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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 15:11


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21 octobre 1995


Le  retour  de  l'enfant  prodige


Par Sylvain Blanchard 




La télé, avec la série sur les jumelles Dionne, et le cinéma, avec la sortie de 
Aire libre et de Screamers, font à nouveau toute la place à Roy Dupuis.
 

Quand il était petit, Roy Dupuis eut l'idée un après-midi de réunir ses camarades non loin de la maison où il habitait, à Amos, en Abitibi. C'était l'été et il les avait tous amenés dans le bois pour leur montrer un arbre, très grand, sur lequel, tout en haut, il rêvait de construire «une grosse cabane». Les yeux brillants, le petit Roy expliquait son plan en gesticulant dans tous les sens, piaffant d'impatience à l'idée de se retrouver là-haut avec le marteau de son père. «Es-tu malade, Roy, maudit, c'est ben trop haut, on va se tuer. Oublie ça...» On l'a donc planté là. Et il l'a bâtie tout seul, sa cabane.
 

Il en a été de même avec sa vie. Roy Dupuis, qui porte le même nom que son père né le jour de la Fête des Rois, a aujourd'hui 32 ans et s'apprête à nouveau, dans quelques semaines sinon quelques mois, à réunir ses amis pour leur parler d'un autre de ses projets, au Pérou celui-là: escalader le Mont Coropuna - 6600 mètres d'altitude, à peine 2000 de moins que l'Everest! Cette fois, avant même d'ouvrir la bouche, il connaît la réponse, mais il va demander quand même, juste pour l'entendre une autre fois: «Roy, merde, es-tu viré fou?»


«Je me retrouve souvent tout seul quand je veux faire quelque chose, lance-t-il par dessus la fumée de sa cigarette. C'était comme ça quand j'étais petit, c'est encore comme ça aujourd'hui. Je suis exigeant envers moi-même et suis très dur envers ceux qui recherchent continuellement la facilité.»
 

Choisir  le  rêve
 

Lui qui avait l'habitude d'écumer les bars et de partir trois jours sur la go en s'arrêtant au Rose Bowl pour y jouer une partie de quilles, a passé l'été à voyager, à jouer au golf et à regarder le canal D, fasciné notamment par les reportages... sur les requins.
 

Actuellement, Junior prépare la sortie de deux films dans lesquels il est en vedette - Aire Libre, une coproduction avec le Venezuela, le Québec et la France, et Screamers, un film de science-fiction canado-américain qui raconte l'histoire de deux clans en guerre pour le contrôle de l'exploitation minière sur une lointaine planète. «Je viens de le voir, c'est bon.»
 

Pour le reste, Roy attend. Il attend, dit-il, que le monde se remette à rêver. Pourtant, les scénarios pleuvent sur le bureau de son agent. «Je fais des choix, dit-il. Ma carrière m'a apporté des joies et des bons moments, mais encore rien dont je sois entièrement satisfait. Parmi tout ce qu'on me propose actuellement, absolument rien ne me jette à terre. À 32 ans, j'ai envie de travailler avec quelqu'un qui rêve et qui a envie d'explorer son imaginaire avec audace. J'ai besoin d'aller voir ailleurs, de sentir autre chose, de goûter autre chose. J'en ai assez du réalisme. Ça ne mène nulle part.»
 

Pierre Houle, un des réalisateurs de Scoop, dit qu'il a joué le rôle du journaliste Michel Gagné «sur le pilote automatique», que l'absence de défi lui a parfois fait trouver le temps long sur le plateau. Lui n'a rien à redire. «Que le public apprenne à connaître l'univers des médias et des journalistes grâce à Scoop, tant mieux, mais moi comme acteur ça ne me suffit pas, ça ne me suffit plus. J'ai le goût de jouer quelque chose qui n'a encore jamais été joué. Les gens ne rêvent plus, c'est très grave.»
 

Des rêves, il en a, lui. Un surtout. «Je veux imaginer, écrire, réaliser et jouer dans mon propre film.» Il veut monter le projet de A à Z, sentir ce que c'est que de plonger dans le vide et risquer sa réputation. Il ignore encore ce qu'il fera ou ce qu'il dira exactement, mais chose certaine, dit-il, «ce sera original, ce sera neuf.»
 

