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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 18:33


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Août  2009


Pour souligner le 75e anniversaire de naissance des jumelles Dionne, ARTV rediffuse, du 16 octobre au 6 novembre, cette minisérie en quatre épisodes réalisée par Christian Duguay qui relate l’histoire véridique qui a choqué le Canada dans les années 1930.


Lorsque des quintuplées viennent au monde dans une pauvre famille rurale de l’Ontario, le médecin du village n’hésite pas une seconde et prend la famille à sa charge. Il aide à s’occuper des bébés... qu’il transforme rapidement en monstres de foire. Le gouvernement s’en mêle à son tour, et les bébés deviennent à eux seuls une industrie de plusieurs millions de dollars.
Comment le pauvre couple réussira-t-il à récupérer ses enfants et à reprendre sa vie en main?



Avec: Céline Bonnier (Elzire Dionne), Roy Dupuis (Oliva Dionne), Beau Bridges (Dr Allan Roy Dafoe) et plusieurs autres.



 
1994-JD-B
 


«Tu dois nous trouver les jumelles Dionne!» Elles étaient cinq. Une rareté! N'empêche, en 1993, les réalisateur et producteur de Million Dollar Babies (Christian Duguay et Bernie Zukerman) ont fait une grande demande à Lucie Robitaille: leur dénicher des filles qui pourraient incarner les célèbres quintuplées canadiennes! «Je n'ai pas réagi sur le coup, se rappelle la directrice de casting. Mais, les semaines de recherche avançant, j'ai presque viré folle!»
 


Et pour cause! Lucie Robitaille s'est déplacée jusqu'aux États-Unis dans l'espoir de dégoter ses perles rares, a cogné à la porte de plusieurs associations de quintuplés et propriétés privées. «J'ai fini par trouver trois fillettes aux États-Unis et trois à Ottawa, raconte-t-elle. À trois semaines du tournage, on avait ainsi une solution intéressante, mais pas parfaite. On a finalement choisi trois autres filles, on a teint leurs cheveux et on n'y a vu que du feu! J'ai passé un an sur ce projet.»


                    

 
 

                     Le 28 mai 1934, Madame Elzire Dionne (Céline Bonnier) donne naissance à cinq filles près du village de Corbeil, en Ontario. L'événement apportera à la famille Dionne une célébrité mondiale.
 

Les Dionne ont déjà cinq enfants lorsque survient la naissance des jumelles (Yvonne, Annette, Cécile, Émilie et Marie) qui deviendront rapidement de véritables vedettes. Des centaines d'articles et même quelques films seront réalisés à partir de leur histoire. Des milliers de touristes se déplacent pour les voir à «Quintland», faisant d'elles les Canadiennes les mieux connues dans le monde entier au cours des années 30.



Au cours des années 90, trois des soeurs - les deux autres étant décédées - entreprendront des démarches afin d'obtenir du gouvernement ontarien une compensation pour les revenus générés par leur popularité. Le premier ministre Mike Harris acquiescera finalement à leurs demandes.

 

Source:
http://www.bilan.usherb.ca/bilan/pages/evenements/20150.html


 

 


 





Le  tragique  destin  des  quintuplées  Dionne:  histoire  vraie

      


 


- Le 28 mai 1934, à Corbeil - un village peu connu près de North Bay (Ontario) qui doit son nom à Jean-Baptiste Corbeil, d'Orléans -, entre 3h00 et 6h00 du matin, Elzire Legros-Dionne, alors âgée de 24 ans et épouse d'Oliva Dionne (31 ans), donne naissance à cinq bébés filles, prématurées d'environ 2 mois (les cinq bébés pesaient 13 livres et 5oz au total). Ce fut Yvonne qui naquit la première, puis Annette, Cécile, Émilie et enfin Marie, la petite dernière. Les deux premières ont été mises au monde par des sages-femmes, Mmes Legros et Lebel. Le Dr Alan Roy Dafoe (qui aurait fait naître plus de 1700 bébés) s'est occupé des trois autres. Les chances de donner naissance à des quintuplés identiques étaient, à l’époque, d’une sur 57 millions, et leurs chances de survie encore moindres.



