écrit quand on peut surfer sur le texte et que cela aide à faire vivre le personnage. Mais Dallaire, c'est l'inverse. Il y a tellement d'informations que, finalement c'est toi qui te retrouves à porter le texte. Cela demande encore plus d'énergie», explique-t-il.
 

S'il se dit encore imprégné de son dernier rôle, Roy Dupuis n'a pas de personnage «le plus marquant». «C'est un peu comme dans la vie. Il y a des choses qui ont plus marqué que d'autres. Je suis toutes ces rencontres. J'ai appris, si ce n'est du personnage, des situations que je vivais», estime-t-il.
 

«Il faut être curieux dans la vie. J'ai besoin de vivre, de rencontrer des gens, des histoires», dit-il. Des envies particulières pour un rôle? «J'ai trop de respect pour les auteurs pour leur dire quoi écrire.» D'autres projets? Oui, mais il n'en pipera mot. L'entrevue se termine. De l'homme, nous n'aurons pas vu les yeux, planqués derrière des verres fumés, mais un peu de la passion.




Source:
La Presse

http://www.cyberpresse.ca/article/20060828/CPARTS01/608280738/5984/CPARTS01






 

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Published by TeamRDE - dans That Beautiful Somewhere