Roy Dupuis s'est construit lui-même en ne se fiant qu'à une chose: son instinct. Si certains ont tendance à intellectualiser leur rôle, lui, c'est en fouillant dans son existence qu'il insuffle à ses personnages l'intensité animale et la justesse d'expression qui ont fait de lui le comédien le plus en vue de sa génération. «Quand il s'amène sur un plateau, il arrive avec son coffre d'outils, dit le réalisateur Jean Beaudin. Et crois-moi, son coffre, il est plein à craquer.»
 

Autre  chose
 

Beaudin, qui le connaît bien pour avoir tourné trois ans avec lui Les Filles de Caleb, et Pierre Houle, qui l'a côtoyé sur le plateau de Scoop, constatent que la gloire et le succès n'ont pas encore réussi à le changer, qu'il demeure cet être secret et solitaire pour qui communiquer restera toujours moins intéressant que faire des choses. «Je n'ai rien à apprendre, j'ai des choses à faire, c'est ce que j'ai toujours dit.» «Et il veut tout faire, tout essayer», ajoute son ami Jean L'Italien, avec lequel il a fait les 400 coups.


Il a beau être l'une des plus grandes stars du Québec, aimer passionnément son métier, Roy Dupuis croit malgré tout de plus en plus qu'il est en train de passer à côté de sa vie, que quoi qu'il fasse et quoi qu'il arrive, il s'enfonce dans la mauvaise direction.
 

«On est tous en train de manquer le bateau: moi, toi, tout le monde. J'ai l'impression - même si c'est très difficile à expliquer parce que c'est encore abstrait dans ma tête - qu'il y a quelque chose de très important à comprendre et à faire ici, mais que ça nous échappe complètement. C'est un sentiment très fort que j'ai, l'impression que la vie c'est autre chose. Quoi au juste? Je l'ignore. J'aimerais rencontrer Dieu pour lui demander!»
 

Depuis que Ovila Pronovost lui a valu l'admiration quasi hystérique des trois quarts de la gent féminine québécoise, on a dit et répété qu'il aimait se défoncer, qu'il buvait beaucoup, et que sa belle gueule, son talent et son jeu rappelaient peut-être le grand Brando, mais que ses virées, elles, montraient à quel point on avait plutôt affaire à un monument d'irresponsabilité. Lui qui a pourtant l'habitude de clouer le bec des frustrés et des jaloux, hausse les épaules. Et vide son sac.


«J'ai arrêté de boire en janvier. Complètement. J'aime encore fêter, mais les excès et la démesure ont fini par me rendre malheureux. Je suis une thérapie aussi. Depuis deux ans. Quand je peux, j'y vais deux fois par semaine. C'est là que je fais mes plus beaux voyages et que je constate jusqu'à quel point mon cerveau a oublié des choses.»
 

«C'est un homme profondément blessé, croit Jean Beaudin. Il en a bavé, plus jeune, j'en suis persuadé. Cette profondeur qu'il a à l'écran, ce regard troublé et troublant, ce n'est pas du jeu, c'est son âme.» Jamais n'a-t-il osé aborder directement le sujet avec lui. «Par respect, dit-il, mais aussi parce que je sais qu'il faut travailler fort pour faire parler ce gars-là.»


«Quelque chose le brûle en dedans, c'est évident, ajoute Pierre Houle. Mais ses batailles, lui seul les connaît.» Roy Dupuis, lui, dit qu'il n'est pas encore prêt à parler de ça, qu'il commence à peine à discuter de la question avec ses proches, mais il le fait quand même. En mesurant ses mots.


«Disons que j'ai des insatisfactions profondes par rapport au modèle que j'ai eu, enfant, et que cela a créé un vide qui n'a cessé de grandir et de me faire mal au fur et à mesure que j'ai pris conscience de ce qui était arrivé.»
 

Il se limitera à dire que sa mère et lui ont quitté le paternel quand il avait 14 ans, «sans l'avertir» («On serait encore là sinon»), qu'il ne l'a guère revu depuis, mais que «tranquillement on essaie de se rapprocher pour recréer des liens.»


