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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 22:15


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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 16:29


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Roy Dupuis parle théâtre à «Programme de Stars» (Entrevue audio / 20 novembre 2005)


Maintenant on le sait: le projet sur la table, c'était... Blasté!

 

Y en aura-t-il d'autres par la suite?
L'avenir nous le dira...
 

 





Les premières apparitions publiques de Roy Dupuis sur scène remontent à 1985, même s'il ne sortira diplômé de l'École nationale de théâtre du Canada qu'en 1986.



ENT-3 Photo: http://www.imtl.org/edifices/Cours-Juvenile-saint-denis.php?id=555


 

Petite tournée des prestigieux théâtres dont il a, jusqu'à ce jour, foulé les planches:



La  Passion  (selon Pier Paolo Pasolini)

Auteur: René Kalisky

Mise en scène: Albert-André L'heureux

Théâtre: Monument-National (Montréal)

Date: 1985 – Novembre



Mon-national-4
 Photo: http://wcities.com/montreal/tourist-attractions-sightseeing/poi-monument-national-37809.html

 

 


 


Les  deux  Gentilshommes  de  Vérone


Auteur: Richard Thériault

Traduction: Dominic Champagne

Mise en scène: Fernand Rainville & François Dussault

Compagnie théâtrale: Théâtre IL VA SANS DIRE

Date: 1985-86


 

 


 


Harold  et  Maude

Auteur: Colin Higgins

Mise en scène: Richard Thériault

Théâtre: Spectacle en plein air lors d'une grande tournée en Acadie

Date: 1986


 

 



 

Fool  for  Love

Auteur: Sam Shepard

Traduction: Michèle Magny

Mise en scène: Michèle Magny

Théâtre: Théâtre de Quat'Sous (Montréal)

Date: 1987 – Janvier/Février



4sous-re4

«Devenu vétuste avec les années, le bâtiment qui a abrité le théâtre fut démoli le 6 février 2008. Après un investissement de 4,5 millions de dollars, il a rouvert ses portes le 1er mai 2009.»


 



 

Au  pied  de  la  lettre

Auteur: André Simard & Christian Thomas

Mise en scène: René-Richard Cyr

ThéâtreThéâtre Denise-Pelletier (ex Nouvelle Compagnie Théâtrale)

Date: 1987- Avril/Mai



Denise-Pelletier-GrenadaPhoto: http://www.memorablemontreal.com/print/batiments_menu.php?quartier=7&batiment=208&section=Array&menu=histoire

 

«Le 17 octobre 1977, rue Sainte-Catherine Est, le théâtre Denise-Pelletier ouvrait ses portes. Un an plus tard, construite sur le terrain vacant adjacent au théâtre, la salle Fred-Barry faisait son apparition. La Nouvelle Compagnie Théâtrale n'étant plus «nouvelle», elle sera rebaptisée Théâtre Denise-Pelletier, en 1997.»


 



 

Toupie  Wilwood

Auteur: Pascale Rafie

Mise en scène: Dominic Champagne

Compagnie théâtrale: Théâtre IL VA SANS DIRE

Théâtre: Cour de l'École nationale de théâtre


Date: 1987 – 19 juin



ENT-4 Photo: http://www.imtl.org/edifices/Cours-Juvenile-saint-denis.php?id=555

 


 


 


Le  Chien


Auteur: Jean Marc Dalpé

Mise en scène: Brigitte Haentjes

Théâtre:
Théâtre du Nouvel-Ontario (Sudbury) / 24-27 février 1988


Th-Nouvel-Ontario

 

     Salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier (Montréal) / Mars 1988


Denise-Pelletier Photo: http://www.imtl.org/edifices/Theatre_Denise_Pelletier.php?id=4953&im=2


     Théâtre Factory (Toronto) / Novembre 1988


FACTORY Photo: http://www.flickr.com/photos/lodoe-laura/4884332214/in/photostream/
 

 
Prix: Prix du Gouverneur général 1988 & Prix du Nouvel-Ontario (1989)

Nombre de représentations: 49

 

 


 


Les  Muses  orphelines

Auteur: Michel Marc Bouchard

Mise en scène: André Brassard

ThéâtreThéâtre d'Aujourd'hui & Centre National des Arts


Date: 1988 - 7 septembre



Theatre d Aujourd hui Photo © Jean Gagnon pour http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Theatre_d_Aujourd_hui.JPG


 



 

Roméo  et  Juliette

Auteur: William Shakespeare

Traduction: Jean-Louis Roux

Mise en scène: Guillermo de Andrea

Théâtre: Théâtre du Nouveau Monde (Montréal)

Date: 1989 – 11 avril / 6 mai



Theatre du Nouveau Monde Photo © Jean Gagnon pour  http://en.wikipedia.org/wiki/File:Theatre_du_Nouveau_Monde.jpg


 


 

 

Un  Oiseau  vivant  dans  la  gueule

Auteur: Jeanne-Mance Delisle

Mise en scène: Brigitte Haentjes

Théâtre: Théâtre de Quat'Sous

Prix: Prix du Gouverneur général 1987

Date: 1990 – 21 janvier



4sous-7 Photo: http://spacingmontreal.ca/2009/07/29/montage-du-jour-le-theatre-de-quatsous/

 

 



 

