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27 octobre 2017
Une vision positive de la paternité
Par FRANÇOIS HOUDE / Le Nouvelliste
L’expérience et l’âge n’ont pas que de mauvais côtés. Ils permettent parfois à des acteurs d’hériter de rôles gratifiants de vieux sages, forts et tendres, comme celui de Léo, le père de Félix Leclerc dans Pieds nus dans l’aube, qui vient de prendre l’affiche.
Dupuis a interprété des personnages plus denses, plus complexes, plus intenses mais rarement plus attachants que celui-ci. Dans ce joli film délicat et plein de tendresse, ce Léo est la force tranquille, le pilier, solide et droit, d’une famille des années 20 unie et heureuse.
«Je l’avoue, si c’est quelqu’un d’autre que Francis (Leclerc, le réalisateur) qui me l’avait proposé, je ne l’aurais peut-être pas accepté. Mais je le connais bien et j’ai bien vu que c’était un projet qui lui tenait à cœur. C’est le jour même de ma fête qu’il m’a offert de jouer le rôle de son grand-père. Et comme Francis a appelé son propre fils Léo, je me doutais bien que c’est un personnage qui était important pour lui.»
Dupuis a pris plaisir à lire le scénario, ça l’a convaincu. «J’ai trouvé que le scénario était bien écrit et que cette jolie histoire était bien racontée. Je savais aussi que ce film serait un objet particulier et précieux pour Francis. En plus, j’allais retrouver une équipe de collaborateurs que j’ai beaucoup appréciée lors de mes tournages avec lui.» Dupuis a tourné deux fois auparavant avec Francis Leclerc dans Un été sans point ni coup sûr (2008) et dans Mémoires affectives (2004), un de ses meilleurs rôles en carrière.
Jouer dans un film sur Félix Leclerc quand on est cinquantenaire, qu’on a connu le monument de son vivant, ne peut être une expérience banale. «Évidemment, il y a une certaine charge émotionnelle, avoue Roy Dupuis. Félix fait partie de nous. Il est un des bâtisseurs du Québec d’aujourd’hui. Un peu comme son père était un bâtisseur à son époque alors qu’il explorait des terres dans des coins pratiquement inconnus.»
«Je trouve qu’il est parfaitement pertinent de faire un film sur un artiste comme Félix Leclerc aujourd’hui mais ça dépend comment on en parle. Il fallait que ça dépasse le fait divers. On a cherché à recréer l’univers de sa jeunesse mais avec la vision romancée que Félix lui-même a offerte à travers son roman. Oui, il y a une partie historique et les faits sont basés sur une réalité mais il y a aussi une part qui tient à l’inspiration de Félix.»
Le film est marqué par une certaine sérénité enveloppée dans des images magnifiquement mises en scène. C’est la chronique d’une enfance et d’une famille heureuse. «Je ne suis pas mécontent qu’on présente ce modèle de père sain et équilibré. Il me semble que dans le cinéma québécois, on ne l’a pas fait si souvent. C’était un homme fidèle à ses principes qu’il a transmis à ses enfants. C’est un message pertinent pour l’époque actuelle et à travers cette famille unie, les Québécois d’aujourd’hui peuvent encore se reconnaître, je trouve.»
«Présenter le beau côté d’une famille et d’un personnage de père, pourquoi pas? Je pense que c’est important qu’on ait ça de temps en temps.»
La célébration des beautés de la nature dont on est témoin avec Pieds nus dans l’aube n’est pas non plus pour déplaire à l’ardent défenseur de la nature qu’est Roy Dupuis. «Ce n’était pas évident à la lecture du scénario que la nature prendrait cette place-là et c’est au moment du tournage que j’ai vu combien elle était présente et belle. Sachant que c’était filmé en cinémascope, je savais que ce serait magnifique. Ç’a été une belle surprise. La nature fait partie de ce qu’on est, c’est une conviction profonde chez moi. L’environnement influence ce que l’on est et les grands espaces nous définissent. Je trouve qu’il y a un côté western dans ce film avec l’idée de la conquête du territoire de la part du père de Félix, justement. La production a même construit une vraie cabane en bois rond sur le bord d’une rivière, exprès pour le tournage. Ça m’a beaucoup plu.»
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