«Ce qui compte pour moi actuellement, c'est de continuer à maintenir cet équilibre entre mes pulsions et la discipline que je tente de m'imposer pour affronter la réalité sans m'engourdir.»
 

Une décision inspirée en partie par l'amour qui colore maintenant sa vie, au grand plaisir de son ami, Jean L'Italien, qui ne l'a «jamais vu dans un état pareil». «Il n'a plus cet instinct de mort qui caractérisait si souvent son comportement auparavant, observe-t-il. Ça reste une bombe et un hypersensible, mais l'amour l'a calmé. Je pense aussi qu'il a beaucoup moins de choses à prouver.»
 

«Faux! réplique Roy, l'oeil foudroyant. J'ai encore plein de choses à me prouver à moi! Vrai, par contre, que je me sens un peu mieux dans ma peau.»


Pas encore un homme heureux, dit-il, mais «heureux de plus en plus souvent.»
 


Source:
Archives Le Devoir - www.ledevoir.com 
 

 


 

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30 septembre 1995


Roy  Dupuis:  «J'ai  fait  de  la  montagne»


Par Christianne Chaillé

 

1995/09 - Roy Dupuis: ses dernières vacances

 

 

Cet  article  fait  partie  d'une  collection papier privée de 642  pages  de  journaux  &  magazines  (1990-2016)  qui  est

actuellement  EN VENTE SUR E-BAY.


 

Ci-dessous, un petit aperçu de ce qu'elle contient:

 

 
 

Source:
Article Magazine 7 Jours du 30 septembre 1995

 

 

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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 20:20


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Octobre 1994


ROY  DUPUIS  NATURE


Par Ann Bois 




À peine met-il les pieds dans l'industrie du showbiz québécois que Roy Dupuis roule sa bosse d'acteur à un rythme effréné. Entre deux prises, il prend quand même le temps de réfléchir sur son métier. Voici ses propos.


Caprices de la technologie moderne et bénédiction des dieux, il aura fallu deux entrevues pour parvenir à fixer la voix de Roy Dupuis sur bande magnétique. Deux délectables rencontres pour le regarder bouger quand la caméra n'est pas là pour traquer ses moindres gestes, et l'entendre parler sans le support d'un scénario.


Une liste de questions corsées sous le bras - histoire de me blinder contre son silence légendaire -, il me faudra bientôt admettre que la première rencontre s'est soldée par une consécution de jolies surprises. À commencer par ce premier contact à la cafétéria improvisée des studios de la Cité du Havre, lieu du tournage de la minisérie Million Dollar Babies. À peine entrée dans la pièce, je l'aperçois au fond de la salle, abandonnant un appétissant homard-mayonnaise, sans se départir de son franc sourire qui laissait présager que tout irait pour le mieux. Puis, me dirigeant poliment vers sa loge, il me souffle gentiment: «Ça va être plus facile pour parler».


Une fois le verbiage de circonstance terminé, voire un commentaire sur l'agréable sillage que laissait traîner son Escape dans les corridors de la Cité, on plonge tout de go dans le vif du sujet. Son rapport au métier d'acteur, sa méthode de travail, son point de vue sur les personnages qu'il incarne, question d'aller au-delà de sa belle gueule et de comprendre de quoi se constitue le mythe.


Derrière ce regard perçant qui a séduit toutes les femmes du Québec, rivées qu'elles étaient au petit écran pour l'admirer sous les traits d'Ovila (Les filles de Caleb), d'Alex (Cap Tourmente) et de Michel Gagné (Scoop I, II et III), puis au grand écran, sous ceux d'Yves (Being at Home with Claude), une des prestations les plus troublantes de sa carrière; derrière ces yeux émeraude, se cache un homme d'une simplicité désarmante. Secret de Polichinelle, Roy Dupuis est un introverti à qui les mots ne servent à rien. Chez lui, tout se joue sur le plan de la pulsion instinctive qui commande des gestes précis. Dire de lui que c'est la passion à l'état brut serait tomber dans des lieux communs.


Trêve de mutisme, Roy Dupuis se sera tout de même montré étonnamment charmant durant nos rencontres. Il aura présenté une façade peu connue: celle d'un homme mûr depuis peu et qui éprouve un plaisir certain à pratiquer la courtoisie.