True  West

Auteur: Sam Shepard

Traduction: Pierre Legris

Mise en scène: Brigitte Haentjes

ThéâtreThéâtre Denise-Pelletier (ex Nouvelle Compagnie Théâtrale), salle Denise-Pelletier


Date: 1994 – 18 janvier / 17 février



Denise Pelletier-2 Photo © Jean Gagnon pour http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Theatre_Denise_Pelletier.JPG


 


 


Blasté

Auteur: Sarah Kane

Traduction: Jean Marc Dalpé

Mise en scène: Brigitte Haentjes

Théâtre: Usine C

Date: 2008 – 18 mars



Usine-CPhoto: http://www.imtl.org/edifices/Usine_C.php



 

 
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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 19:16


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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 16:28


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Blast--affiche-usineC



Synopsis:



Débarquement massif de violence, de sang, de viol et de souffrance à l’Usine C...
Dans le cadre du 10e anniversaire de la troupe Sibyllines, la directrice artistique et metteuse en scène Brigitte Haentjens présente Blasté, une adaptation québécoise de Jean Marc Dalpé du controversé texte Blasted de Sarah Kane.


Sarah Kane a écrit Blasted alors qu’elle n’avait que 24 ans. Quatre ans plus tard, elle s’est pendue dans un hôpital.


Blasté met en scène Ian (Roy Dupuis), un journaliste, et Cate (Céline Bonnier), une jeune femme naïve. Ils se retrouvent dans une chambre d’hôtel à Leeds, en Angleterre. Leur relation
est complexe: Cate se fait violement dominer par Ian, elle le repousse, mais désire rester à ses côtés.


Ensuite, arrive un soldat (Paul Ahmarani) de la guerre de Bosnie, un personnage très agressif. Il débarque dans la chambre d’hôtel, saccage tout, viole Ian, lui arrache les yeux et les mange.



À ce moment, «le métaphorique vient faire exploser le réalisme de l’histoire entre l’homme et la femme pris dans la chambre d’hôtel, explique Paul AhmaraniSarah Kane fait éclater le drame personnel à l’échelle politique. La haine, les impuissances et l’agressivité qui habitent l’individu sont celles qui vont se dévoiler sur des échiquiers nationaux ou internationaux. C’est un portrait extrêmement noir de l’humanité, malade comme le personnage de Ian, et violent comme la guerre. Sarah Kane laisse peu d’espoir».



La pièce critique fortement la déresponsabilisation de l’être humain envers la guerre. En 1995, lorsque la pièce de Sarah Kane a été jouée au Royal Court Theatre de Londres, les médias s’intéressaient davantage à l’oeuvre choquante de la dramaturge qu’à la situation politique en Bosnie.

Avec les conflits qui affligent divers pays, que se soit au Darfour, en Irak ou au Tibet, la pièce a toujours de bonnes raisons de se retrouver sur les planches en 2008.



«Le but de Sarah Kane était de faire entrer la guerre sur scène. Elle ne voulait pas en parler, mais la montrer.»



Source:
Extraits de l'article de Claudie Gravel du 26 mars 2008,

 Entrevue avec Paul Ahmarani de Blasté 
www.montrealcampus.ca/images/publication.28.14.pdf



 

 


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Créations d'ANGELO BARSETTI



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PHOTOS:





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2008-03-15-Patrick-Sanfacon


 



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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 19:03


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20 mars 2008



«BLASTÉ» - Un univers apocalyptique 


Par MARIE-JOËLLE PARENT

     


2008-03-20-JDM



Cet article fait partie d'une collection papier privée de 625 pages de journaux & magazines anciens (1990-2013) qui est actuellement en vente sur E-Bay.


Ci-dessous, un petit aperçu de ce qu'elle contient: 


 

 




19 mars 2008


Tout  au  plus  quelques  haut-le-coeur...
 

Par Marie-Joëlle Parent



2008-03-19-JDM



Cet article fait partie d'une collection papier privée de 625 pages de journaux & magazines anciens (1990-2013) qui est actuellement en vente sur E-Bay.


Ci-dessous, un petit aperçu de ce qu'elle contient: 


  

     

  

22 mars 2008

 
Blasté: avez-vous aimé ça?
 

Par Sylvie St-Jacques

 

 

 

     
Deux heures de douleur plus tard, Blasté s'éteignait dans le sang, le désordre, la déchéance, la destruction. Chez le public de l'Usine C, des applaudissements retenus et brefs. Puis, la moitié de la salle s'est pressée de quitter ce théâtre de l'insupportable. Les autres sont restés cloués à leurs sièges, muets, figés, le regard assombri.


À la sortie du théâtre, un attentat à la pudeur, un cas de non-assistance à personnes en état de choc: des caméras de télé qui se braquaient sur les visages des rescapés. Puis, une chroniqueuse qui s'est jetée sur les rescapés pour recueillir leurs réactions «à chaud.»
 

«Avez-vous  aimé  ça?»
 

Non, je n'ai pas «aimé» Blasté. Même que rapidement, j'ai eu très hâte que la pièce s'achève. J'ai eu des haut-le-coeur, voulu hurler mon déplaisir, souhaité très fort que Roy Dupuis, Céline Bonnier et Paul Ahmarani cessent tout. 