- Mme Dionne en était alors à sa 7ème grossesse; avant les jumelles, elle avait déjà eu six enfants: Ernest [1923], Rose [1926], Thérése [1927], Daniel [1931] et Pauline [1933], mais leur sixième fils, Léo, décéda à l'âge de deux mois, suite à une pneumonie. Après, elle en aura trois autres. Ovila Dionne n'était toutefois pas qu'un pauvre petit fermier. Né en 1903 à Corbeil, il avait étudié pendant neuf ans. Il avait appris l'anglais et avait travaillé à l'entretien des chemins de fer de la Canadian Northern Railway.



- Afin de subvenir aux besoins de sa famille, Oliva Dionne signe un contrat avec des promoteurs de Chicago. En échange d'une aide financière (250 $ pour 30 semaines), le père accepte de présenter les jumelles lors de l'Exposition Century of Progress de Chicago. Mais le lendemain, il se rétracte et répudie le contrat.
 



«Les médias dépeignirent Oliva Dionne au pire comme un profiteur cupide et au mieux comme un être stupide. Oliva consulta le docteur Dafoe qui lui aurait apparemment dit d'en profiter, car il y avait peu de chance que les quintuplées survivent. De façon plutôt hypocrite, le médecin devait se présenter par la suite comme le grand défenseur des quintuplées contre le monde extérieur, y compris leurs parents.» (David Welch, de l'Université d'Ottawa, dans Les Jumelles Dionne: cinq petites Franco-Ontariennes dans un contexte d'exclusion sociale.)



- Avant même d'en discuter avec sa femme, il parla avec le curé de Corbeil, l'abbé Daniel Routhier. Ce dernier, qui souhaitait faire construire une nouvelle église pour sa paroisse, devient l'agent des Dionne pour 7% du contrat pour financer la construction de son église. Oliva Dionne obtiendrait 23% et l'Exposition Century Progress, le reste. On estime le montant total du contrat à 32.600 $, soit 7.500 $ pour Dionne.



- Rapidement, le gouvernement ontarien s'en mêle et retire la garde des quintuplées aux parents, de peur qu'ils fassent des enfants une activité commerciale. Or, c'est précisément ce que l'Ontario fera des jumelles Dionne... L'hôpital Dafoe est construit de l'autre côté de la rue de la maison des Dionne. Devant la présence accrue de curieux venus de partout (en 1937, on compte 3.000 visiteurs par jour), celui-ci est vite transformé en «QUINTLAND», un parc entièrement aménagé non seulement pour héberger les enfants, mais aussi pour accueillir cette manne de touristes. Le public pouvait «contempler» les jumelles une demi-heure deux fois par jour (11h00-11h30 et 16h00-16h30). Pour l'occasion, les petites filles sont coiffées et habillées comme des princesses...



- Afin que les jumelles ne puissent pas voir les visiteurs, une muraille (une sorte de moustiquaire, tintée de l'extérieur) fut construite; mais elles pouvaient entendre les gens parler et s'exclamer... Bien que «Quintland» soit situé en face de la maison familiale, les Dionne n'étaient pas autorisés à les voir. Des infirmières s'occupent d'elles avec beaucoup d'attention. C'est d'ailleurs à l'intérieur de cette pouponnière qu'elles passeront les plus belles années de leur vie.



«Le Dr Dafoe et les infirmières avaient peur des microbes et craignaient que les jumelles n’attrapent un rhume ou une autre maladie et que leur vie soit en danger. Ce fut certainement un moment de préjudice en Ontario. Les Canadiens français, en général, ont été vus comme étant de moindre qualité que les Canadiens anglais, surtout dans les esprits de l'élite anglaise», indique Mme Toms, en ajoutant toutefois que si un fonctionnaire ou une célébrité était de passage, cette personne était autorisée à voir et à prendre les jumelles si elle le souhaitait, alors que les parents devaient souvent porter des gants et un masque.

(Amy Toms, directrice du musée des Jumelles Dionne)



En 1935, l'Assemblée législative de l'Ontario adopte le Dionne Quintuplets Guardianship Act (loi de mise sous tutelle) dans le but de mieux protéger les jumelles contre l'exploitation commerciale et assurer leur développement, leur bien-être et leur éducation. Elles deviennent «les pupilles du roi Georges V jusqu'à l'âge de 18 ans», mais cela changera en cours de route car les Dionne se sont battus pour récupérer leurs enfants et finalement obtenir gain de cause. Les quintuplées ont neuf ans quand ils les reprendront.