Élevé au statut de vedette presque du jour au lendemain sans vraiment avoir eu le temps de prendre une distance critique face à ce qui lui arrivait, Dupuis avoue qu' «au début, ç'a été tough». La trentaine amorcée depuis deux ans, voilà que l'heure des remises en question a déjà sonné.


«En fait, ça ne fait pas longtemps que j'ai réellement choisi d'être acteur. Je suis entré par hasard à l'École Nationale et par hasard dans le métier. Puis tout a déboulé très vite pour moi. Un contrat n'attendait pas l'autre. J'aimais ça. Mais il y avait des aspects que j'aimais pas mal moins, comme la production, les entrevues. Je n'ai jamais vraiment eu le temps de m'arrêter! Mais je suppose que si je m'étais arrêté, je me serais ennuyé.»



La  vraie  nature  d'un  acteur


Roy Dupuis est la métaphore vivante de son coin de pays, Amos – «la mamelle gelée», comme il se complaît à l'appeler. Il est le produit d'un climat hostile et d'une nature imposante, qui n'a de cesse de vous rappeler que devant la force des éléments vous n'êtes rien du tout. Il respire l'aridité d'étés trop courts, en dépit desquels la vie s'acharne à poursuivre sa course, et la poésie de la glace qui s'obstine à ne pas céder à un soleil d'ailleurs trop avare. Dents blanches comme un givre de février, peau matée par le vent qui le fouette lorsqu'il circule en Harley, Roy Dupuis se veut avant tout un gars de nature. «Pour moi, les vrais moments de liberté, c'est quand je roule en moto; quand je voyage. J'aime la forêt, mais aussi la mer, les plages de roches, les plages sauvages où personnes ne veut aller.»


Autre forme de liberté, la lecture: «C'est l'école qui m'a ouvert à la lecture; je trouve ça génial de me perdre dans un livre». Son auteur de prédilection? Le regard s'allume, l'adrénaline fuse à la seule évocation du nom: «J'ai lu tout Dostoïevski. C'est un auteur que j'aime profondément; j'admire sa façon de décrire le comportement humain.»


La réaction est simple, nette, dénuée de tout commentaire superflu. Économie du verbe, mépris de la complaisance, Roy Dupuis n'est pas du genre à s'écouter parler. Préférant à l'insolence de la parole l'audace du regard, il ponctue son discours de coups de rétine qui viennent appuyer ses propos. Avis aux intéressées: sans la complicité du regard, aucun contact n'est possible avec lui.


Pris  entre  deux  prises


Prise deux, fin fond de sa roulotte située rue Greene, en plein décor de Scoop III. Cette journée-là, Roy est un peu moins en forme. Il a la bougeotte et ne tient pas en place deux secondes. On dirait Michel Gagné. Il y a pourtant 24 heures à peine que s'est terminé le tournage de Million Dollar Babies, encore moins longtemps que s'est terminé le wrap party. Pourtant, il a répondu au call de la maquilleuse qui le voulait sur le plateau à cinq heures du mat. Mais pas question de bougonner pour autant, pas question de jouer les vedettes hyper sollicitées.


Et le défi de quitter un personnage pour en réintégrer un autre? «C'est pas trop compliqué, Scoop, ça fait quand même trois ans que je le fais. C’est pas si dur que ça. Mais il faut quand même dire que quand j'endosse un personnage à titre d'acteur, je plonge avec.»


Ces propos nous mènent à Oliva Dionne, le personnage qu'interprète Roy Dupuis dans Million Dollar Babies, la minisérie produite par Bernard Zukerman et Productions CINAR pour le compte des réseaux CBC et CBS. Le film raconte l'histoire tragique des quintuplées Dionne, autour de qui s'est constituée une industrie touristique de plus de 500 millions de $ CAN, situation tragique dont elles n'ont gardé que d'amers souvenirs.