La guerre intérieure qui se répercute sur une deuxième personne et dégénère de façon onirique en conflit armé. Sarah Kane a tout dit, dans cette pièce qui n'est que noirceur et désespoir. La vision du monde d'une artiste suicidaire, profondément troublée par la violence du monde dans lequel elle est née. 

Sans la performance magistrale des trois acteurs et la mise en scène efficace de l'hyper sensible Brigitte Haentjens, Blasté aurait pu devenir une plate entreprise de voyeurisme. Pour son retour à la scène après 14 ans d'absence, Roy Dupuis en chair et en os nous rappelle qu'il est un acteur aussi puissant sur une scène que devant une caméra. Céline Bonnier, actrice fétiche de Haentjens, est absolument crédible en gamine punkette et ambivalente, victime de troubles nerveux. Puis, débarque Ahmarani, en soldat endoctriné, un homme détruit par l'horreur guerrière, qui ne demande plus qu'à tuer, violer, détruire tout sur son passage. 

On n'aime pas Blasté. Même si, à mon sens, cette pièce est l'objet le plus puissant, le plus dérangeant, le plus traumatisant de l'actuelle saison de théâtre. Ce genre de spectacle nous habite des jours durant, hante nos nuits d'images cauchemardesques et parasite notre inconscient. Et tant pis pour les chroniqueuses assoiffées de réactions pour alimenter leur topo du lendemain: de telles expériences nécessitent un temps de réflexion.

Oui, bien sûr, on nous a d'abord expliqué que Sarah Kane dresse un parallèle entre la violence privée et la violence guerrière, celle qui sévit dans des contrées lointaines ravagées par d'interminables conflits civils. Mais le choc de cette violence matraquée pendant deux heures n'est pas assimilé de façon si rationnelle. 

Blasté pénètre en nous, frappe notre émotivité. Alors qu'au milieu de la pièce, Roy Dupuis quittait momentanément le huis clos de la chambre d'hôtel, pour planter son regard sur le public, j'ai songé à une phrase qu'il a répétée deux ou trois fois lors de notre entrevue de la semaine dernière. L'acteur affirmait qu'il ne voulait pas «vivre à Disneyland.» 

Blasté est justement aux antipodes de la Mecque du divertissement: une oeuvre désagréable, insupportable, répugnante. Une vision du monde qu'il faut pourtant regarder bien face.
 

Source:
La Presse
 


BLASTE

«Pour Roy Dupuis, jouer dans Blasté est un des plus grands défis de sa carrière».

 
 
 



 

22 mars 2008

Blasté:  une  soirée  en  enfer
 

Par Luc Boulanger



Une pièce scandaleuse. Une auteure sacrifiée. Une metteure en scène de haut vol. Et une star qui remonte sur les planches après 14 ans d'absence. Les attentes étaient grandes avec Blasté. Et le résultat ne laissera personne indifférent.

En 2002, peu avant la création montréalaise de la pièce de Sarah Kane au Quat'Sous, la metteure en scène Stacey Christodoulou avait dit: Blasted est comme un scalpel pour disséquer l'être humain et le monde. Souvent, c'est nécessaire. Mais ça ne veut pas dire que vous allez aimer ça...» 

Six ans plus tard, en revoyant Blasté, cette fois à l'Usine C, je ne partage toujours pas l'engouement que suscite cette auteure britannique. Dans les mains de Brigitte Haentjens, qui dirige Céline Bonnier, Roy Dupuis et Paul Ahmarani, ce spectacle qui dénonce la violence, la guerre et la «faillite de l'humanité» ne fait que montrer l'horreur. En nous répétant ad nauseam que le monde est cruel et sans pitié. En 2008, après des siècles de génocides, de tortures, de massacres et de guerres injustes, est-ce vraiment utile qu'on nous le rappelle? 

Dans les années 30, Antonin Artaud, autre dramaturge troublé et troublant, prônait le théâtre de la cruauté (sans un élément de cruauté à la base de tout spectacle, le théâtre n'est pas possible). Ici, Sarah Kane va encore plus loin: le théâtre du masochisme. Si vous êtes du type à aimer se faire inciser au scalpel pendant deux longues heures, à froid, réservez vos places.
 

L'enfer  près  de  chez  vous


Blasté est le récit, non pas d'une, mais de plusieurs descentes en enfer. D'abord celle d'un couple d'écorchés. Lui (Roy Dupuis), journaliste de faits divers, alcoolique, homophobe, pervers et amer. (Parenthèse pour ses fans qui se demandent s'il est bon? L'acteur s'en tire assez bien.) Elle (toujours excellente Céline Bonnier), jeune femme dépendante, violée et agressée. La première partie consiste au spectacle de leur malsaine intimité lors de retrouvailles dans une chambre d'hôtel. Lui, boit, crache, tousse et jouit. Il faut bien que les fluides exultent. Elle subit, rit et se défend tant bien que mal. 

Puis, ça tourne à l'horreur, avec l'arrivée brutale d'un soldat (Paul Ahmarani) qui annonce que la ville est assiégée. Ce soldat, toujours en pointant son arme, manipule, sodomise et blesse le journaliste en lui arrachant les yeux, qu'il va manger comme des oeufs à la coque (sic!), avant de se suicider. Enfin, l'horreur verse dans l'Apocalypse. Aveugle et affamé, le personnage de Roy Dupuis tombe dans la déchéance totale et s'avérera plus faible qu'il en avait l'air. Tandis que son ex, finalement plus forte que l'on pensait, revient lui donner quelques bouts de sandwich. Il la remercie pour la première fois. Rideau.
 

