ROY DUPUIS, exclusivement vôtre. Pour vraiment tout savoir sur cet extraordinaire acteur et comédien québécois.
22 décembre 2004 «C'est pas moi, c'est l'autre!» en Europe (PC) Le film C'est pas moi, c'est l'autre!, avec Roy Dupuis, sera projeté dans 150 salles en France à la mi-mars, et dans 150 salles en Grande-Bretagne à la fin juin. Les acteurs Roy Dupuis, Lucie Laurier et Luck Mervil se rendront en Europe pour les premières. Équinox Films attribue l'engouement des cinémas européens à la présence des vedettes françaises Anémone et Michel Muller et de l'acteur britannique Alan Shearman. |
16 mars 2005

Octobre 2006: sortie du film en France annoncée
Ovationné par le public au Festival du Film du Caire en 2005 après avoir totalisé quelque 150.000 entrées au Canada, «C’est pas moi, c'est l'autre!» est une comédie policière efficace qui se régale, entre autres, du télescopage particulièrement truculent des divers parlers francophones, au point de les afficher en sous-titres sur sa pellicule! C’est en cela le 1er film français sous-titré francophone (ou l’inverse)! Et ça tombe bien: 2006 est l’année de la Francophonie.
Entre le canadien, le français, le haïtien créole et l’argot marseillais, une histoire bien enlevée et un montage bien rythmé, son réalisateur Alain Zaloum nous entraîne dans une succession de quiproquos et d’imbroglios tous aussi percutants les uns que les autres, qui font de «C’est pas moi...!» une comédie familiale de qualité, insouciante et surtout positive.
Sur le plateau de tournage de ce film, vous deviez diriger des acteurs québécois et français. Est-ce que cette collaboration était harmonieuse?
Un réalisateur doit faire confiance à ses acteurs. Si vous avez une bonne distribution, et donc des acteurs qui partagent la même vision que vous, alors votre travail s’en trouvera simplifié. Il n’y aura plus que quelques ajustements mineurs à faire sur le plateau. On ne peut pas diriger les acteurs pas à pas, leur dire de marcher ou de parler de telle façon, de dire tel mot de telle manière... Le réalisateur ne peut pas dire aux acteurs qui ils sont, ils doivent le découvrir par eux-mêmes. Je ne peux que leur dire ce que je pense qu’ils devraient être et suggérer des références...
Je trouve que la comédie est une question de ton et de rythme, et les premiers jours de tournage sont d’autant plus cruciaux qu’il faut s’assurer que les acteurs interprètent tous leurs rôles dans le même registre. Car quand bien même il s’agissait d’une comédie policière, je voulais garder des moments vrais. Pas de bouffonneries. La comédie provient de la situation sérieuse dans laquelle Roy Dupuis se retrouve. Or la difficulté, avec C’est pas moi...!, c’était que la première des six semaines de tournage était centrée sur les scènes les plus sérieuses du film. Les scènes de vraie comédie n’intervenaient qu’en deuxième semaine. Alors, non seulement Roy et Lucie devaient trouver le centre émotif de leurs personnages dès le premier jour, mais nous devions de plus faire très rapidement des choix quant au ton de la comédie dès la semaine suivante. Et le niveau de comédie désiré était d’autant plus difficile à déterminer qu’il fallait l’associer aux personnalités d’Anémone et de Michel Muller qui ne sont arrivés qu’à la fin de la troisième semaine! Mais je crois que les choix que nous avons faits étaient les bons – les instincts de Roy et de Lucie étaient tout à fait justes et ils ont livré des performances merveilleuses; les deux étaient vraiment drôles. Anémone et Michel Muller se sont ensuite parfaitement ajustés au ton comique que nous avions choisi avant leur arrivée.
Anémone et Michel sont arrivés avec une expérience incroyable de la comédie, alors que Roy et Lucie étaient surtout connus pour leur travail dramatique. Ce fut intéressant de les voir travailler ensemble.
On voit rarement Roy Dupuis dans une comédie. Par quoi votre choix a-t-il été déterminé?
Avoir Roy pour jouer Vincent Papineau était un rêve. En tant que réalisateur, je voulais un véritable acteur dramatique pour jouer les rôles de Vincent/Claude et pas seulement un clown. Roy est un des plus talentueux acteurs connus au Québec et partout au Canada. Il y a plein de nuances dans son rôle, et pas seulement au niveau de la comédie. Les gens doivent être en mesure de sympathiser avec ce type un peu looser qui va devenir un héros après avoir usurpé l’identité d’un policier! J’avais besoin d’un acteur capable de jouer tout et son contraire, car le 2ème rôle qu’il interprète, de son supposé sosie, est aux antipodes de ce qu’est le personnage: intense, sérieux, grave, machiste à outrance... mais dont la vie va être transformée par la confrontation à son contraire... de la même façon qu’elle le sera pour lui, mais en sens inverse! Ce n’est pas du ressort de n’importe quel acteur.
Quand nous nous sommes rencontrés, Roy et moi, pour la première fois, nous avons discuté du ton que le film devrait avoir et on s’est dit qu’il devait être fermement implanté dans la réalité. Mais Roy a de vraies prédispositions pour la comédie. Idem pour Lucie, qui incarne une policière un peu coincée, qui a bien du mal à tolérer les comportements peu orthodoxes de Vincent. Luck Mervil apporte lui aussi une touche créole bien lascive même si pour lui, paradoxalement, rien n’est impossible!
Quel défi ce film représentait-il pour vous?
Il est difficile de mettre le doigt sur ce qui a été le plus grand défi pour faire ce film, car chaque jour de tournage apporte son lot d’obstacles à surmonter. Plusieurs défis étaient cependant liés au temps et à l’argent. Ce fut un projet très ambitieux à tourner en 30 jours, ce qui mit beaucoup de pression sur le plateau. Avec un plan de travail si serré, le réalisateur n’a pas le temps de changer d’idée; les choix qu’il fait sur le plateau doivent être les bons. Et avec une comédie, c’est encore plus délicat, parce qu’il faut que ce soit drôle aussi... Vous ne pouvez pas dire: «C’est pas mal». Non, il faut que ce soit juste. C’était ça, le défi, pour moi.
11 mai 2007
«C'est pas moi, c'est l'autre!» descendu par la critique française!