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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 11:13


3 octobre 2003
 

Roy  Dupuis  met  sur  pied  une  fondation  qui  soutiendra  financièrement  et  techniquement  les  citoyens  impliqués  dans  la  protection  des  cours  d’eau.
 

Par Louis-Gilles Francoeur 



Le débat énergétique, les promoteurs de petites centrales, les développeurs de condos sur les rives, les pollueurs et les gouvernements devront désormais tenir compte d’un nouvel acteur, au propre et au figuré, dans les dossiers portant sur les cours d’eau: Roy Dupuis, le comédien québécois de réputation internationale, vient en effet de mettre sur pied la Fondation Rivières, qui entend devenir aussi bien un chien de garde des cours d’eau qu’un rempart financier et technique pour les citoyens qui s’impliqueront dans la protection des rivières.


Roy Dupuis
 n’est pas seulement le vice-président de la fondation. C’est en effet lui qui en a suggéré la création, lorsque, l’an dernier, le réalisateur du film Rivières d’argent, Michel Gauthier, s’est retrouvé à sec pour compléter la tournée de présentation de son film, réclamé aux quatre coins du Québec. Michel Gauthier se retrouve aujourd’hui à la présidence de cette fondation dont le secrétaire est Alain Saladzius, fondateur du mouvement «Adoptez une rivière». Cette année, Alain Saladzius a reçu trois prix prestigieux en environnement. Le conseil de la fondation regroupe par ailleurs le réalisateur Frédéric Back, l’auteur-interprète innu Florent Vollant ainsi que Pierre Gaudreault, d’Aventure Ecotourisme Québec.


La coalition Eau-Secours, qui a contribué à la naissance d’
«Adoptez une rivière», a chaleureusement accueilli hier ce nouveau groupe qui cible la protection des cours d’eau et de leurs écosystèmes «en même temps qu’il ouvre un débat sur nos choix énergétiques» avec de nouvelles perspectives.


La nouvelle fondation, formellement créée en novembre dernier, a réuni près de 80.000$ en quelques mois pour ses activités et le soutien de groupes de citoyens engagés dans la protection de leurs cours d’eau. Elle se promet d’aller chercher plus de un million de dollars par année – «Deux!,» lance avec conviction
Michel Gauthier – pour financer ses activités d’éducation et de sensibilisation, qui visent à renverser le discours dominant des emplois générés, dont on souligne peu le caractère temporaire et le vide déstructurant qui s’ensuit parfois sur le plan économique. Les gestionnaires de la fondation sont d’autant plus optimistes que Roy Dupuis a acquis une solide expérience dans les campagnes de financement.
 

La
Fondation Rivières
, a expliqué Roy Dupuis en entrevue au Devoir«n’est pas un organe de combat mais un outil d’information»une sorte d’outil d’intervention sociale. 
«C'est un choix important que de vouloir s'engager à sauver des rivières et aussi la beauté du monde», a déclaré Roy Dupuis en ouverture de sa conférence de presse. «La fondation, au fond, veut donner une voix aux rivières et à ceux qui veulent les aider.»


«À partir du moment où il y a guerre, il y a des perdants qui cherchent revanche. Il faut plutôt de vrais débats d'idées, qui vont au fond des choses, qui permettent à tous d'avoir accès à toute l'information sur un dossier. Ainsi, on peut espérer que les promoteurs, autant que le reste de la société, vont évoluer vers autre chose, vers une meilleure vision de l'avenir. Il faut par exemple démontrer qu'il y a d'autres solutions lorsque des gens présentent la leur comme unique. La fondation, en ce sens, est un outil, un moyen d'intervention qui mettra ses moyens à la disposition des citoyens et des groupes qui veulent faire les débats en profondeur»
,
 a poursuivi le comédien.


«Chaque fois qu’on peut intervenir sur une rivière
, dit Roy Dupuisil faut se demander si cette rivière-là, on peut la sauver, s’il y a des voies alternatives, si on les a toutes examinées, parce que, souvent, la logique des finances et le souci de rentabilité obligent à faire vite. Trop vite. Les rivières sont trop importantes pour qu’on fasse des choix précipités.»


De son côté,
Alain Saladzius a lancé un message au gouvernement Charest: «Le Parti libéral a promis un débat sur l'énergie durant les élections. Avant d'aller plus loin, c'est-à-dire avant de lancer la vingtaine de projets en préparation chez Hydro-Québec et aussi ceux qu'on voit poindre dans le secteur privé avec les petites centrales, comme l'annonçait la manchette du Devoir, il faut faire ce débat. Pas après. Il n'y a pas d'urgence maintenant, et le gouvernement doit commencer, dans un souci de transparence, par rendre publics tous les contrats secrets, sans exception, qui lient des promoteurs à Hydro-Québec.»


Alain Saladzius
indique d'autre part que le public a le droit de savoir ce que valent les contrats entre les promoteurs et les MRC, des «partenariats qui ne sont pas très équitables quand 90 % des profits sont empochés par les promoteurs privés ou lorsque les MRC refusent de lever le voile sur leurs tractations avec les développeurs».


La
Fondation Rivières
 se donne plusieurs vocations en plus de vouloir épauler les citoyens. À court terme, elle entend d'abord produire un guide des chutes et des rivières du Québec pour les faire connaître et ensuite appuyer les projets de mise en valeur que certains voudraient préparer en vue d'une exploitation durable. La Fondation Rivières n'hésitera pas à s'impliquer pour préserver le caractère patrimonial de certains sites, soit financièrement, soit en agissant comme relais avec les services gouvernementaux en cause ou, à la limite, par des «acquisitions».


Sur le plan juridique, la Fondation Rivières interviendra pour faire respecter les lois, y compris par les ministères publics si ceux-ci ne font pas respecter leurs propres règles du jeu. Des collaborateurs, militants et chercheurs, seront aussi mobilisés pour monter des dossiers d'information et les diffuser dans le réseau de la fondation et dans les médias.


La
Fondation Rivières
 s'intéressera tout particulièrement aux barrages privés et publics, ce qu'elle a commencé à faire en s'alliant, par exemple, à Révérence Rupert, un groupe écologiste de Blancs et de Cris qui contestent le détournement de cette rivière nordique même si celui-ci a été entériné en principe par la nation crie. Elle s'intéressera aussi aux dossiers de pollution industrielle, agricole et municipale, à l'érosion et à la pollution diffuse.


La problématique des remblais et le déboisement, qui s'accompagne souvent d'une privatisation des rives, figurent aussi parmi ses priorités, comme l'indique sa récente implication dans le dossier du boisé du Tremblay, à Longueuil.
 

Source:
2003-10-03-FR



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Published by Michèle - dans Roy Dupuis et la Fondation Rivières

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