L'oeuvre  au  noir


Malgré la puissance tragique de ses thèmes, Blasté, vous aurez compris, n'a pas réussi à me toucher. Bien que Brigitte Haentjens fasse ici un travail remarquable. Elle plonge dans l'infini néant, l'épaisse noirceur de l'oeuvre. Fidèle à sa grande rigueur, elle respecte entièrement le texte et les intentions de l'auteure. Elle est bien secondée par ses collaborateurs à la conception: le beau décor qui se transforme d'Anick La Bissonnière; l'oppressante musique électro-acoustique de Michel Normandeau; les éclairages crépusculaires d'Étienne Boucher. 

Les adeptes de Sarah Kane avancent que l'horreur dans ses pièces n'est que le reflet de notre monde. Tel OEdipe-Roi, l'être humain préfère devenir aveugle plutôt que de contempler sa propre monstruosité. D'accord. Mais, au bout du compte, une oeuvre est réussie, qu'importe le genre, quand elle parvient à nous rendre plus humain. Blasté fait tout le contraire. 

Se peut-il que le destin tragique de Sarah Kane (en 1999, elle a brutalement mis fin à ses jours, à 28 ans, en se pendant avec ses lacets dans les toilettes d'un hôpital) ait contribué au mythe et à la fascination autour de son oeuvre? 

La question se pose même si elle est cruelle. Comme sa pièce. 


Source:
La Presse
 
                   
 




 

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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 21:54


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18 MARS 2008
 
 


Roy  Dupuis  renoue  avec  le  théâtre:

14 ans après «True West», «Blasté»  

 

2008-03-site-UsineC


SYNOPSIS



«Blasté» est l’histoire de Ian, de son calvaire et de sa renaissance. Écrite il y a dix ans, cette première pièce visionnaire de Sarah Kane dénonce en partie nos aveuglements et notre impuissance face au conflit yougoslave, dont la barbarie était diffusée à l’époque en direct sur CNN. L’illusion d’un quelconque progrès dans les rapports humains semble plus que jamais d’actualité. L’écriture de Sarah Kane élève cette histoire épouvantable et inconcevable à la hauteur des mythes antiques.

 
 
«Nous devons parfois descendre en enfer par l’imagination pour éviter d’y aller dans la réalité.»
Sarah Kane
 
 

Texte de Sarah Kane

Traduction de Jean Marc Dalpé

Mise en scène de Brigitte Haentjens

Avec Paul Ahmarani, Céline Bonnier et Roy Dupuis.

Dramaturgie: Stéphane Lépine.

Scénographie: Anick La Bissonnière.

Musique: Robert Normandeau.

Lumière: Etienne Boucher.

Costumes: Yso Maquillage et coiffure: Angelo Barsetti.

Assistance à la mise en scène et régie: Colette Drouin.
 

Une création de Sibyllines. Présenté à partir du 18 mars 2008 à l’Usine C


 



«Roy Dupuis risque d’attirer à l’Usine C des gens qui n’y ont jamais mis les pieds»



2008-03-blaste-jdm-2

 

 

 

À  LIRE  AUSSI !!!

La  «Roymanie»  n'a  pas  de  frontières

 http://www.ledevoir.com/2008/03/18/181062.html


 


 


 

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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 21:17


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13 - 19 mars 2008


À  LA  UNE  -  DANS  L'OEIL  DU  CYCLONE

 

2008/03 - Blasté / Dans l'oeil du cyclone
 

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Source:
Article journal ICI

 



 

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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 19:35


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2008-03-22-Blasté-02
Photo © Lydia Pawelack
 


15 mars 2008
 

«BLASTÉ»  -  ROY  DUPUIS:  Être  d'introspection
 

Par Marie-Joëlle Parent




Choisir des oeuvres qui font réfléchir sur le genre humain, c’est un peu le leitmotiv de Roy Dupuis. Après le génocide rwandais dans J’ai serré la main du diable, il s’attaque à «Blasté», une pièce où la guerre sert aussi de trame de fond. Un rôle qui risque de rester dans les annales.


Mercredi matin, lendemain de la énième tempête de neige de la saison. Roy Dupuis arrive avec Céline Bonnier au loft de répétition, avenue de l’Esplanade.
 

Ils font la bise à leur metteure en scène fétiche, Brigitte Haentjens (pour votre info, prononcer «N15»). Elle est d’ailleurs la dernière à avoir travaillé avec Roy au théâtre, il y a 14 ans dans la pièce True West.
 

Ils prennent place autour d’une table où s’enchaînent tisanes pour Céline et cigarettes pour Roy. Ils ont une longue journée devant eux, les répétitions sont plutôt intenses.
 

Roy Dupuis est fidèle à lui-même. Il assiste à la discussion les bras croisés, fixe son regard bleu laser dans le vide et ne parle que lorsque c’est nécessaire. D’un naturel calme et peu volubile, il s’enthousiasme cependant quand il est question de répéter.
 

