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2008-03-22-Blasté-02
Photo © Lydia Pawelack
 


15 mars 2008
 

«BLASTÉ»  -  ROY  DUPUIS:  Être  d'introspection
 

Par Marie-Joëlle Parent




Choisir des oeuvres qui font réfléchir sur le genre humain, c’est un peu le leitmotiv de Roy Dupuis. Après le génocide rwandais dans J’ai serré la main du diable, il s’attaque à «Blasté», une pièce où la guerre sert aussi de trame de fond. Un rôle qui risque de rester dans les annales.


Mercredi matin, lendemain de la énième tempête de neige de la saison. Roy Dupuis arrive avec Céline Bonnier au loft de répétition, avenue de l’Esplanade.
 

Ils font la bise à leur metteure en scène fétiche, Brigitte Haentjens (pour votre info, prononcer «N15»). Elle est d’ailleurs la dernière à avoir travaillé avec Roy au théâtre, il y a 14 ans dans la pièce True West.
 

Ils prennent place autour d’une table où s’enchaînent tisanes pour Céline et cigarettes pour Roy. Ils ont une longue journée devant eux, les répétitions sont plutôt intenses.
 

Roy Dupuis est fidèle à lui-même. Il assiste à la discussion les bras croisés, fixe son regard bleu laser dans le vide et ne parle que lorsque c’est nécessaire. D’un naturel calme et peu volubile, il s’enthousiasme cependant quand il est question de répéter.
 

«Ce que je préfère dans mon métier, c’est les répétitions de théâtre. Après, je me satisfais… de quelques représentations!», dit l’acteur de 44 ans.
 

En répétition, Roy Dupuis est dans son univers. Il aime ce cocon de création et les liens qui se tissent avec la troupe. Être d’introspection, Roy Dupuis aime le luxe du temps alloué à l’analyse de l’oeuvre. Il aime se questionner sur son personnage. On voit qu’il y a beaucoup réfléchi. À peine arrivé, il faisait déjà part à Brigitte Haentjens de remarques digérées depuis la veille. La démarche est très différente du cinéma. Sur un plateau tout va plus vite. Pas le temps de trop se questionner. «On filme les répétitions, c’est à peu près ça le temps, la répétition tu la fais chez toi», dit-il.
 

RETOUR  SUR  LES  PLANCHES
 

Roy Dupuis est déjà très occupé du côté du 7e art, alors pourquoi ce retour au théâtre? «On m’a présenté beaucoup de pièces classiques, mais je me suis toujours dit que si je retournais au théâtre, ce serait pour une création ou une pièce moderne et marginale», dit-il.
 

«Tant qu’à faire du théâtre, c’est le genre de théâtre que je voulais faire», ajoute-t-il. Ça fait trois ans que le projet est en branle. Avant même qu’il tourne le film sur la vie du général Dallaire.
 

A-t-il hésité? «J’y ai pensé un peu, mais pas très longtemps. C’est quelque chose qui est venu me chercher. Sans avoir le coup de foudre, il y a quelque chose que je trouvais dérangeant», dit-il.
 

Dérangeant n’est pas le mot. Son personnage chie sur scène, se masturbe, se fait sodomiser, manger les yeux et connaît une lente agonie. On est loin de Disneyland.
 

Roy l’avoue, le rôle est «épuisant mentalement et physiquement». Il reste sur scène pendant… 1h45. «C’est dur à jouer. Ça a l’air tout croche, mais c’est d’une grande précision», dit-il.
 

Il joue le rôle d’un journaliste. Attention, on est loin du Michel Gagné de Scoop au début des années 1990. Ian est un homme dans la quarantaine, un être abject qui traite Cate (Céline Bonnier) comme son esclave sexuelle. «Je joue un journaliste qui vit à Londres et qui porte un revolver. Je préfère limiter la description à ça», dit Roy, qui ne veut pas trop en révéler sur son rôle.
 

