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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 19:56


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2013/03 - Cyanure: «Mon père ce bandit»

 

6 mars 2013

 

CYANURE

Mon  père  ce  bandit

 

Par MARC-ANDRÉ LEMIEUX

 



Roy Dupuis a joué plusieurs types de criminels au grand écran. Parmi eux, citons un braqueur de banque dans Monica la mitraille (2004), un complice dans Mesrine – L’instinct de mort (2008) ou encore un voleur de bas étage dans Les Doigts croches (2009). L’acteur québécois répète l’expérience dans Cyanure, une tragicomédie signée Séverine Cornamusaz. Mais, cette fois-ci, une nouvelle variable vient s’ajouter à l’équation. «Souvent les bandits sont libres. C’est l’image qu’on véhicule au cinéma. Ils peuvent partir quand ils veulent. Du jour au lendemain. Mais pas Joe. Pour lui, c’est autre chose. Il a une famille», explique le comédien en entrevue.

 

Coproduction Canada-Suisse, Cyanure dépeint la rencontre entre Achille (Alexandre Etzlinger) et son père Joe (Roy Dupuis), qui retrouve sa liberté après avoir croupi en prison pendant une quinzaine d’années. Plusieurs ­éléments viendront compliquer les ­retrouvailles entre les deux hommes, à commencer par l’attitude de l’ex-détenu, qui refuse dans un premier temps d’avouer sa paternité.

 

«Son fils, il s’en crisse au début du film, dit Roy Dupuis. Pour Achille, c’est une désillusion. En quelques heures, son père passe du mythe à l’homme bête qui a ­juste envie de fourrer sa femme.»

 

Cyanure explore les conséquences d’une incarcération prolongée sur la ­famille du bandit. La caméra de Séverine Cornamusaz s’attarde notamment sur ­Pénélope (Sabine Timoteo), la mère d’Achille, qui tente en vain de refaire sa vie avec un autre homme.

 

«Ce sont des situations très difficiles à vivre... Pour toutes les personnes ­impliquées», souligne Roy Dupuis.

 


Entre  la  comédie  et  le  drame

 


Cyanure mélange les genres. On y trouve plusieurs éléments dramatiques, mais ­aussi quelques scènes comiques, histoire d’alléger l’ensemble. «Pour moi, c’est du ­cinéma d’auteur divertissant… à cause des outils que Séverine a utilisés pour éviter de tomber dans la tragédie pure. Elle réussit à raconter cette histoire de façon ­poétique. À travers les yeux d’un enfant. On échappe au surplus de lourdeur.»

 

Séverine Cornamusaz mise beaucoup sur les problèmes d’adaptation de Joe pour provoquer les rires. On pense ­notamment à son incapacité d’utiliser les nouveaux téléphones cellulaires.

 

«Le père est complètement inadapté, dit Roy Dupuis. Il a l’air tellement solide... Se trouver aussi démuni devant un ­téléphone cellulaire, ça peut être drôle.»

 

Blague à part, Cyanure dénonce une cruelle réalité, remarque Dupuis.

 

«C’est un film qui met en lumière un ­problème important du système carcéral. Ces gars-là sont complètement déphasés quand ils sortent de prison. Ils sont en ­retard sur tout. Quand ça fait trop ­longtemps que t’es en prison, c’est souvent plus compliqué quand t’es à l’extérieur.»

 


« Précision  nord-américaine »

 


Cyanure sortira en salle seulement trois semaines après Roche Papier Ciseaux de Yan Lanouette Turgeon, un autre long métrage mettant en vedette Roy Dupuis. Force est d’admettre que, à 49 ans, ­l’acteur est toujours aussi populaire.

 

«J’aimais bien le scénario de Cyanure, explique-t-il. C’était l’histoire la plus intéressante qu’on m’offrait. Ça rentrait bien dans mon horaire.» Roy Dupuis a ­beaucoup impressionné Cornamusaz avec «sa précision nord-américaine». La réalisatrice ne tarit pas d’éloges envers l’acteur québécois, qui compte une quarantaine de films à son actif.

 

«Travailler avec Roy était une très belle expérience, dit-elle. Parce que, d’une part, c’est un acteur immense. Puis on était dans un contraste culturel fort intéressant. Il est d’une grande générosité. Il est très juste… sans chercher la performance à tout prix. C’est rare qu’un acteur avec l’habitude de jouer des premiers rôles accepte de jouer un personnage secondaire.»

 

«Quand je décide d’endosser un personnage, je travaille fort. Je m’impose une certaine rigueur, indique Roy Dupuis. Sur un plateau, j’aime bien dire au ­réalisateur: “Laisse-moi t’en donner une. Ne me dis rien. Donne-moi une prise, puis on passe à autre chose.” J’arrive toujours avec une proposition.»