«Ce que je préfère dans mon métier, c’est les répétitions de théâtre. Après, je me satisfais… de quelques représentations!», dit l’acteur de 44 ans.
 

En répétition, Roy Dupuis est dans son univers. Il aime ce cocon de création et les liens qui se tissent avec la troupe. Être d’introspection, Roy Dupuis aime le luxe du temps alloué à l’analyse de l’oeuvre. Il aime se questionner sur son personnage. On voit qu’il y a beaucoup réfléchi. À peine arrivé, il faisait déjà part à Brigitte Haentjens de remarques digérées depuis la veille. La démarche est très différente du cinéma. Sur un plateau tout va plus vite. Pas le temps de trop se questionner. «On filme les répétitions, c’est à peu près ça le temps, la répétition tu la fais chez toi», dit-il.
 

RETOUR  SUR  LES  PLANCHES
 

Roy Dupuis est déjà très occupé du côté du 7e art, alors pourquoi ce retour au théâtre? «On m’a présenté beaucoup de pièces classiques, mais je me suis toujours dit que si je retournais au théâtre, ce serait pour une création ou une pièce moderne et marginale», dit-il.
 

«Tant qu’à faire du théâtre, c’est le genre de théâtre que je voulais faire», ajoute-t-il. Ça fait trois ans que le projet est en branle. Avant même qu’il tourne le film sur la vie du général Dallaire.
 

A-t-il hésité? «J’y ai pensé un peu, mais pas très longtemps. C’est quelque chose qui est venu me chercher. Sans avoir le coup de foudre, il y a quelque chose que je trouvais dérangeant», dit-il.
 

Dérangeant n’est pas le mot. Son personnage chie sur scène, se masturbe, se fait sodomiser, manger les yeux et connaît une lente agonie. On est loin de Disneyland.
 

Roy l’avoue, le rôle est «épuisant mentalement et physiquement». Il reste sur scène pendant… 1h45. «C’est dur à jouer. Ça a l’air tout croche, mais c’est d’une grande précision», dit-il.
 

Il joue le rôle d’un journaliste. Attention, on est loin du Michel Gagné de Scoop au début des années 1990. Ian est un homme dans la quarantaine, un être abject qui traite Cate (Céline Bonnier) comme son esclave sexuelle. «Je joue un journaliste qui vit à Londres et qui porte un revolver. Je préfère limiter la description à ça», dit Roy, qui ne veut pas trop en révéler sur son rôle.
 

Le grand loft de répétition est presque vide sauf pour un matelas recouvert de plastique qui leur sert à répéter… «Les dialogues sont très difficiles à apprendre parce que ce sont des spirales, des phrases non finies qui reviennent tout le temps», explique Roy Dupuis à propos du texte traduit par Jean-Marc Dalpé. Le langage de l’auteure Sarah Kane est cru et ne permet pas aux acteurs de s’égarer. Le rythme est ultra-réaliste. «Il n’y a pas de recherche d’efficacité. La première partie, c’est presque de la téléréalité!» explique-t-il.
 

Le public est-il prêt à le voir dans un rôle aussi audacieux? «On s’en fout!» lance Roy du tac au tac. Il n’a pas le temps de se préoccuper de ce genre de détail, il a du travail sur… les planches.
 

CITOYEN  AVANT  TOUT
 

«En allant au Rwanda l’été dernier, j’ai vu encore plus l’importance de présenter cette oeuvre-là», confie Roy Dupuis.
 

Roy Dupuis se transforme de plus en plus en comédien-citoyen dans ses choix de rôles. On peut dire qu’il se positionne politiquement avec ses choix culturels. Ce fut le cas avec le film J’ai serré la main du diable, qui raconte comment le monde entier a fermé les yeux devant le génocide du Rwanda.
 

Avec «Blasté», Roy Dupuis veut provoquer une réflexion sur notre indifférence face aux guerres. «C’est en regardant ce qu’on est qu’on apprend à aller plus loin et à évoluer. C’est une pièce qui n’a pas peur de dire ce qu’on est, il n’y a pas de fuite, il n’y pas d’artifices, pas de magie dans cette pièce-là», dit-il.
 

Quelques jours avant la grande première, on sent déjà Roy Dupuis habité par l’oeuvre.
 

Il ne voit pas nécessairement un message derrière l’oeuvre, mais plutôt «un constat de la réalité, de ce qu’on est devenus. C’est une pièce qui est encore plus actuelle qu’à l’époque où elle a été écrite», dit-il, faisant référence à la guerre en Irak entre autres. «Ça part de l’intimité et ça s’en va dans la politique internationale», ajoute-t-il.
 

PREMIÈRES  AMOURS
 

Roy Dupuis a fait ses débuts au théâtre avant même de sortir de l’École nationale en 1986. ll se remémore alors la pièce Harold et Maude. «On avait fait une grande tournée acadienne!» dit-il.
 

Il a aussi joué dans Les Muses orphelines sous la direction d’André Brassard et dans trois pièces dirigées par Brigitte Haentjens, dont Le Chien en 1988. Côté cinéma, Roy Dupuis est encore et toujours au sommet de son art. Il vient de gagner le trophée du meilleur acteur aux Jutra pour son interprétation du général Dallaire.
 

Il vient de terminer le tournage du film Némésis, d’André Forcier, où il partage la vedette avec Rémy Girard, France Castel, Gaston Lepage et Michel Barrette.
 

