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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 12:30


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Quand  l'étrange  revient  en  force

 


2006-tbs-decor

 


Cesserai-je un jour d'écrire sur Roy Dupuis? Après une trève de quelques années durant lesquelles, à chaque nouveau film, mes émotions restèrent confinées au domaine du plaisir de la découverte, de la fébrilité et de l'admiration, voilà que, brusquement, Roy vient de me replonger dans la tourmente. Et tandis que le tapage politico-médiatico-commercial autour du film «Shake Hands with the Devil» (J'ai serré la main du diable) bat son plein, voilà que le grand public risque de passer à côté d'un petit chef-d'oeuvre, presque passé sous silence...



... Alors que, depuis «La Femme Nikita», jamais plus Roy Dupuis n'avait aussi bien trouvé sa place qu'au milieu de cet univers sauvage, obscur et mystérieux sur lequel il règne en maître. Tout comme, depuis «Séraphin - Un Homme et son Péché» (2002), il ne nous avait plus servi une tendre, tumultueuse ou dramatique histoire d'amour. Alors enfin, en voilà une! Aussi magique que tragique, aussi intense que délicate, aussi sombre qu'éclatante de beauté: une histoire d'amour à la fois romanesque et surréaliste qui, dans l'histoire du cinéma, aurait pu passer quasi inaperçue... si elle n'avait pour toile de fond une nature ancestrale aux paysages à couper le souffle.

 


2006-tbs-montage1

 


Traditions amérindiennes, rituels magiques, lieux et objets sacrés, élévation vers un niveau de conscience supérieur font partie des ingrédients de ce superbe film qui doit mener Catherine (Jane McGregor), une jeune archéologue atteinte depuis son enfance d'une maladie incurable - sur le chemin de la guérison. Une guérison miraculeuse, certes, mais qui, sans que «la patiente» s'en rende réellement compte, devra passer par l'eau, l'amour... et le sacrifice d'une vie.



«That Beautiful Somewhere» (Un ailleurs magnifique) narre la rencontre d'un corps et d'une âme en profonde souffrance. Le premier est en proie à des douleurs devenues insupportables. La seconde est, d'une part, hantée par d'insoutenables souvenirs de guerre et, d'autre part, rongée par une cruelle décision à prendre: celle de mettre un terme au calvaire d'une mère qui n'est plus reliée à la vie que par un respirateur artificiel. Autant de maux qu'aucune médecine au monde ne peut plus soigner...



Souligner combien Roy est ici dans son élément semble presque superflu. On y retrouve un Michael («Nikita») aux traits plus rudes, fortement éprouvé par la vie et devenu légèrement plus «pénétrable» qui nous jette à nouveau l'immensité de son talent en pleine figure: une puissance qui implose, une profondeur qui explose, une supériorité qui, plus que jamais, s'impose. Même emprise, même frisson et même scénario que pour «Nikita»: on s'arrête de respirer pour l'écouter et ne pas perdre une bribe de ses précieuses paroles; on reste rivé à son visage pour capter la moindre expression et lueur de son regard, la moindre esquisse d'un sourire, le moindre signal d'humanité ou de tendresse... Et surtout, on sent à nouveau cette chape protectrice et apaisante - qu'inmanquablement sa seule présence dégage -, nous recouvrir...



"Tu devras me faire confiance" déclare-t-il à Catherine alors qu'il s'apprête à la noyer... Une phrase que nous connaissons bien! Jusqu'à quel point peut-on lui faire confiance? Tout comme dans «Nikita», prêt à tout pour sauver sa belle, jusqu'au seuil de la mort.



Imbattable dans l'art de transposer le «permafrost» humain à l'écran (états d'âme, pensées et arrière-pensées, sentiments refoulés, souvenirs douloureux, blessures secrètes ou peines ensevelies), Roy n'a pas son pareil pour incarner l'étrange sous toutes ses formes. Inutile de dire que, replacé dans son cadre naturel, il devient phénoménal; que dans un décor et un contexte diamétralement opposés à la Section One - aux confins de l'infini, entre lacs, forêts, terres marécageuses et neiges à perte de vue - il ne pouvait qu'atteindre son paroxysme.



Car, avec «That Beautiful Somewhere», on assiste au retour d'un genre de personnage qu'on a tous adoré: l'homme taciturne au fond tourmenté et à la forme rassurante. Retour de cette façon unique de vous transpercer du regard sans vous voir, de vous écouter sans vous entendre, de vous étudier sans vous donner d'importance, de vous caresser sans vous toucher, de vous aimer sans jamais vous le dire... Ou d'en être encore réellement capable... Même retenue dans sa relation amoureuse, même mélange d'assurance et de nonchalance dans sa démarche, même calme qu'il ne perd qu'en de rarissimes occasions.



Retour fracassant du Roy grave et responsable qui prend en main le destin des autres. Retour de cette voix à la fois ferme et suave, de ce mélange écrasant de force et de douceur, de solidité et de sensibilité; retour de cet homme inaccessible à la fois tout près et si loin de vous qui semble pouvoir tout prendre et tout donner. Même sa vie.



Retour d'un Michael plus vieux de dix ans qui, malgré l'usure de la vie, tel un manoir enchanté convie toujours son monde à se replier dans une de ses ailes. Imaginez maintenant le tout s'incrustant dans un tableau au paysage hivernal d'une pureté quasi surnaturelle, là où drame et spiritualité se confondent, et vous aurez déjà respiré un peu de l'atmosphère du film!



Un film troublant et émouvant aux images spectaculaires où réalité et mysticisme voyagent en parallèle, où la frénésie des temps modernes a lâché prise; où, entre voies ferrées, sapins et marais enneigés, il ne manque que la luge pour se laisser transporter. Mais surtout où, entre eaux troubles et eaux limpides, Roy Dupuis nage comme un poisson dans l'eau!



Un film - entièrement tourné à North Bay (Ontario/Canada) - qui met l'accent sur la nécessité d'un retour aux sources, d'une communication plus directe avec la nature et d'une relation plus sacrée avec l'eau, cet or bleu dont le pouvoir de vie et de mort nous a, hélas, trop longtemps échappé.



Bref, pour reprendre la formule de cette excellente radio belge,



That  Beautiful  Somewhere  «arrête  le  temps  et  vous  l'offre».



Roy Dupuis? Une valeur sûre et un acteur accompli auquel on ne peut que s'abandonner. Beau et grandiose comme toujours. L'extase continue...



Jane McGregor? Un petit bijou de femme. Magnifique de force, de fragilité et de mélancolie, parfaite dans un rôle aussi lourd à porter pour son jeune âge. Digne d'une partenaire de Roy Dupuis.

 


2006-tbs-montage2



Texte © Michèle Brunel




 

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Published by Michèle - dans That Beautiful Somewhere

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