Le film commence en 1934, avec la naissance des quintuplées. Le père Dionne - qu'interprète Dupuis - est un pauvre agriculteur qui essaie tant bien que mal de subvenir aux besoins de sa famille, dans un petit village reculé du nord de l'Ontario. Déconcerté par l'arrivée de quintuplées (il est déjà père de cinq enfants), il serait prêt à accepter le support financier des Américains à la grande indignation des médias de l'époque qui s'empressent de le dépeindre comme un père indigne.


«En fait, il était une victime dans cette histoire-là, comme la majorité des gens autour, d'ailleurs. Ils ont subi ce qui leur arrivait. "Popa Dionne" était un bon père qui faisait ce qu'il pouvait pour élever sa famille. Quand les Américains lui ont demandé d'emmener ses enfants à Chicago pour les montrer dans une grande foire, il est quand même allé consulter le curé... et le curé lui a dit que tout était parfait.» 


L'histoire des soeurs Dionne, avec tous ses rebondissements révoltants, tous ses scabreux détails, rappelle d'une certaine façon celle des enfants de Duplessis; «ce sont les vraies victimes de cette histoire-là».


Le  blues  d'un  acteur


Marina Orsini confiait à Clin d'oeil, il y a déjà un moment, que Roy Dupuis était l'acteur le plus intègre qu'elle connaissait; celui dont elle admirait le plus la technique. À son sens, il n'y avait que Robert de Niro à qui on pouvait daigner le comparer. Accueillant la comparaison avec indifférence, Dupuis préfère laisser entendre qu'il travaille beaucoup et qu'il essaie de se faire confiance, surtout lorsqu'il doit puiser une émotion au fond de lui-même, cela en dépit du fait que, dans la vraie vie, l'assurance n'est pas toujours de la partie.
 

«Et puis, en tournage, j'essaie de ne pas tout placer du premier coup, de me ménager pour la bonne prise. Je ne sais pas si c'est du method acting (technique mise au point par le Actor's Studio de New York); il faudrait que quelqu'un me regarde aller, puis me dise: "O.K., dans ce genre de scène-là, tu travailles comme ça, dans l'autre genre, tu travailles comme ça." En fait, tout ce que je veux c'est créer une ambiance et trouver un ton sobre; un ton juste.»


«Dernièrement encore, dans Million Dollar Babies, j'ai travaillé avec des enfants extraordinaires! Et ça m'a vraiment remis en contact avec l'essentiel du métier: les échanges humains, tout le plaisir qu'on peut avoir à être ensemble sur un plateau. Ouais... Le fun... Durant le tournage de Million Dollar Babies, je me suis rappelé que c'est pour le fun que je fais ce métier-là. Sans fun, il n'y a pas de vie possible!».


En l'écoutant parler avec autant de ferveur, je ne peux faire autrement que de me reporter à Pierre-Paul, rôle qu'il défend avec brio dans C'était le 12 du 12 et Chili avait les blues. Une prestation sans faille qui nous présente un Roy rasé de près, soigné, et d'une beauté foudroyante. «Dans ce film-là, Roy est plus beau que jamais!», clame une Lucie Laurier qui, en plus de détenir le rôle-titre, est fière comme jamais de revenir au grand écran pour le partager avec l'acteur le plus désirable du Québec! Après trois rudes semaines de répétitions, Lucie Laurier avoue que le travail a été très dur. «Parce que c'est un travail sur moi qu'il a fallu faire. Mais Roy me mettait en confiance; il m'aidait à trouver les émotions nécessaires.»


Réalisé par Charles Binamé d'après le brillant scénario de José Fréchette - dont le premier roman Le père de Lisa, publié en 1987, a connu un franc succès - Chili, tel qu'on nomme le film dans l'industrie, a été tourné presque exclusivement en gros plans. Film d'une grande finesse, il a demandé de la part des acteurs une grande présence, une précision de jeu qui laisse peu de place aux erreurs de registre. Et le défi a été relevé! En plus d'une performance brillante livrée par Lucie Laurier, la prestation de Roy Dupuis séduit follement. Pierre-Paul, poète à sa façon, vend des aspirateurs et rêve à un monde meilleur.


