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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 17:01

12 avril 2007
  
L'artiste:  grand  prêtre  de  l'écologie?

Par Alexis De Gueldère
 


De plus en plus d'artistes prennent la parole (ou la guitare) lors d'événements destinés à éveiller la conscience environnementale du public. Ces rassemblements font-ils avancer la cause? Et l'artiste, en se prêtant au jeu, déborde-t-il de son rôle?
 

De tous bords tous côtés, l'agenda culturel printanier déborde d'événements à saveur environnementale. Entre le «Jour de la Terre» fin mars et le «Soir de la Terre» à la mi-mai, il y aura l'«Échofête» et son «Cabaret Rupert» au Café-Campus le 18 avril prochain.
 

Il semble qu'une cause n'attende pas l'autre pour que des artistes montent au front et s'en fassent porte-parole. Même le cinéma (An Inconvenient Truth), le théâtre (Trilogie de la Terre, récemment à l'Usine C) et le roman (Le Parfum d'Adam, sorte de thriller écolo de Jean-Christophe Ruffin fraîchement sorti de chez l'imprimeur) se mettent de la partie.
 

ENCORE  LA  RIVIÈRE  RUPERT
 

On croyait la rivière Rupert bétonnée et dérivée, ou du moins en voie de l'être depuis l'inauguration des travaux par Jean Charest au siège social d'Hydro-Québec le 11 janvier dernier.
 

Pourtant, l'Échofête lui consacre son cabaret annuel montréalais. Car ce n'est pas tout le monde qui accepte de perdre du jour au lendemain l'un des derniers grands cours d'eau vierge de la planète. À commencer par une pléiade d'artistes venus prêter main-forte aux organisateurs de la soirée festive.
 

RÔLE  DE  L'ARTISTE
 

Parmi eux, Roy Dupuis, co-président de Fondation Rivières, organisme voué à la défense des cours d'eau. «Le rôle de l'artiste est d'être le porte-voix des sans-voix.» Mais l'exercice est périlleux et le porte-voix s'expose aux critiques. Il y a un an, Alain Dubuc (La Presse) comparait Roy Dupuis aux Brigitte Bardot et Paul McCartney de ce monde.
 

Pourtant, quand Roy Dupuis explique ce qui l'a convaincu de s'investir dans la cause, il ressemble davantage à un scientifique qu'à un artiste. «Avant de devenir acteur, j'étudiais en sciences pures. J'ai gardé cet aspect-là. J'ai besoin de faits avant de m'exprimer sur quelque chose. Les informations que je dévoile dans les médias viennent de spécialistes. Nous, les artistes, sommes approchés pour que la cause ait davantage de chances d'être entendue par les médias. Après, on se rend compte que certains messages ne sont pas bien transmis. Ca devient TA responsabilité. Tu t'impliques ou pas.»
 

«Si on dit d'un artiste qu'il est opportuniste, c'est qu'on n'a rien compris, affirme Francois Cormier, lui-même comédien et metteur en scène, en plus d'être directeur du Salon de l'Environnement. Chez les artistes, l'engagement est fondamental. Je trouve ça plutôt admirable qu'un artiste utilise sa notoriété pour servir une cause. Ce serait beaucoup plus facile de se taire et de rester dans son coin.»
 

Des demandes pour servir des causes, Marc Déry en reçoit trois ou quatre par semaine. Pourquoi a-t-il choisi d'être présent le 18 avril pour le Cabaret Rupert au Café-Campus? «L'eau et les ressources, ce sont des dossiers lourds. Bientôt on va vendre notre eau. Et si ça continue, on va vendre l'air aussi tant qu'à y être! Je me suis informé, j'ai pesé le pour et le contre et je me suis dis que ça avait du sens. J'admire ceux qui consacrent leur quotidien à des causes et c'est ma façon de les aider.»
 

RASSEMBLER  POUR  ÉCHANGER
 

Pour Roy Dupuis, ces soirées dédiées à une cause environnementale représentent une réelle alternative aux canaux de communication traditionnels. «C'est une autre façon de faire entendre un point de vue, de rassembler des gens pour qu'ils puissent en parler ensemble. La base de la Fondation Rivières, c'est ça: distribuer l'information, faire accéder les gens à l'information.»
 

Le Salon de l'Environnement a poussé la logique de l'information et de l'échange à son maximum à sa première édition l'an dernier. Des kiosques de tout acabit, allant de l'Union paysanne à Hydro-Québec, en passant par le Parti Québécois, une coopérative de marionnettes faites d'objets recyclés et le Syndicat de la FTQ s'y sont côtoyés le temps d'un week-end au Vieux-Port.
 

«C'est fascinant de voir qu'il existe des préjugés de tous bords tous côtés, explique le directeur du salon, François Cormier. Les gens de l'industrie ont trouvé ça spécial. Ils rencontraient autre chose que des consommateurs. Ils rencontraient des citoyens qui s'informent et ne limitent plus leur pouvoir au simple droit de vote.»
 

SORTIR  DU  BAC  DE  RECYCLAGE
 

Une question demeure: les fidèles de ces rassemblements écologiques sont-ils toujours les mêmes? Et la sous-question: les causes évoluent-elles ou fonctionne-t-on ici en vase clos?
 

«C'est certain que ces événements s'adressent à des gens convaincus, mais la population se remet beaucoup plus en question qu'il y a dix ou quinze ans, affirme François Cormier. L'environnement devient une question primordiale dans les sondages, au même titre que la santé ou que l'économie. Les gens veulent aller plus loin que leur bac de recyclage.»
 

Roy Dupuis
 est lui aussi certain qu'un changement de mentalité s'opère. Pour preuve, il cite l'exemple de la présence du ministre de l'Environnement aux côtés de Jean Charest à l'inauguration des travaux du projet de dérivation de la rivière Rupert. Du jamais vu. Et il rappelle les manifestations populaires de 2002 (auxquelles étaient associés nombre d'artistes) qui ont pesé suffisamment dans la balance pour que le PQ abandonne 34 projets de mini-centrales privées sur des rivières.
 

«Des événements comme le Cabaret Rupert, expose Marc Déry, c'est à peu près la meilleure façon pour essayer de changer les choses. Mais je ne connais pas la meilleure façon. Je ne réfléchis pas sur quel pourcentage de personnes sera influencé. Je sais qu'ils vont aller voir une soirée et qu'après, ils vont décider par eux-mêmes.»
 

CABARET  POUR  UNE  RIVIÈRE
 

Le Cabaret Rupert de l'Échofête envahit le Café Campus. Pour l'occasion, il rassemble Roy Dupuis, Marc Déry, Yann Perreau, les Zapartistes, Plaster, Vander et bien d'autres pour une soirée festive. Des chefs Cris prendront également la parole, et une dégustation de l'eau de la rivière Rupert est au programme. Le dénominateur commun à tous ces gens est leur désaccord face au projet de dérivation de la rivière Rupert.
 

Cette rivière aux dimensions de fleuve coule sur plus de 500 km (d'est en ouest) entre le lac Mistassini et la baie James. Les travaux ont officiellement débuté le 11 janvier dernier. Au terme de ceux-ci, 75 % du débit de la Rupert sera détourné vers le nord, à 350 km de son cours naturel, jusqu'aux centrales de la rivière La Grande.
 

Hydro-Québec décrit ce chantier comme le «projet de la décennie». Il est prévu que la puissance additionnelle ajoutée au réseau soit de 888 mégawatts et de 8,5 térawattheures annuellement.
 

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