Il a aussi tourné dans le nouveau film surréaliste de Kim Nguyen, Truffe, avec Céline Bonnier, Michèle Richard, Jean-Nicolas Verreault, Pierre Lebeau et Danielle Proulx.
 

Roy Dupuis sera entraîneur de baseball dans Un été sans point ni coup sûr, de Francis Leclerc, le fils de Félix, avec qui il s’est lié d’amitié.
 

Finalement, on a appris récemment qu’il allait jouer dans le prochain film de Ken Scott, Les Doigts croches, aux côtés de Claude Legault et Patrice Robitaille. Bref, beaucoup de travail et quelques moments libres pendant lesquels «je travaille sur ma terre et mon bateau». Quoi de mieux pour garder les deux pieds sur terre?
 


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15 mars 2008


Roy  Dupuis:  l'éveil  du  ténébreux


Par Sylvie St-Jacques




Deux jours avant notre rencontre, Dupuis a raflé le Jutra du meilleur acteur pour son interprétation du général Roméo Dallaire dans Shake Hands With the Devil. Mais le comédien, qui se prépare à prendre la scène de l’Usine C, n’avait déjà plus la tête à célébrer. À compter de mardi prochain, il sera Ian, un journaliste agresseur et dominé, qui vit une déchéance dans la violence dans «Blasté», de Sarah Kane.


La dernière fois qu’on l’a vu au théâtre, c’était en 1994, dans True West de Sam Sheppard, sous la direction de Brigitte Haentjens. Cette longue absence n’était pourtant pas le symptôme d’une lassitude pour la scène.
 

«J’ai été beaucoup occupé au cinéma. Et pendant cinq ans, j’ai été emprisonné par Nikita, qui était tourné à Toronto. Ça devenait difficile de faire du théâtre. On me proposait beaucoup de pièces; plusieurs n’étaient pas inintéressantes, mais souvent, il s’agissait de classiques. Moi, ce qu’il me fallait pour revenir au théâtre, c’était une création ou une pièce pas connue. Puis, Brigitte (Haentjens) m’a proposé celle-là. J’ai accepté pour différentes raisons: pour le texte lui-même, le propos, l’écriture de Sarah Kane. Et aussi parce que j’avais envie de travailler avec Brigitte et Céline (Bonnier).»
 

À sa création au Royal Court Theatre à la fin des années 90, «Blasted» a soulevé l’ire des critiques, qui ont reproché à la jeune dramaturge son goût pour la violence servie de façon extrêmement crue. Des reproches qui auraient meurtri Kane, qui a écrit «Blasté» pour exposer la haine meurtrière et guerrière qui sommeille en nous, tout en faisant écho à la guerre en Bosnie.
 

«La pièce est à l’image de la façon dont je veux vivre. Je n’ai pas envie de nier aucune facette de la vie, ou de l’humanité. Je ne veux pas vivre à Disneyland», lâche Dupuis, qui soutient que la violence intense qui traverse son personnage est la même que celle qui nous est tous les jours transmise par la télévision.


L’antihéros


En séjournant en Afrique pour entrer dans la peau du général Roméo Dallaire, Roy Dupuis a vécu une prise de conscience profonde. «Ouais, l’Afrique, avant d’y aller, ça me semblait loin. Mais maintenant, c’est devenu proche. C’est le projet qui m’a le plus appris sur l’humanité, jusqu’où on peut aller dans l’horreur. À l’opposé, j’ai aussi compris jusqu’où on peut aller dans la volonté de changer les choses», confie celui qui, par le plus pur des hasards, avait accepté d’être de la distribution de «Blasté» avant d’apprendre qu’il était pressenti pour jouer Roméo Dallaire.
 

Pour Roy Dupuis, c’est précisément l’horreur vécue au Rwanda qui explose dans «Blasté». «Cette violence existe même chez nous et prend source dans la même rivière. La nature des conflits armés provient de la même violence qui peut surgir entre un homme et une femme, ou entre deux hommes. Elle émerge d’une peur de l’autre, d’une situation où la seule issue est d’essayer de dominer l’autre pour survivre et, finalement, essayer d’être aimé.»
 

Son rôle dans cette pièce traduite par Jean-Marc Dalpé (qui a conservé le contexte britannique) se situe à l’extrême opposé de celui qu’il campe dans Shake Hands With the Devil. Au début de la pièce, on est dans une chambre d’hôtel de Leeds, en Angleterre, où se rencontrent un journaliste âgé d’une quarantaine d’années et une jeune femme qu’il agresse.
 

Le style évolue dans un hyper réalisme, qui ressemble presque à de la téléréalité. Puis, l’onirisme se met de la partie avec un soldat qui débarque. Le local devient alors international, avec l’esprit de domination guerrière qui foudroie tout lors de l’arrivée d’un soldat (incarné par Paul Ahmarani).
 

«C’est pas facile de porter un personnage semblable. Ian, c’est l’antihéros total, qui vit une descente totale. Je n’essaie pas de le rendre efficace. Pour lui, il n’y a pas d’issue: tu l’as en pleine face.»
 

