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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 17:37


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2008-Contact-Blaste
 



15 mars 2008


Roy  Dupuis:  l'éveil  du  ténébreux


Par Sylvie St-Jacques




Deux jours avant notre rencontre, Dupuis a raflé le Jutra du meilleur acteur pour son interprétation du général Roméo Dallaire dans Shake Hands With the Devil. Mais le comédien, qui se prépare à prendre la scène de l’Usine C, n’avait déjà plus la tête à célébrer. À compter de mardi prochain, il sera Ian, un journaliste agresseur et dominé, qui vit une déchéance dans la violence dans «Blasté», de Sarah Kane.


La dernière fois qu’on l’a vu au théâtre, c’était en 1994, dans True West de Sam Sheppard, sous la direction de Brigitte Haentjens. Cette longue absence n’était pourtant pas le symptôme d’une lassitude pour la scène.
 

«J’ai été beaucoup occupé au cinéma. Et pendant cinq ans, j’ai été emprisonné par Nikita, qui était tourné à Toronto. Ça devenait difficile de faire du théâtre. On me proposait beaucoup de pièces; plusieurs n’étaient pas inintéressantes, mais souvent, il s’agissait de classiques. Moi, ce qu’il me fallait pour revenir au théâtre, c’était une création ou une pièce pas connue. Puis, Brigitte (Haentjens) m’a proposé celle-là. J’ai accepté pour différentes raisons: pour le texte lui-même, le propos, l’écriture de Sarah Kane. Et aussi parce que j’avais envie de travailler avec Brigitte et Céline (Bonnier).»
 

À sa création au Royal Court Theatre à la fin des années 90, «Blasted» a soulevé l’ire des critiques, qui ont reproché à la jeune dramaturge son goût pour la violence servie de façon extrêmement crue. Des reproches qui auraient meurtri Kane, qui a écrit «Blasté» pour exposer la haine meurtrière et guerrière qui sommeille en nous, tout en faisant écho à la guerre en Bosnie.
 

«La pièce est à l’image de la façon dont je veux vivre. Je n’ai pas envie de nier aucune facette de la vie, ou de l’humanité. Je ne veux pas vivre à Disneyland», lâche Dupuis, qui soutient que la violence intense qui traverse son personnage est la même que celle qui nous est tous les jours transmise par la télévision.


L’antihéros


En séjournant en Afrique pour entrer dans la peau du général Roméo Dallaire, Roy Dupuis a vécu une prise de conscience profonde. «Ouais, l’Afrique, avant d’y aller, ça me semblait loin. Mais maintenant, c’est devenu proche. C’est le projet qui m’a le plus appris sur l’humanité, jusqu’où on peut aller dans l’horreur. À l’opposé, j’ai aussi compris jusqu’où on peut aller dans la volonté de changer les choses», confie celui qui, par le plus pur des hasards, avait accepté d’être de la distribution de «Blasté» avant d’apprendre qu’il était pressenti pour jouer Roméo Dallaire.
 

Pour Roy Dupuis, c’est précisément l’horreur vécue au Rwanda qui explose dans «Blasté». «Cette violence existe même chez nous et prend source dans la même rivière. La nature des conflits armés provient de la même violence qui peut surgir entre un homme et une femme, ou entre deux hommes. Elle émerge d’une peur de l’autre, d’une situation où la seule issue est d’essayer de dominer l’autre pour survivre et, finalement, essayer d’être aimé.»
 

Son rôle dans cette pièce traduite par Jean-Marc Dalpé (qui a conservé le contexte britannique) se situe à l’extrême opposé de celui qu’il campe dans Shake Hands With the Devil. Au début de la pièce, on est dans une chambre d’hôtel de Leeds, en Angleterre, où se rencontrent un journaliste âgé d’une quarantaine d’années et une jeune femme qu’il agresse.
 

Le style évolue dans un hyper réalisme, qui ressemble presque à de la téléréalité. Puis, l’onirisme se met de la partie avec un soldat qui débarque. Le local devient alors international, avec l’esprit de domination guerrière qui foudroie tout lors de l’arrivée d’un soldat (incarné par Paul Ahmarani).
 