Le grand loft de répétition est presque vide sauf pour un matelas recouvert de plastique qui leur sert à répéter… «Les dialogues sont très difficiles à apprendre parce que ce sont des spirales, des phrases non finies qui reviennent tout le temps», explique Roy Dupuis à propos du texte traduit par Jean-Marc Dalpé. Le langage de l’auteure Sarah Kane est cru et ne permet pas aux acteurs de s’égarer. Le rythme est ultra-réaliste. «Il n’y a pas de recherche d’efficacité. La première partie, c’est presque de la téléréalité!» explique-t-il.
 

Le public est-il prêt à le voir dans un rôle aussi audacieux? «On s’en fout!» lance Roy du tac au tac. Il n’a pas le temps de se préoccuper de ce genre de détail, il a du travail sur… les planches.
 

CITOYEN  AVANT  TOUT
 

«En allant au Rwanda l’été dernier, j’ai vu encore plus l’importance de présenter cette oeuvre-là», confie Roy Dupuis.
 

Roy Dupuis se transforme de plus en plus en comédien-citoyen dans ses choix de rôles. On peut dire qu’il se positionne politiquement avec ses choix culturels. Ce fut le cas avec le film J’ai serré la main du diable, qui raconte comment le monde entier a fermé les yeux devant le génocide du Rwanda.
 

Avec «Blasté», Roy Dupuis veut provoquer une réflexion sur notre indifférence face aux guerres. «C’est en regardant ce qu’on est qu’on apprend à aller plus loin et à évoluer. C’est une pièce qui n’a pas peur de dire ce qu’on est, il n’y a pas de fuite, il n’y pas d’artifices, pas de magie dans cette pièce-là», dit-il.
 

Quelques jours avant la grande première, on sent déjà Roy Dupuis habité par l’oeuvre.
 

Il ne voit pas nécessairement un message derrière l’oeuvre, mais plutôt «un constat de la réalité, de ce qu’on est devenus. C’est une pièce qui est encore plus actuelle qu’à l’époque où elle a été écrite», dit-il, faisant référence à la guerre en Irak entre autres. «Ça part de l’intimité et ça s’en va dans la politique internationale», ajoute-t-il.
 

PREMIÈRES  AMOURS
 

Roy Dupuis a fait ses débuts au théâtre avant même de sortir de l’École nationale en 1986. ll se remémore alors la pièce Harold et Maude. «On avait fait une grande tournée acadienne!» dit-il.
 

Il a aussi joué dans Les Muses orphelines sous la direction d’André Brassard et dans trois pièces dirigées par Brigitte Haentjens, dont Le Chien en 1988. Côté cinéma, Roy Dupuis est encore et toujours au sommet de son art. Il vient de gagner le trophée du meilleur acteur aux Jutra pour son interprétation du général Dallaire.
 

Il vient de terminer le tournage du film Némésis, d’André Forcier, où il partage la vedette avec Rémy Girard, France Castel, Gaston Lepage et Michel Barrette.
 

Il a aussi tourné dans le nouveau film surréaliste de Kim Nguyen, Truffe, avec Céline Bonnier, Michèle Richard, Jean-Nicolas Verreault, Pierre Lebeau et Danielle Proulx.
 

Roy Dupuis sera entraîneur de baseball dans Un été sans point ni coup sûr, de Francis Leclerc, le fils de Félix, avec qui il s’est lié d’amitié.
 

Finalement, on a appris récemment qu’il allait jouer dans le prochain film de Ken Scott, Les Doigts croches, aux côtés de Claude Legault et Patrice Robitaille. Bref, beaucoup de travail et quelques moments libres pendant lesquels «je travaille sur ma terre et mon bateau». Quoi de mieux pour garder les deux pieds sur terre?
 


Source:

 
 


 

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Published by TeamRDE - dans Blasté (2008) Roy au théâtre

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