 


Périple  en  Inde

 


Roy Dupuis devrait retrouver le chemin des plateaux de tournage cet été. Entretemps, il s’envolera pour l’Inde, histoire de compléter un périple entamé en 2010. Cette fois-ci, l’acteur explorera le nord du pays pendant deux mois et demi. Un voyage de ressourcement au cours duquel il visitera notamment le Népal en plus de grimper l’Himalaya pour fêter son 50e anniversaire.

 

Cyanure, en salle le 15 mars.

 



2013-03-09-JDM-1


 


«MÊME  DANS  LES  PIRES  DRAMES,  ON  PEUT  RIRE»

- Séverine Cornamusaz -




Nous avons discuté avec Séverine ­Cornamusaz, qui signe avec Cyanure son deuxième long métrage. «Cœur ­animal était un film très austère. J’avais besoin d’autre chose. Quelque chose qui bougeait. Quelque chose avec un rythme différent», dit-elle à l’autre bout du fil.

 

Pourquoi décrivez-vous ce film comme une tragicomédie?

 

Parce qu’il est difficilement classable. La trame narrative père fils est plutôt ­dramatique. Mais on a glissé beaucoup d’humour. Le plus qu’on pouvait, en fait. Et puis, on oublie le volet des fantasmes. Tout l’univers psychique du petit garçon...

 

Pourquoi teniez-vous à ajouter des ­éléments comiques au film?

 

Parce que, même dans les pires drames, on peut rire. C’est aussi pour donner un peu de légèreté. On ne voulait pas tomber dans un drame social. C’est un film qui aurait pu être assez lourd si on l’avait fait comme les frères Dardenne ou Ken Loach.

 

Travailler avec Roy Dupuis, c’est comment?

 

Roy est un acteur extrêmement précis. Il retient tous les gestes et l’émotion. Il n’a pas besoin de script. Il n’a pas besoin qu’on lui rappelle sa position, le moment où il prend un verre dans sa main, etc. Il est capable de ­reproduire chaque scène à ­l’infini. On a l’impression qu’il fait presque la même chose d’une prise à l’autre, puis au montage, c’est d’une richesse ­incroyable. C’est très beau à voir.

 

Y a-t-il de l’espoir pour un ­homme comme Joe?

 

C’est un genre d’homme qu’on appelle un multirécidiviste, c’est-à-dire un homme qui passe plus de temps à l’intérieur d’une prison qu’à l’extérieur. Parfois, ces hommes réussissent à ­repartir dans le droit chemin. J’ai lu des témoignages d’hommes comme ça… Ils ­arrivent à 55 ans et, finalement, ils décident de travailler à leur réinsertion sociale loin du ­monde criminel. Il faut parfois plus qu’une sortie de prison pour y parvenir.

 

Vous misez beaucoup sur les ­difficultés d’adaptation de Joe pour soutirer les rires. On pense notamment à cette séquence où il doit donner une pièce de monnaie pour obtenir un panier au supermarché…

 

C’est quelque chose que j’ai lu plusieurs fois dans les témoignages de femmes de prisonniers. Un autre truc qui revenait ­souvent: les gars ont passé ­tellement d’années sans barrer leur porte qu’ils oublient systématiquement leurs clés dans la ­maison une fois sortis de prison! C’est comme dans Wall Street 2. Quand le personnage de Michael Douglas retrouve sa liberté après avoir passé huit années en prison, on lui remet un immense téléphone portable! Les ex-détenus sont perdus face aux nouvelles technologies. Ils sont complètement décalés… D’où certains problèmes de réinsertion. Bien entendu, il existe d’autres types de décalages, qui proviennent de l’enfermement, la privation des libertés.

 

Que sont les parloirs sauvages?

 

C’est le fait de communiquer avec un détenu de manière illégale. C’est une façon qu’ont trouvée les familles des ­prisonniers pour avoir des contacts avec leurs proches. Pour détourner le système ­judiciaire carcéral. Dans le film, on voit des familles ­discuter avec les prisonniers dans leurs cellules. J’ai ­découvert l’existence des ­parloirs sauvages durant mes recherches. J’ai vite réalisé que les gens qui ont un proche en prison vivent aussi la ­prison à l’extérieur, parce qu’ils subissent les horaires de visite, ils doivent donner de l’argent, etc.

 

Comment décririez-vous ­l’ambiance durant le tournage?

 

Très agréable. C’était un film très ludique à tourner. Comme réalisatrice, j’avais des scènes hyperstimulantes à filmer: des cascades sur deux roues, des bagarres, des chicanes ­intenses… Tout ça, dans un nombre impressionnant de ­décors. C’était vraiment du ­bonheur. Chaque jour, j’avais un grand sourire accroché au ­visage. Ça faisait beaucoup rire Roy. Je crois que mon attitude a déteint sur toute l’équipe.

 


Source:

http://www.journaldemontreal.com/2013/03/06/mon-pere-ce-bandit

 

 


 

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Published by TeamRDE - dans Cyanure

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