«C’est pas facile de porter un personnage semblable. Ian, c’est l’antihéros total, qui vit une descente totale. Je n’essaie pas de le rendre efficace. Pour lui, il n’y a pas d’issue: tu l’as en pleine face.»
 

Cela dit, inclure le nom de Roy Dupuis à une distribution de théâtre risque d’attirer des gens qui n’ont jamais mis les pieds à l’Usine C. «Tant mieux. Ce n’est pas un divertissement, ni une balade en montagnes russes. J’espère que tout le monde va sortir de la pièce avec une plus grande compréhension de qui on est.»


Une  démarche


Roy Dupuis est convaincu que cette violence qui nous est lancée en pleine figure par Sarah Kane n’est pas innée chez l’humain. Il estime plutôt qu’elle découle d’une peur «nourrie par un système favorable à la division pour mieux régner».
 

«Je pense qu’on a les outils nécessaires pour tranquillement basculer vers une société basée sur le partage. On n’a qu’à penser à toutes les ONG environnementales et humanitaires qui poussent. Même la Terre nous demande de changer notre façon de faire.»
 

Ce qui nous amène sur le sujet de son rôle de porte-parole de la Fondation Rivières, un engagement qui découle d’une démarche existentielle. «Je le fais parce que les gens que j’ai rencontrés m’ont appris des choses que j’avais envie de partager», exprime-t-il, en toute sincérité.
 

Roy Dupuis, sans se prononcer sur ses allégeances politiques, exprime son inquiétude à l’endroit d’une société dans laquelle «les gouvernements sont plus concernés par le PIB que par le bien-être de leurs citoyens.»
 

Il préfère les actions aux idéaux. Les résultats qui en découlent lui paraissent plus satisfaisants. «Des idéaux, j’en ai peut-être. Mais mes actions sont nourries par la science, par les données que me transmettent les spécialistes. Quand on réussit à sauver une rivière, je ne le vois pas comme une victoire, mais plutôt comme une démarche. Parce que la rivière appartient à tout le monde.»



2008-03-Blasté-DD



L’affiche  de  la  controverse


«Pour moi, il était clair que je voulais travailler avec Roy et Céline», confie Brigitte Haentjens, une metteure en scène qui, au fil des ans, s’est entourée d’une belle communauté d’acteurs.
La production «Blasté» prend l’affiche dans un contexte bien particulier. Elle arrive au moment même où Sybillines célèbre ses 10 ans. Cet automne, sa directrice Brigitte Haentjens a été récompensée par le prestigieux Prix Siminovitch...
 

... En revanche, la pièce s’est fait une publicité involontaire, lorsque la STM a retiré des stations de métro ses affiches qui montraient des personnages ensanglantés. Certains jugeaient que ces images pouvaient attiser les tendances suicidaires de certains usagers du métro. Des actions qui ont amené Haentjens à prendre sa plume pour exprimer publiquement son indignation contre ce qu’elle qualifie de «forme de censure».
 

«C’était important de dire ce que je pensais sur ce que j’estime être une hypocrisie. Qu’ils choisissent les images qu’ils veulent montrer. Mais dans ce cas, qu’ils établissent la règle et l’appliquent.»
 

Quant à Roy Dupuis, il n’exprime pas vraiment d’opinion sur cette histoire d’affiches. L’acteur semble plutôt absorbé par l’idée que bientôt, il foulera les planches pour la première fois en 14 ans.
 

Et d’ici deux ou trois ans, il compte prendre le large sur les planches de son bateau, avec sa compagne Céline Bonnier.
 

Les deux projettent de partir à la voile faire le tour du monde, pour une période indéterminée. «On ne sait pas quand on va revenir, ça peut être dans cinq, 10 ans. Mais c’est clair qu’il y aura une caméra à bord, pour filmer des histoires ramassées en cours de route», annonce celui qui a senti l’appel de la mer il y a maintenant sept ans.
 

«À voile, t’es forcé d’être constamment à l’écoute. Le mensonge ne survit pas sur un bateau. Ça accélère les relations. Ce voyage vient d’un appel très fort de connaître le monde. Je veux tout toucher, tout savoir sur moi et sur l’autre. Je ne veux pas mourir comme je suis né.»
 

Source:
La Presse
 

 


 

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