Cela dit, inclure le nom de Roy Dupuis à une distribution de théâtre risque d’attirer des gens qui n’ont jamais mis les pieds à l’Usine C. «Tant mieux. Ce n’est pas un divertissement, ni une balade en montagnes russes. J’espère que tout le monde va sortir de la pièce avec une plus grande compréhension de qui on est.»


Une  démarche


Roy Dupuis est convaincu que cette violence qui nous est lancée en pleine figure par Sarah Kane n’est pas innée chez l’humain. Il estime plutôt qu’elle découle d’une peur «nourrie par un système favorable à la division pour mieux régner».
 

«Je pense qu’on a les outils nécessaires pour tranquillement basculer vers une société basée sur le partage. On n’a qu’à penser à toutes les ONG environnementales et humanitaires qui poussent. Même la Terre nous demande de changer notre façon de faire.»
 

Ce qui nous amène sur le sujet de son rôle de porte-parole de la Fondation Rivières, un engagement qui découle d’une démarche existentielle. «Je le fais parce que les gens que j’ai rencontrés m’ont appris des choses que j’avais envie de partager», exprime-t-il, en toute sincérité.
 

Roy Dupuis, sans se prononcer sur ses allégeances politiques, exprime son inquiétude à l’endroit d’une société dans laquelle «les gouvernements sont plus concernés par le PIB que par le bien-être de leurs citoyens.»
 

Il préfère les actions aux idéaux. Les résultats qui en découlent lui paraissent plus satisfaisants. «Des idéaux, j’en ai peut-être. Mais mes actions sont nourries par la science, par les données que me transmettent les spécialistes. Quand on réussit à sauver une rivière, je ne le vois pas comme une victoire, mais plutôt comme une démarche. Parce que la rivière appartient à tout le monde.»



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L’affiche  de  la  controverse


«Pour moi, il était clair que je voulais travailler avec Roy et Céline», confie Brigitte Haentjens, une metteure en scène qui, au fil des ans, s’est entourée d’une belle communauté d’acteurs.
La production «Blasté» prend l’affiche dans un contexte bien particulier. Elle arrive au moment même où Sybillines célèbre ses 10 ans. Cet automne, sa directrice Brigitte Haentjens a été récompensée par le prestigieux Prix Siminovitch...
 

... En revanche, la pièce s’est fait une publicité involontaire, lorsque la STM a retiré des stations de métro ses affiches qui montraient des personnages ensanglantés. Certains jugeaient que ces images pouvaient attiser les tendances suicidaires de certains usagers du métro. Des actions qui ont amené Haentjens à prendre sa plume pour exprimer publiquement son indignation contre ce qu’elle qualifie de «forme de censure».
 

«C’était important de dire ce que je pensais sur ce que j’estime être une hypocrisie. Qu’ils choisissent les images qu’ils veulent montrer. Mais dans ce cas, qu’ils établissent la règle et l’appliquent.»
 

Quant à Roy Dupuis, il n’exprime pas vraiment d’opinion sur cette histoire d’affiches. L’acteur semble plutôt absorbé par l’idée que bientôt, il foulera les planches pour la première fois en 14 ans.
 

Et d’ici deux ou trois ans, il compte prendre le large sur les planches de son bateau, avec sa compagne Céline Bonnier.
 

Les deux projettent de partir à la voile faire le tour du monde, pour une période indéterminée. «On ne sait pas quand on va revenir, ça peut être dans cinq, 10 ans. Mais c’est clair qu’il y aura une caméra à bord, pour filmer des histoires ramassées en cours de route», annonce celui qui a senti l’appel de la mer il y a maintenant sept ans.
 

«À voile, t’es forcé d’être constamment à l’écoute. Le mensonge ne survit pas sur un bateau. Ça accélère les relations. Ce voyage vient d’un appel très fort de connaître le monde. Je veux tout toucher, tout savoir sur moi et sur l’autre. Je ne veux pas mourir comme je suis né.»
 

Source:
La Presse
 

 


 
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Photo © Daniel Desmarais
 



15 mars 2008


Théâtre - Dans  le  cru  du  réel
 

Par Michel Bélair
 


Brigitte  Haentjens  s'attaque  au  très  dur  Blasté  de  Sarah  Kane  à  l'Usine C
 

Brigitte Haentjens approche de l'état d'ébullition. Ses yeux brillent d'un éclat étonnant et les mots semblent se bousculer pour sortir de sa bouche. Près d'elle, ni Roy Dupuis ni Céline Bonnier ne fait le moindre geste, ne dit le moindre mot pour tempérer ses ardeurs. Bien au contraire; on n'est surtout pas là pour ça!
 

Nous sommes en fait dans les loges de l'Usine C, à une semaine de la première de «Blasté» de Sarah Kane, que son vieux complice franco-ontarien Jean-Marc Dalpé a traduit pour elle. Elle brûle, la Brigitte Haentjens; elle irradie. Avec ses mains, avec ses phrases parfois sibyllines, oui, avec toute la ferveur qu'elle peut mettre parfois dans le moindre geste, elle est en train de dire que ce «Blasté» est un des textes les plus puissants auxquels elle ait jamais travaillé.
 

