Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 19:03


Chers visiteurs,

Pour une consultation facile et rapide, je vous invite à naviguer par la page
PLAN  DU  SITE.

Pour recevoir les derniers articles mis en ligne, pensez aussi à vous abonner à la Newsletter.


 

20 mars 2008



«BLASTÉ» - Un univers apocalyptique 


Par MARIE-JOËLLE PARENT

     


2008-03-20-JDM



Cet article fait partie d'une collection papier privée de 625 pages de journaux & magazines anciens (1990-2013) qui est actuellement en vente sur E-Bay.


Ci-dessous, un petit aperçu de ce qu'elle contient: 


 

 




19 mars 2008


Tout  au  plus  quelques  haut-le-coeur...
 

Par Marie-Joëlle Parent



2008-03-19-JDM



Cet article fait partie d'une collection papier privée de 625 pages de journaux & magazines anciens (1990-2013) qui est actuellement en vente sur E-Bay.


Ci-dessous, un petit aperçu de ce qu'elle contient: 


  

     

  

22 mars 2008

 
Blasté: avez-vous aimé ça?
 

Par Sylvie St-Jacques

 

 

 

     
Deux heures de douleur plus tard, Blasté s'éteignait dans le sang, le désordre, la déchéance, la destruction. Chez le public de l'Usine C, des applaudissements retenus et brefs. Puis, la moitié de la salle s'est pressée de quitter ce théâtre de l'insupportable. Les autres sont restés cloués à leurs sièges, muets, figés, le regard assombri.


À la sortie du théâtre, un attentat à la pudeur, un cas de non-assistance à personnes en état de choc: des caméras de télé qui se braquaient sur les visages des rescapés. Puis, une chroniqueuse qui s'est jetée sur les rescapés pour recueillir leurs réactions «à chaud.»
 

«Avez-vous  aimé  ça?»
 

Non, je n'ai pas «aimé» Blasté. Même que rapidement, j'ai eu très hâte que la pièce s'achève. J'ai eu des haut-le-coeur, voulu hurler mon déplaisir, souhaité très fort que Roy Dupuis, Céline Bonnier et Paul Ahmarani cessent tout. 

La guerre intérieure qui se répercute sur une deuxième personne et dégénère de façon onirique en conflit armé. Sarah Kane a tout dit, dans cette pièce qui n'est que noirceur et désespoir. La vision du monde d'une artiste suicidaire, profondément troublée par la violence du monde dans lequel elle est née. 

Sans la performance magistrale des trois acteurs et la mise en scène efficace de l'hyper sensible Brigitte Haentjens, Blasté aurait pu devenir une plate entreprise de voyeurisme. Pour son retour à la scène après 14 ans d'absence, Roy Dupuis en chair et en os nous rappelle qu'il est un acteur aussi puissant sur une scène que devant une caméra. Céline Bonnier, actrice fétiche de Haentjens, est absolument crédible en gamine punkette et ambivalente, victime de troubles nerveux. Puis, débarque Ahmarani, en soldat endoctriné, un homme détruit par l'horreur guerrière, qui ne demande plus qu'à tuer, violer, détruire tout sur son passage. 

On n'aime pas Blasté. Même si, à mon sens, cette pièce est l'objet le plus puissant, le plus dérangeant, le plus traumatisant de l'actuelle saison de théâtre. Ce genre de spectacle nous habite des jours durant, hante nos nuits d'images cauchemardesques et parasite notre inconscient. Et tant pis pour les chroniqueuses assoiffées de réactions pour alimenter leur topo du lendemain: de telles expériences nécessitent un temps de réflexion.

Oui, bien sûr, on nous a d'abord expliqué que Sarah Kane dresse un parallèle entre la violence privée et la violence guerrière, celle qui sévit dans des contrées lointaines ravagées par d'interminables conflits civils. Mais le choc de cette violence matraquée pendant deux heures n'est pas assimilé de façon si rationnelle. 

Blasté pénètre en nous, frappe notre émotivité. Alors qu'au milieu de la pièce, Roy Dupuis quittait momentanément le huis clos de la chambre d'hôtel, pour planter son regard sur le public, j'ai songé à une phrase qu'il a répétée deux ou trois fois lors de notre entrevue de la semaine dernière. L'acteur affirmait qu'il ne voulait pas «vivre à Disneyland.» 

Blasté est justement aux antipodes de la Mecque du divertissement: une oeuvre désagréable, insupportable, répugnante. Une vision du monde qu'il faut pourtant regarder bien face.
 

Source:
La Presse
 


BLASTE

«Pour Roy Dupuis, jouer dans Blasté est un des plus grands défis de sa carrière».