Coincé dans une gare bondée, paralysée par une tempête de neige, il surprend une jeune fille dans les toilettes, un pistolet dans la bouche. Il en éprouve un choc, suivi d'un sentiment de révolte contre l'indifférence des voyageurs et du personnel de la gare qui ne croit pas à son histoire de jeune fille suicidaire... Chili? Qui sait? Seule certitude, c'est que les trois heures passées avec la collégienne - trois heures pendant lesquelles Pierre-Paul et la jeune séductrice se parlent, se poursuivent, se touchent et finissent par s'aimer - constitueront sans doute la plus jolie rencontre de leur vie.


«Il y en a qui disent que le cinéma est la dernière grande découverte; celle qui a le plus changé l'humanité. Parce que le cinéma a donné à l'homme la possibilité de se voir tel qu'il est, de capter des moments de réalité. Ça a changé beaucoup de choses, parce qu'on ne peut plus se percevoir de la même façon quand on a vu ce qu'on est vraiment.»  (Silence)


À ce moment, on arrête la bobine, car rien de plus beau ne sortira de cette entrevue; j'aurais eu envie de répliquer que les entrevues réussies sont comme le bon cinéma: qu'elles nous offrent, dans des moments comme ceux-là, des êtres dans tout ce qu'ils sont de plus vrai, et par conséquent de plus beau. Mais à en juger par le regard qu'il m'a laissé poser sur lui, à l'instant où j'arrêtais mon appareil, Roy Dupuis m'a fait comprendre que ça aurait été redondant...
 


Source:
Article Magazine Clin d'œil N° 172 



 

 

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17 septembre 1994
 

ROY  DUPUIS
Un  grand  retour  au  cinéma

En  vedette  dans  «C’était  le  12  du  12  et  Chili  avait  les  blues»

 

Par Lyne Rouillé  

 
1994/09 - La fureur de vivre de Roy Dupuis
1994/09 - La fureur de vivre de Roy Dupuis


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Source:
Article Magazine Le Lundi 




 


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3 septembre 1994


Roy  Dupuis
«TOMBER  EN  AMOUR,  C’EST  UN  BEAU  CADEAU»
 
Par Christianne Chaillé

 
1994/09 - Roy Dupuis: j'ai de grands moments de bonheur

En exclusivité dans 7 Jours, des images du nouveau film de Charles Binamé et une entrevue avec celui qui incarne le personnage principal, Roy Dupuis
 
 


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Source:
Article Magazine 7 Jours 




 


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Novembre 1993
 
Les  hommes  qu'on  aime
Roy  Dupuis  -  La  belle  bête

      
Par Myriam Gagnon


 

1993/11 - Roy Dupuis, la belle bête
1993/11 - Roy Dupuis, la belle bête


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Source:
Article Magazine Elle Québec N° 51 / Novembre 1993





 


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9 octobre 1993


Roy  Dupuis
«C'était  de  belles  retrouvailles»



Par Pierre Plante 



1993-10-7JRoy Dupuis a été l’un des premiers à se réjouir de la reconnaissance de la qualité de la télésérie Scoop à la 8e édition du Gala des Prix Gémeaux, où il a vu ses collègues de travail Francine Ruel et Rémy Girard être couronnés pour leurs rôles, et les auteurs, Fabienne Larouche et Réjean Tremblay remporter le prix des meilleurs auteurs pour une série dramatique. Au terme du gala, il nous a dit sa fierté de faire partie de la prestigieuse équipe de cette télésérie. Il a également été question de la télésérie Blanche, dans laquelle il donne une fois de plus vie au personnage d’Ovila Pronovost.

 

 
Roy Dupuis, comment réagissez-vous face à cette triple victoire des artisans de la télésérie Scoop?
J’en suis sincèrement très fier. Ces récompenses sont pleinement méritées. Je suis très heureux pour Rémy et Francine, tout comme pour Fabienne Larouche et Réjean Tremblay, qui font de l’excellent travail. Personnellement, je suis honoré de faire partie de l’équipe de Scoop. C’est vraiment une série d’actualité, et Dieu sait que les séries du genre sont rares... J’ai beaucoup de plaisir à incarner le personnage de Michel Gagné.
 