- Le sixième anniversaire des fillettes annonce leur prochaine entrée à l'école. Appuyés par le directeur de l'Association canadienne-française d'éducation de l'Ontario, les parents réussissent à leur assurer une éducation française et catholique, et sélectionnent les religieuses [soeur Saint-Alexis de Rome, née Laurencia Boyer, et soeur Jean-Marie Vianney, née Yvonne Lemire], deux anciennes enseignantes des écoles séparées de North Bay. Leur première institutrice est Gaétane Vézina. (Précisons que certaines personnes, qui avaient un intérêt financier, pensaient que pour captiver l'imagination des anglophones du Canada et des États-Unis, les quintuplées devaient parler anglais et paraître américaines. En 1941, l'inspecteur Harold Edwin Amoss avait en effet entrepris des démarches pour ajouter une enseignante anglophone à l'école privée).



C'est donc ainsi que, pendant près de dix ans - jusqu'à ce qu'elles soient rendues à leur famille (en novembre 1943) et que «le site touristique» soit alors fermé pour être transformé en école privée - que le gouvernement permettra à la population de venir à «Quintland» admirer les quintuplées. «L'attraction», qu'on disait plus populaire que les chutes du Niagara, a rapporté à la province des revenus évalués à l'époque à plus d'un demi-million de dollars.



Mais le retour à la maison est difficile. Les cinq fillettes, plus habituées au «vedettariat» qu'à une normale vie de famille, ne sont pas acceptées par leurs frères et soeurs; leurs parents sont pour elles des inconnus. Et le Dr Dafoe n'est plus: il est décédé un an plus tôt.



Le gouvernement de l'Ontario fait construire une gigantesque maison (qui compte 19 pièces, dont 7 salles de bain) pour le couple Dionne et ses 12 enfants. Mais il y règne une atmosphère glaciale... Les quintuplées vivent malheureuses dans cette demeure où des querelles éclatent constamment et où, brimées, méprisées, bousculées et soumises, elles subissent chaque jour reproches, menaces, intimidations et violences physiques et morales, qui vont jusqu'à des tendances incestueuses de la part d'Oliva. En plus de l'école, il leur faut aussi entretenir toute la maison. Bref, elles n'ont pas fini d'être exploitées...



À dix ans, Émilie, la plus fragile, fait sa première crise d'épilepsie, ce que l'on garde secret, cette maladie étant très mal vue à l'époque.



1948-1952. Pour leurs études secondaires, Le gouvernement Ontarien autorise Oliva Dionne à puiser à même les fonds des quintuplées pour transformer l'école primaire (l'ex-pouponnière) en pensionnat «pour jeunes filles de bonne famille» et à fonder ainsi Villa Notre-Dame, qui reste dirigée par les mêmes Soeurs de l'Assomption. Les élèves sont quinze en tout. Un soulagement pour les jumelles qui ne rentrent à la maison que le week-end et qui retrouvent la paix qu'elles ont connue autrefois entre ces mêmes murs. Mais leur bonheur sera de courte durée. Un an plus tard (elles ont 14 ans), Oliva Dionne parvient à les ramener sous le toit familial, par peur de perdre son emprise sur elles ou qu'on divise à nouveau la famille. Seule Émilie pourra rester pensionnaire vu ses problèmes de santé. Pour les quatre autres, les humiliations quotidiennes reprirent jusqu'à leurs dix-huit ans.



- Septembre 1952. Les jumelles se dirigent vers l'Institut familial de Nicolet, toujours dirigé par les Soeurs de l'Assomption, afin d'entreprendre une formation en Art domestique. Si elles respirent et jouissent enfin d'un peu de liberté, elles apprécient toutefois moins la matière enseignée. En effet, l'institut les prépare à devenir de bonnes ménagères et mères de famille...



- Septembre 1953. Annette, Cécile et Émilie fréquentent l'Institut pour une seconde année, tandis qu'Yvonne, intéressée par des cours de chimie, s'inscrit au Collège Marguerite-Bourgeoys, à Montréal, pour y suivre un cours d'infirmière. Quant à Marie, son choix se porte vers... le couvent. Elle entre chez les Servantes cloîtrées du Très-Saint-Sacrement, à Québec. Elle y restera moins d'un an. Son état de santé est trop fragile.