 
 
 



 

22 mars 2008

Blasté:  une  soirée  en  enfer
 

Par Luc Boulanger



Une pièce scandaleuse. Une auteure sacrifiée. Une metteure en scène de haut vol. Et une star qui remonte sur les planches après 14 ans d'absence. Les attentes étaient grandes avec Blasté. Et le résultat ne laissera personne indifférent.

En 2002, peu avant la création montréalaise de la pièce de Sarah Kane au Quat'Sous, la metteure en scène Stacey Christodoulou avait dit: Blasted est comme un scalpel pour disséquer l'être humain et le monde. Souvent, c'est nécessaire. Mais ça ne veut pas dire que vous allez aimer ça...» 

Six ans plus tard, en revoyant Blasté, cette fois à l'Usine C, je ne partage toujours pas l'engouement que suscite cette auteure britannique. Dans les mains de Brigitte Haentjens, qui dirige Céline Bonnier, Roy Dupuis et Paul Ahmarani, ce spectacle qui dénonce la violence, la guerre et la «faillite de l'humanité» ne fait que montrer l'horreur. En nous répétant ad nauseam que le monde est cruel et sans pitié. En 2008, après des siècles de génocides, de tortures, de massacres et de guerres injustes, est-ce vraiment utile qu'on nous le rappelle? 

Dans les années 30, Antonin Artaud, autre dramaturge troublé et troublant, prônait le théâtre de la cruauté (sans un élément de cruauté à la base de tout spectacle, le théâtre n'est pas possible). Ici, Sarah Kane va encore plus loin: le théâtre du masochisme. Si vous êtes du type à aimer se faire inciser au scalpel pendant deux longues heures, à froid, réservez vos places.
 

L'enfer  près  de  chez  vous


Blasté est le récit, non pas d'une, mais de plusieurs descentes en enfer. D'abord celle d'un couple d'écorchés. Lui (Roy Dupuis), journaliste de faits divers, alcoolique, homophobe, pervers et amer. (Parenthèse pour ses fans qui se demandent s'il est bon? L'acteur s'en tire assez bien.) Elle (toujours excellente Céline Bonnier), jeune femme dépendante, violée et agressée. La première partie consiste au spectacle de leur malsaine intimité lors de retrouvailles dans une chambre d'hôtel. Lui, boit, crache, tousse et jouit. Il faut bien que les fluides exultent. Elle subit, rit et se défend tant bien que mal. 

Puis, ça tourne à l'horreur, avec l'arrivée brutale d'un soldat (Paul Ahmarani) qui annonce que la ville est assiégée. Ce soldat, toujours en pointant son arme, manipule, sodomise et blesse le journaliste en lui arrachant les yeux, qu'il va manger comme des oeufs à la coque (sic!), avant de se suicider. Enfin, l'horreur verse dans l'Apocalypse. Aveugle et affamé, le personnage de Roy Dupuis tombe dans la déchéance totale et s'avérera plus faible qu'il en avait l'air. Tandis que son ex, finalement plus forte que l'on pensait, revient lui donner quelques bouts de sandwich. Il la remercie pour la première fois. Rideau.
 

L'oeuvre  au  noir


Malgré la puissance tragique de ses thèmes, Blasté, vous aurez compris, n'a pas réussi à me toucher. Bien que Brigitte Haentjens fasse ici un travail remarquable. Elle plonge dans l'infini néant, l'épaisse noirceur de l'oeuvre. Fidèle à sa grande rigueur, elle respecte entièrement le texte et les intentions de l'auteure. Elle est bien secondée par ses collaborateurs à la conception: le beau décor qui se transforme d'Anick La Bissonnière; l'oppressante musique électro-acoustique de Michel Normandeau; les éclairages crépusculaires d'Étienne Boucher. 

Les adeptes de Sarah Kane avancent que l'horreur dans ses pièces n'est que le reflet de notre monde. Tel OEdipe-Roi, l'être humain préfère devenir aveugle plutôt que de contempler sa propre monstruosité. D'accord. Mais, au bout du compte, une oeuvre est réussie, qu'importe le genre, quand elle parvient à nous rendre plus humain. Blasté fait tout le contraire. 

Se peut-il que le destin tragique de Sarah Kane (en 1999, elle a brutalement mis fin à ses jours, à 28 ans, en se pendant avec ses lacets dans les toilettes d'un hôpital) ait contribué au mythe et à la fascination autour de son oeuvre? 

La question se pose même si elle est cruelle. Comme sa pièce. 


Source:
La Presse
 
                   
 




 

Partager cet article

Repost 0
Published by TeamRDE - dans Blasté (2008) Roy au théâtre

Présentation

  • : ROY DUPUIS EUROPE
  • ROY DUPUIS EUROPE
  • : ROY DUPUIS, exclusivement vôtre. Pour vraiment tout savoir sur cet extraordinaire acteur et comédien québécois.
  • Contact

Recherche