Est-ce que cette télésérie a changé ta vision du journalisme?
Non, je mentirais si je disais le contraire. C’est certain que ça m’a familiarisé avec les détails et les ressorts de cette profession, mais bon, pour moi, ça demeure un jeu, un personnage. Et je n’ai pas la prétention de dire que je sais parfaitement ce que ressentent les journalistes.
 

Aurais-tu aimé exercer ce métier?
Je ne sais pas, je n’en suis pas certain. Il faut dire que je suis heureux et très bien dans ma carrière de comédien. Alors…
 

Comment abordes-tu un personnage comme Michel Gagné? Comment lui donnes-tu vie?
Je sais que Fabienne Larouche et Réjean Tremblay mettent beaucoup d’énergie à définir le profil des personnages, mais, en ce qui me concerne, j’essaie de ne pas trop décortiquer le personnage auquel je donne vie. Je lis le synopsis, question de me familiariser avec l’ensemble de l’intrigue, et, quant au personnage, eh bien, je le laisse aller à son rythme, je me laisse découvrir les événements en même temps que lui. En somme, j’y vais au jour le jour.
 

Tu effectues présentement un retour au petit écran dans la télésérie Blanche. As-tu aimé l’expérience?
Ah! ça, oui, même si c’est toujours difficile de prendre sa place sur un plateau lorsque ton personnage n’est pas constamment présent dans l’intrigue. Cela dit, j’ai quand même du métier, et surtout, le personnage d’Ovila Pronovost ne m’est pas étranger. Aussi, la majorité des scènes que j’ai eues à tourner étaient avec Marina Orsini. Ça, c’était de belles retrouvailles, comme on dit. Tout était donc en place pour que je puisse exercer ma profession à mon aise.
 

Et Ovila, était-ce émouvant de le retrouver?
Bien sûr. Ovila occupera toujours une place de choix dans mon cœur. Je n’ai pas connu le véritable Ovila Pronovost, c’est certain, mais ce bonhomme-là, je le respecte au plus haut point. À mes yeux, Ovila Pronovost, ce n’est pas n’importe qui. C’est un être très particulier et, pour un acteur, d’avoir à donner vie à un personnage semblable, c’est extrêmement gratifiant.
 

Et de jouer un personnage âgé, qui porte le poids des ans sur ses épaules…
C’est spécial, surtout avec le maquillage et la barbe… Pour ce qui est du poids des ans, tout est une question d’énergie. Enfin, on verra comment les gens réagiront. J’espère qu’ils apprécieront le résultat.
 

Quels sont tes projets dans l’immédiat?
Je vais tourner sous peu dans un long métrage qui met également en vedette Lucie Laurier. Le titre de travail de ce film est C’était le 12 du 12 et Chili avait les blues. Chili, c’est Lucie Laurier. Moi, j’incarne Pierre-Paul, un personnage tout à fait différent de ce que j’ai pu incarner jusqu’à présent dans ma carrière. Chose certaine, le scénario est absolument extraordinaire. C’est un des plus beaux scénarios qu’il m’a été donné de lire dans ma vie. Mais bon, je ne vous en dis pas plus. On s’en reparlera plus tard.
 


Source:
Article Magazine 7 Jours 

 

 
1993-10-09-roy2-7j     1993-10-09-7Jours 




 
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Published by TeamRDE - dans Rencontres et entrevues
14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 14:38


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26 juin 1993


Roy  Dupuis
«JE  DÉCOUVRE  UNE  AUTRE  PASSION»
 

Par Mario Fortier

 

1993/06 - Roy Dupuis: je découvre une autre passion

En s’associant à la Fondation MiraRoy Dupuis a relevé le défi de sensibiliser les Québécois et Québécoises à la cause des non-voyants. Il a accepté de nous parler de cette cause à laquelle il donne, cette année encore, son temps et son énergie.

 


Cet article fait partie d'une collection papier privée de 625 pages de journaux & magazines anciens (1990-2013) qui est actuellement en vente sur E-Bay.


Ci-dessous, un petit aperçu de ce qu'elle contient: 


 
 

Source:

Article Magazine 7 Jours




 


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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 12:58


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Trois femmes auront profondément marqué la vie de Jack Paradise: deux d'entre elles sont des chanteuses de jazz... et pas seulement à l'écran!