Des  humains  abîmés  ordinaires
 

«C'est un texte tellement riche que ma perception s'en est transformée à plusieurs reprises. Au début, à la première lecture, on est... j'ai été choquée par tant de violence: oui, c'est vrai. Le côté trash, in your face theatre, qui s'impose d'abord est très dur, très difficile à supporter... Et puis peu à peu, c'est la dimension tragique, universelle, la force dramatique de tout cela qui m'a frappée; j'ai pensé à Sophocle, à cause des yeux probablement, à Beckett, à Müller aussi. Ce parcours auquel Sarah Kane nous convie pendant plus d'une heure et demie est en fait une véritable descente aux enfers... Maintenant que le spectacle est en salle, que nous travaillons sur le plateau, c'est encore plus vrai.»


Puisqu'il sera question de cette même violence tout au long de cette rencontre immensément riche avec trois êtres remarquables, aussi bien vous situer tout de suite...
 

«Blasté» raconte l'histoire de Ian et Cate qui s'installent dans une chambre d'hôtel «de luxe» d'une ville où la guerre fait rage; un peu Bilal à Sarajevo. À l'époque d'ailleurs (1995), Sarah Kane voulait dénoncer notre apathie généralisée face au conflit bosniaque, mais on peut facilement penser à une foule de situations similaires, non? Ian est une ordure, donc, et agit de façon infâme avec Cate. Il la frappe, la violente, la viole; elle résiste à sa manière et le quitte. Puis un soldat fait irruption, viole Ian à son tour, lui arrache les yeux et les mange avant de se suicider devant nous. Lorsque Cate revient, Ian succombe à son tour. Rideau. Ouffffffff.
 

Bon. Cette violence insupportable -- et je ne vous ai pas tout raconté! --, il n'y a pourtant pas moyen de passer à côté, dira la metteure en scène. «La stylisation n'est pas possible; ça ne marche pas! Il faut tout faire, tout jouer, passer absolument par là. Si le côté réaliste de cette violence n'est pas là, la métaphore n'est plus possible par après.»
 

Roy Dupuis acquiesce. Il n'y a sans doute pas de hasard au fait qu'il ait choisi Sarah Kane pour revenir sur les planches après une absence de 14 ans; pour jouer aussi, pour la première fois au théâtre, avec Céline Bonnier. Cette pièce l'a tout de suite accroché. Et c'est sans problème qu'il s'est glissé dans le rythme du langage de la scène, malgré son souffle différent de celui des plateaux de cinéma, moins hachuré, plus soutenu, «plus exigeant»... Il parle, lui, de «télé-réalité».


«C'est de l'hyper-réalisme comme on en rencontre souvent au cinéma. Les personnages agissent comme s'ils ne savaient pas qu'ils sont suivis par une caméra cachée; ils sont plongés, et nous tous avec eux, dans une sorte d'intimité ordinaire, crue... Je n'ai pas eu de problème à adopter le rythme du théâtre parce que le texte est assez bizarre aussi: aucune recherche d'efficacité. Pourtant, on oublie une mesure, on en échappe un morceau et plus rien ne marche. La seule solution, c'est d'être là, dans le cru du réel, dans l'intimité ordinaire de l'horreur, dans ces gestes qui appartiennent, qu'on le veuille ou non, à tous les humains...»


... À qui s'adresse «Blasté»? Qui ira voir ce spectacle? Des gens touchés par le phénomène de la violence? Des intervenants sociaux? Des profs qui amèneront leurs élèves voir une pièce qui parle leur langage et qui aborde leur monde? Des fans de Roy Dupuis? Des fans de Céline Bonnier? Des fans de Brigitte Haentjens?


«Il ne faut pas se le cacher, reprend la metteure en scène, Roy et Céline sont de grandes vedettes et ils vont très certainement drainer un public différent, plus large probablement, plus diversifié: tant mieux! Mais j'ai aussi rencontré des jeunes étudiants [un groupe de réflexion sur la violence de l'école FACE] et des intervenants du quartier ici autour de l'Usine C qui sont touchés quotidiennement par cette problématique de la violence. Le taxage, la violence à l'école, le suicide, ça existe aussi chez nous: c'est un phénomène qui nous interpelle directement... »
 

«Et ce n'est certainement pas en s'imaginant qu'on vit à Disneyland, enchaîne Roy Dupuis, que tout va aller pour le mieux. Tout est là; on n'a qu'à ouvrir les yeux. Même la planète lance un cri d'alarme... L'horreur quotidienne des téléjournaux est immensément plus violente que ce que raconte Sarah Kane.»
 

«Mais heureusement, la liberté de parole est plus grande au théâtre, poursuit Céline Bonnier. Il n'y a pas vraiment de rating pour nos spectacles comme il y en a eu pour Tout est parfait au cinéma, par exemple. Il y a moins de contrôle à la porte. On peut tout dire sur scène, remettre le monde en question... Profitons-en pour proposer des choses qui font réagir, qui ébranlent et qui suscitent le dialogue...»
 

Cela ne s'est pas vraiment terminé là-dessus. Et il y a tout plein de trucs dont on parlé, là, pour le vrai, qui ont à peine été effleurés ici, triste... Mais l'essentiel est là, c'est ce qui compte. C'est comme ça. Que voulez-vous, comme disait l'autre en frottant ses balles de golf...
 

***
 

Blasté
Texte de Sarah Kane traduit par Jean-Marc Dalpé et mis en scène par Brigitte Haentjens. Une production Sibyllines présentée à l'Usine C jusqu'au 5 avril.
 


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