Pour la première fois de leur vie, les jumelles se retrouvent séparées. La douleur pour Yvonne, Cécile, Annette et Émilie est immense. L'année d'après (1954), cette dernière entre alors à son tour dans les ordres, chez les Oblates de Marie-Immaculée (à l'Hospice de l'Accueil-Gai de Sainte-Agathe-des-Monts), un couvent qui a pour mission de s'occuper des prêtres malades et âgés. Quelques mois plus tard, le 6 août, les religieuses la retrouve sans vie au petit matin, étouffée dans son oreiller suite à des crises d'épilepsie à répétition. Elle avait 20 ans.



Elles ne trouveront aucun réconfort de la part des membres de leur famille...



- Septembre 1954. Marie et Annette ont repris leurs études: elles fréquentent le Collège Marguerite-Bourgeoys à Westmont, Marie en littérature, Annette en musique. Cécile suit les traces d'Yvonne et toutes deux poursuivent leurs études d'infirmière, à l'hôpital Notre-Dame-De-l'Espérance, où elles partagent la même chambre. Les deux institutions ne sont quà 6 km l'une de l'autre, de sorte qu'elles se voient souvent. Mais Marie a beaucoup de difficultés à surmonter la mort d'Émilie, elle demeure taciturne, repliée sur elle-même. Elle retournera passer sept mois à la maison, dans la soumission...
 


- Mai 1955. Les jumelles ont 21 ans: elles sont majeures... et ont appris qu'elles disposent d'un capital de l'ordre de 1.710.000 $ chacune! Ce n'est que sur insistance de la part de leur mère qu'elles finiront à la longue par signer un papier autorisant l'ingérence de leur père dans la gestion de leurs fonds, à leur désavantage bien entendu. Cécile fréquente alors Laurent qui deviendra son mari, et Annette, Gérard, qu'elle épousera par la suite aussi. Mais les deux mariages tourneront à l'échec.



- Septembre 1955. Yvonne et Cécile poursuivent leurs études d'infirmière. Annette fréquente l'Institut familial en pédagogie et en psychologie. Marie, elle, a la vocation et retourne au couvent..., mais pour peu de temps. Sa santé s'est à nouveau dégradée, les Soeurs ne veulent plus la garder. Nouvel échec cuisant... Elle louera alors son premier appartement à Montréal avec Annette. Quelques mois plus tard (mai 1956), elle ouvrira une boutique de fleurs; mais n'ayant pas droit à l'utilisation de ses fonds, cela se fera avec beaucoup de difficultés, et elle finira par devoir mettre clé sous porte.



- 25 décembre 1955. Les quatre soeurs affrontent leur père qui a étalé leur crise familiale dans les journaux...
 



Épilogue



- Marie décède à presque 36 ans, le 3 mars 1970. Elle a été infirmière jusqu'en 1970, s'est séparée en 1973 et a eu trois fils.



- Yvonne (la seule des trois survivantes et restée célibataire) s'est éteinte le 23 juin 2001, à l'âge de 67 ans, emportée par un cancer.



- Annette (Annette c'est mariée avec Mr Germain Allard) et Cécile (*Cécile, mariée à Philipe Langlois, a eu cinq enfants.) sont toujours en vie et ont fêté leurs 75 ans... le 28 mai 2009. Elles résident dans la région de Montréal.



- On estime qu'en neuf ans (1934-1943) , «Quintland» a accueilli 3 millions de visiteurs, venus y dépenser leurs précieux dollars en pleine dépression économique.



- Dans les années 1990, les trois sœurs encore en vie, ont entrepris des démarches pour obtenir du gouvernement ontarien une compensation pour les revenus générés par leur popularité. Le premier ministre Mike Harris acquiesça à leur demande. En 1998, les jumelles ont reçu des excuses et un dédommagement de 4 millions de dollars.



- La maison familiale, où les jumelles Dionne n'ont pratiquement jamais vécu, a été déménagée au centre-ville de North Bay et transformée en musée. Il contient des artefacts datant de leur enfance tels que carosses, robes, livres, coupures de journaux et magazines, reproductions de cartes postales...



- Oliva Dionne s'est éteint le 15 novembre 1979, à l'âge de 76 ans, et Elzire, quelques années plus tard, le 22 novembre 1986, alors âgée de 77 ans.



- «Les jumelles disent dans leur livre On était cinq que leur histoire est devenue une légende telle que nul ne peut raconter exactement ce qui s'est passé»

(Amy Toms, directrice du Musée des Jumelles Dionne)


 

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