Il y a, bien sûr, la magnifique Curly Dawn Tyler Watson, cette bête de scène et grande star du film, sur laquelle on trouve heureusement de très beaux sites, à commencer par le sien, hélas, en anglais seulement: Dawn Tyler Watson, site officiel.

 


Dawn-Tyler-Watson1Chanteuse, actrice et compositeur(e), Dawn naît à Manchester, en Angleterre, grandit en Ontario, étudie le jazz à l'Université de Concordia à Montréal (dont elle sortira diplômée en 1994), bien qu'ayant déjà commencé sa carrière professionnelle en se produisant dans des clubs et en chantant dans des chorales, mêlant tour à tour Gospel et Rythm & Blues. Interprète chevronnée, elle maîtrise pratiquement tous les styles. Il faut dire qu'elle avait commencé à chanter à l'église à 5 ans, qu'elle se mettait au violon à 10 ans, et à 13, à la guitare.


Elle se mêlera aux meilleurs musiciens de jazz canadiens, fondera ses propres groupes: les Sister Spirit, puis les Jamm et enfin, le Dawn Tyler Blues Project avec qui elle sort son premier album, «Ten Dollar Dress». À Montréal, où elle s'est installée, on la surnomme la «Reine du blues».


La suite de son parcours est jalonné de prix et de distinctions. Parallèlement à sa carrière musicale, Tyler Watson fait du théâtre, de la télé et du cinéma. En 2004, elle donne la réplique à Roy Dupuis dans Jack Paradise. En 2009, elle débarque au Festival de jazz de Montréal flanquée du guitariste, chanteur et compositeur Paul Deslauriers, avec qui elle a enregistré l'album En Duo (site superbe, à visiter!)


À défaut de pouvoir vous la montrer dans Jack Paradise, je vous invite à la découvrir au travers de cette vidéo que j'ai choisie, parmi tant d'autres, pour sa forte ressemblance avec Curly.
 




 

 

 

Vient ensuite la non moins grande Dorothée Berryman, l'actrice principale des célèbres Déclin de l'Empire américain et Invasions barbares qui, dans Jack Paradise, est absolument éblouissante! Tante Jeanne... Un rôle qui lui sied à merveille, puisque (le saviez-vous?), dans la vie comme à l'écran, Dorothée est, elle aussi, chanteuse de jazz.
 

Cette excellente page de Voir.ca vous fournira tous les détails.
 


Ce ne sont d'ailleurs pas les éloges ni les bons articles qui manquent à son sujet:
 

«Plus pétillante qu'un Veuve Clicquot, la joyeuse dame. Même dans l'éclairage tamisé du club de jazz Upstairs, où elle a ses entrées, impossible de ne pas remarquer ses yeux étincelants et son visage lumineux»


peut-on lire dans cette page du Devoir qui vient brillament compléter le tableau.  

 


Question biographie, on est royalement servis aussi: le site Québec Info Musique s'en est chargé, de même que Cyberpresse, ou encore, Canoë.com. Vous avez le choix.
 

«Depuis plus de 30 ans, Dorothée Berryman (née le 28 avril 1948) participe à l'enrichissement du paysage culturel d'ici et d'ailleurs. Actrice et chanteuse, c'est avec la même passion qu'elle joue des rôles marquants au cinéma, à la télévision ou au théâtre et qu'elle interprète de grands classiques du jazz sur disque ou sur scène. Depuis 2004, elle compte une corde de plus à son arc créatif, celle d'animatrice, en prenant la barre d'une émission entièrement consacrée au jazz.»

(Source: Radio Canada)

 Dorothee-42683 5
 

___________________________________________________________
 



Reste enfin le troisième as de coeur: Geneviève Rioux.


Le manque d'information à son sujet m'a contrainte à de longues recherches et a fini par aboutir à une page que j'ai créée à part. Je vous renvoie donc à mon Spécial Geneviève Rioux et lui rend hommage une dernière fois avec ces deux belles photos.

 

GenevieveRioux-1    GenevieveRioux-3



Nous ne reverrons aucune de ces trois belles et talentueuses comédiennes aux côtés de
 Roy Dupuis. C'est donc ici que nos chemins se séparent...  Dommage.




 
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